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UN ELTON A COOPER LE SOUFFLE
Par
Christophe Letellier - Photos: Brigitte Jouët-Pastré & Laurent
Bonnore
Il y a des rêves que
l’on fait mais qui resteront à jamais des rêves et il y a des
rêves qui finissent un jour, peut-être poussés par un désir
puissant du subconscient, par devenir réalité.
Voir Elton avec son
célèbre percussionniste Ray COOPER en était un.
Rappelons, pour la petite histoire que tous
deux, furent les premiers artistes occidentaux à donner, à la
fin des années 70, des concerts en U.R.S.S durant la Guerre
Froide.
Leur dernière tournée ensembles remontait à
1994, après celle mythique donnée en 1979 en U.R.S.S (To Russia
with Elton John). Quinze longues années entre les deux. Un
rapide calcul, la prochaine tournée devait être donc en … 2009 !
Cependant, l’âge avançant, la maladie de Raynaud
dont est atteint Ray Cooper (trouble chronique de la
circulation du sang dans les extrémités survenant de façon
périodique, en cas d’exposition au froid et entrainant une perte
de la sensibilité ; très gênant pour un musicien) depuis quelques années, rendaient
cette reformation plus qu’improbable !
Quel ne fût pas notre bonheur, en découvrant au
printemps dernier, l’annonce de quelques dates, qui plus est sur
notre cher territoire français !
Mais, pour les raisons évoquées plus haut,
comment, dans le même temps, ne pas craindre que le spectacle ne
soit pas au rendez-vous. Lorsque vous vivez sur certains rêves,
le risque est grand de subir une cruelle désillusion. Moi, comme
beaucoup d’autres fans certainement, n’en attendions nous pas
trop de cette tournée ? Ray Cooper pourrait-il enchaîner
plusieurs dates à la suite sans être rattrapé par sa maladie ?
Seuls les premiers concerts pourraient lever ces interrogations.
De nombreux facteurs m’ont poussé à choisir la
date grenobloise. Habitant en Normandie, il m’était certes plus
aisé de choisir une date à Nantes ou Paris. Le prix prohibitif
du concert parisien au Palais des Congrès vis-à-vis de ceux
donnés en province (189 € contre 120 € pour les meilleures
places), résolu tout de suite le problème de la Capitale. Alors,
pourquoi pas Nantes ? Tout d’abord, à l’époque où le calendrier
de la tournée est sorti, Londres n’avait pas été ajouté et donc
Nantes représentait la première date. Si bien sûr, la première
(comme la dernière) est toujours un évènement, elle n’en
comporte pas moins son lot d’imperfections par manque de rodage
(qui plus est là, même si tous deux sont de grands
professionnels, cela faisait tout de même quinze ans sans jouer
ensembles !).
Grenoble était la date charnière, apparemment la
plus sure.
Mais, pour être totalement honnête, la joie de
revoir des amis fans qui me sont chers, ne désirant pas monter à
Paris, fut le facteur déterminant de ma décision. Au fil des
ans, des liens forts se sont tissés entre fans et le plaisir de
se revoir est tout aussi intense que le concert en lui-même.
Et puis, je restais sur une bonne impression de
mon premier concert grenoblois en juin 2006 (avec le groupe,
voir mon compte-rendu de l’époque !) alors la balance (mon signe
astrologique !) pencha rapidement pour cette date du 27
septembre 2009.
Le dimanche se présenta sous les meilleurs
auspices. Le ciel était d’un bleu limpide, dépourvu de tout
nuage et les premières impressions glanées sur le Net sur les
concerts de Nantes et Metz-Amnéville nous ont rassurés. La set-list,
découverte quelques jours plus tôt, dont certains ont préféré
ignorer afin de mieux profiter de l’effet de surprise (saluons
là leur courage pour avoir résisté malgré les nombreuses
tentation et sollicitations des uns et des autres !), nous ravi
et nous laisse entrevoir une apothéose musicale.
Il est prévu quasiment trois heures de représentation ;
découpées en deux parties d’environ une heure et demi-chacune :
la première Elton évoluera en piano solo ; Ray Cooper le
rejoignant pour la seconde. Le schéma est ce point identique aux
tournées précédentes (et fait aussi
peut-être les affaires de Ray, qui peinerait certainement à
faire le show trois heures durant).
Trois heures : du pur bonheur pour certains ; un
calvaire peut-être pour d’autres dont Elton n’est pas
spécialement la tasse de thé (je pense à notre ami Mike, venu
par amour pour sa compagne Madyson, fan comme nous, qui a dû
subir tout notre enthousiasme, nos taquineries durant le
week-end. Il a même dû revêtir un tee-shirt du Red Piano
gentiment prêté par mon ami Lolo ! Pour reprendre à mon compte
les propos d’un dinosaure de la télévision publique française
(néanmoins sympathique !) : « Mike, si tu me lis… au nom de
tous les fans… Pardon ! ».
A notre arrivée, il est vrai assez tardive vers
18 h 00 (le concert étant initialement prévu à 19 h 00 ), mais
non problématique car nous détenons des places numérotées en
catégorie or, la première chose qui nous frappe est la
magnifique affiche géante qui orne la façade du Palais des
Sports de Grenoble. Un rapide cliché s’impose !
Nous
procédons à un rapide tour de l’enceinte pour jauger de l’état
de la fouille aux diverses entrées. Le port de gants blancs par
certains membres de la sécurité, laisse présager une fouille
systématique pour ne pas laisser entrer de matériel
photographique, enregistreurs audio et vidéo dans la salle de
concert.
Après une hésitation de courte durée, mon ami
Lolo décide de dissimuler son appareil photo numérique compact
dans un endroit où il espère que l’intimité sera respectée !
Le passage devant le premier rideau se fait
donc, non sans une certaine appréhension. Mais, contrairement à
ce qu’il était possible de penser, point de fouille au corps ;
tout juste une demande d’ouverture des sacs ou autre petites
pochettes de transport ! Ouf ! Néanmoins, il restait encore le
deuxième rideau à l’entrée de la salle. Nous le franchîmes avec
la même aisance !
Comme en 2006, la dominance de couleur (tapis,
sièges) est le rouge (pour faire plaisir à Elton ?). Au bout de
la longue ligne droite du couloir qui débouche sur la salle, un
vendeur de programmes nous accoste. En découvrant le somptueux
tee-shirt que porte notre ami Brigitte pour l’occasion (un
tee-shirt orné en son centre d’un beau portrait souriant de Guy
Babylon, le keybordiste du band d’Elton décédé trop tôt quelques
semaines auparavant !) celui-ci ne peut s’empêcher de lui
glisser un sympathique «He was a very nice guy !» (c’était un
vraiment un chic type !). Brigitte, émue le remercia et profita
de l’occasion pour faire savoir qu’elle connaissait bien John
Higgins, l’auteur des articles du programme !
Après de somptueuses emplettes (il faut penser
aux amis-fans qui n’ont pu se rendre à Grenoble !), nous
gagnâmes nos places. Conformément à ce que nous pensions, nous
sommes bien placés, au troisième rang légèrement à gauche du
centre du bloc B, le bloc qui fait face au centre de la scène.
Nous ne verrons pas Elton jouer mais ils sont finalement bien
peu nombreux à obtenir la place idéale (dans l’axe d’Elton)
alors ne soyons pas trop exigeants ; je suis sur que bien des
spectateurs nous envieraient ! Et puis, les écrans de part et
d’autres se chargeront de nous montrer ce que nous ne pourrons
voir !
C’est toujours un grand moment lorsque je rentre
dans la salle et que je découvre le piano qui sied là dans cette
atmosphère si feutrée, si calme avant la déferlante des accords.
Des faisceaux de lumière bleue et mauve-violet, de faible
intensité, viennent éclairer l’ensemble de la scène.
Au fond, dans un plan surélevé, trône
l’imposante armada des percussions de Ray Cooper (congas,
xylophone, cymbales, etc…), s’étalant sur toute la largeur de la
scène.
Devant cette dernière, c’est un balais incessant
de fans qui se retrouvent, posent devant le piano mythique (je
n’y résisterai pas moi-même, une fois le concert achevé !). La
foule arrive à flux modéré continu. Devant, au premier rang, on
devine un pare-terre de personnalités invitées pour l’occasion.
Contrairement aux spectacles qui ont eu lieu à Nantes et
Metz-Amnéville, il ne semble pas, cette fois-ci, y avoir de rang
0, rajouté par le staff d’Elton pour satisfaire la vision de ce
dernier lorsqu’il joue.
A partir de 19 h, les spectateurs commencèrent à
manifester, à plusieurs reprises, leur impatience.
Contrairement à son habitude, Elton prit du
retard dans son arrivée sur scène (laissant craindre pour la
set-list car nous savons que, nous sommes dimanche, les horaires
de fermeture des aéroports sont très strictes et qu’il ne sera
pas en retard quoi qu’il arrive !).
Il est presque 19 h 15 lorsque celle-ci
intervient. Les feux de la salle s’éteignent et quasiment
aussitôt, sans aucune musique d’accompagnement, Elton arrive sur
scène ! Il nous prend un peu au dépourvu l’artiste !
Un
Elton vêtu très sobrement mais très sombre. Si ce n’est quelques
inscriptions en lettres rouges sur les flancs (sur le gauche :
ELTON JOHN ; sur le droit : STARDUST KISS « Baiser de vie en
rose ») et des chaussures au dessus blanc, il est entièrement en
noir. Même le dos de sa tunique est nu. Faut-il y déceler
l’opposition entre la vie souhaitée et la vie actuelle plus
sombre. Et puis, c’est peut-être sa façon à lui de porter le
deuil de Guy Babylon). Les lunettes sont à verres opaques
violettes.
Après quelques signes de salut à son public, il
s’installe à son piano et débute ainsi son fabuleux récital en
solo.
Premier titre, de circonstance : The One.
Le son est clair, pas trop poussé (du moins, c’est le sentiment
que nous avons de nos sièges. Il est vrai que, placés juste au
centre, nous bénéficions du meilleur son. Rappelons aussi que,
comme pour tous les concerts de la tournée, il y a un
enregistrement du concert qui permettra de récupérer ce dernier
aussitôt terminé, après une inscription préalable auprès du
site qui gère l’opération (cf Concert Live Website). Le package
comporte trois cds audios mais seuls les deux premiers sont
disponibles ; le troisième se fait par téléchargement direct sur
le site via un code délivré sur le disque 3. Alors le son est
peut-être davantage soigné !
Après un bref « Bonsoir. Ce soir des chansons
nouvelles et des modernes mais je commence avec des chansons de
l’album Elton John », il enchaîne avec le second titre et la
première bonne surprise : Sixty Years On. Très beau en
solo avec une petite variance funèbre au milieu. On applaudit !
S’en suit un classique de la tournée solo
d’Elton : The Greatest Discovery. Le ton est toujours
mélancolique. Ce titre, très beau mais très triste au niveau
mélodique, prend davantage de résonance après le décès de Guy
(bien que ce titre soit dédié initialement à Bernie Taupin).
Puis c’est Border Song, un autre
classique solo.
Elton annonce, cette fois en anglais,
Ballad Of The Boy in Red Shoes. C’est
assez fidèle à la version album. Il me semble déceler une
première défaillance avec Elton qui répète une phrase dans le
refrain.
La
chanson suivante (qu’il annonce faisant partie également de
l’album Songs From The West Coast, il ne la chante pas
habituellement sauf pour cette tournée) à savoir The
Emperor’s New Closes va se révéler très poignante. En effet,
assez rapidement, on le sent submergé par l’émotion, la voix
vacille sur « the tears never come », il tourne la tête
de droite à gauche comme pour signaler qu’il ne peut pas !
Vraiment, on le sent à la limite de s’écrouler en sanglots.
Cependant, il se reprend et parviendra à terminer le morceau
dans de bonnes conditions. Très beau morceau, le pont au piano
est excellent, supérieur à mon avis à la version studio. Ce
titre restera un moment fort (sinon, le moment fort )de ce
concert par l’émotion dégagée.
On enchaîne avec un classique : Rocket Man,
toujours réussi dans ses improvisation mais dont on fini par
trouver cela commun tant l’exercice est rodé ! Le fan devient de
plus en plus exigeant !
Puis, c’est un titre de Peachtree Road
: The Weight of the World. Une
chanson très autobiographique, que l’on découvre pour la
première fois en solo. Magnifique !
American Triangle,
qu’il introduit par quelques mots, toujours en anglais, poursuit
les bonnes surprises. Il nous en avait fait la primeur (alors
que SFTWC était en cours de composition) lors du concert de
l’Olympia, à Paris, en novembre 2000. Pour moi, c’est en solo
qu’elle prend toute sa puissance. Encore une chanson triste, aux
paroles dramatiques ! Particularité sur cette chanson : Elton
marque un mini temps d’arrêt entre les phrases.
Ensuite, le prochain titre, il l’annonce comme
le premier qui lui fit comprendre ce qu’était un bon titre :
Skyline Pigeon, extrait de son tout premier album Empty
Sky. Un morceau qui fut longtemps le privilège de la tournée
solo américaine. Toujours très beau !
Première petite
déception avec le titre suivant. Alors que nous nous attendions
à entendre House de l’album Made in England, c’est
Nikita qui le remplaça. Nikita est certes un titre très
agréable à entendre mais à choisir entre les deux, j’aurais
préféré (et je suis sur de ne pas être le
seul !) qu’il interprète House. Cette déception est le risque
encouru lorsque l’on connait la set list à l’avance ! Nous
avions le mince espoir qu’il l’intègre en remplacement d’une
autre chanson « classique » mais ce ne sera pas le cas
malheureusement.
C’est
Tiny Dancer qui succède. Rien de bien nouveau sur ce
titre qui semble, lui aussi, devenir un incontournable que l’on
doit « supporter » à chaque concert !
Retour ensuite à l’album Songs From The West
Coast avec Original Sin. Très belle mélodie mais qui
se prête moins (c’est mon humble avis !) à une interprétation en
solo. Il manque quelque chose pour le transcender.
Autre mauvaise surprise, Blues Never Fade
Away, du dernier album en date The Captain And The Kid,
passe tout bonnement à la trappe ! Un titre qu’il avait dédié à
Guy Babylon lors des précédents concerts. Brigitte qui porte son
tee-shirt hommage (Elton le remarqua à la fin du titre précédent
car nous constatâmes qu’il marqua un temps d’arrêt dans sa
direction) se sent un peu responsable. Rassure-toi Brigitte, je
ne pense pas que tu en sois la cause. Il faut certainement y
voir là la nécessité de gagner du temps afin d’être à l’heure
pour reprendre son jet privé. Malheureusement, c’est tombé sur
ce titre. Vraiment dommage car c’est réellement un des plus
beaux titres de l’album et nous nous réjouissions à l’avance de
pouvoir l’entendre !
La partie solo du concert s’achève avec
l’incontournable Your Song où Elton, incroyable, marquera
une certaine hésitation. Comment pourrait-il en oublier les
paroles n’est-ce pas après tant d’années à l’interpréter. Il fut
visiblement perturbé par un dysfonctionnement du prompteur car
il fit un signe discret de la main pour que le technicien vienne
y remédier. Ce dernier se contenta de le redresser.
Après s’être retourné une nouvelle fois pour
remercier son auditoire, il entama les première notes de
Funeral For a Friend (prenant, vu les circonstances, une
saveur particulière). Titre archi-connu, incontournable de ses
concerts avec le groupe, mais la première fois que nous
l’entendons dans sa version « acoustique » piano solo. Encore
plus magnifique !
C’est
au moment du changement de rythme de la mélodie que Ray Cooper,
surgit des profondeurs de la scène, fait (enfin?) son
apparition, sous les acclamations du public ; costume sombre,
chemise blanche et petites lunettes rondes noires teintées.
Les percussions résonnent d’un son puissant dans
tout le palais des sports, donnant Immédiatement au concert un
autre rythme, une autre dimension. La richesse des sonorités (le
son de cloches par exemple) est flagrante sur Tonight. Il
s’agit là de l’enchaînement identique à celui de la tournée
1979.
Par la richesse et la finesse des sonorités, il
est aisé de se rendre compte que tout synthétiseur, aussi
performant soit-il, n’égalera la qualité des sons des
instruments dédiés. Sans entrer dans la polémique, c’est aussi
un peu ce que je reproche souvent au son délivré par le piano
midi d’Elton. Il n’a pas la même douceur de rendu que le
Steinway des années 70. Trop métallique, même pour une oreille
non avertie comme la mienne ! Fin de la parenthèse !
Better of Dead
de l’album Captain Fantastic and the Brown Dirt Cowboy
magnifique de puissance !
Retour à un titre intimiste avec Come Down In
Time. Là encore, la finesse des sonorités apportées par Ray
Cooper amène un plus indéniable.
Levon. Belle intro et
belle conclusion comme à l’accoutumée.
Attention, chef d’œuvre avec le titre suivant,
toujours de l’album Madman Across The Water : Indian Sunset.
Tout y est : belle mélodie douce, changements de rythme
incessants. Un ravissement pour les oreilles ! Comme beaucoup
d’autres fans, je ne l’ai jamais entendu sur scène alors la
surprise n’en est que meilleure !
I Think I’m Gonna Kill Myself m’amuse
toujours par son rythme. Ray se déchaîne
au xylophone, Elton au piano.
Deux incontournables avec Daniel et
Sorry Seems To Be The Hardest Word. Que dire de plus ?
Autre
grand classique, avec des improvisations (toujours très
attendues) sur l’ intro et la conclusion qui ont fait la
réputation du Maitre : Take Me To The Pilot. Je fais
peut-être la fine bouche mais je ne pense pas qu’il sorti ce
soir là, sa meilleure version. Il y en a de si exceptionnelles
par ailleurs !
Carla Etude (qu’il ne
peut coupler avec Tonight comme c’est le cas lors des
tournées en piano solo classiques) est toujours aussi belle et
m’émeut une nouvelle fois. J’ai une pensée alors pour Guy qui
doit entendre, toutes ces belles notes monter vers les
cieux comme une offrande.
L’enchaînement se fait avec Blessed de Made
in England. Lorsque l’on sait que ce titre est dédié à
l’enfant qu’Elton a toujours désiré avoir, comment ne pas y voir
le rapprochement avec ce qu’il s’est passé il y a seulement
quelques jours : l’adoption avortée du petit garçon ukrainien ?
Nul doute qu’Elton doit y puiser là encore des ressources pour
l’interpréter sur scène.
C’est à la fin de ce titre que mon ami Laurent,
poussé par le désir de déclencher le rush qui ne vient pas d’un
public décidemment bien apathique, bondit de son fauteuil pou se
ruer vers l’avant de la scène. Sans lui, il semble certain que
tout le monde serait resté sagement à sa place.
En une fraction de seconde, une centaine de fans
inconditionnels en folie se retrouvèrent devant la scène.
N’ayant pas quitté Laurent, je me retrouve idéalement placé,
situé dans l’axe d’Elton et de son piano. Les places sont chères
et, conscient de mon privilège, même affaiblit par des problèmes
physique, il n’est pas question que je bouge d’un iota ! La
chaleur monte, pas seulement à cause des interprétations
toniques d’Elton !
On en oublie vite l’inconfortabilité de la
position pour savourer Don’t Let The Sun Go Down On Me
mais surtout Honky Cat (retrouvant, sur la fin, le jeu
délirant de Ray Cooper : mélange de sons festifs, de petits
canards et de je ne sais quoi d’autres !) et Crazy Water.
Elton
disparait quelques instants dans les coulisses, pour revenir
(dans la même tenue) et effectuer une assez brève séance
d’autographes. J’ai le bonheur qu’il me signe ma pochette du
Captain and The Kid. Il faut lutter chaque seconde pour résister
à la pression de la vague de fans situés derrière nous et ne pas
finir écrasés ! Chacun est prêt à tout pour obtenir son précieux
autographe. Dans ces instants-là, il n’y a plus de civilité. Le
fan cède à sa pulsion, son désir et ne se préoccupe plus de
celui qui est devant ou à côté de lui. C’est en quelque sorte du
« chacun pour soi ! ». Elton ne pouvant pas satisfaire tout le
monde (il doit surveiller sa montre !), il y a obligatoirement
des déçus ; que l’on entend à leurs cris de désespoir lorsque
Elton rejette le marqueur en coulisse.
Après s’être remis à son piano, il entame le
bouquet final avec « Saturday Night Alright For Fighting
où sera inclus un extrait de I’m Still Standing »
A la fin du titre, Elton fait venir sur le
devant de la scène Ray Cooper et tous deux tombent dans les bras
l’un de l’autre pour une empoignade, certes calculée, mais
faisant plaisir à voir ! On entend par la même occasion, Ray
adresser un « merci beaucoup » à ceux qui peuvent l’entendre.
Un dernier remerciement à son public, durant
lequel, notre amie Brigitte eu le privilège de recevoir un
baiser de la main du Maitre accompagné d’un « thank you »
sincère pour avoir arboré un tee-shirt à la mémoire de Guy
Babylon (il a dû être touché par la délicate attention notre
Elton !) et il disparait définitivement dans les coulisses.
Les lumières se rallumant et les quelques notes
du final d’Aïda, témoignent que cette fois, le spectacle est
terminé. Sans plus attendre, la fourmilière des techniciens
entre en action pour démonter la scène.
Une dernière petite photo devant le piano avant
que ce dernier ne soit délicatement démonté et rangé dans son
fly de transport et nous sommes invités à quitter le plus
rapidement possible les lieux !
Chacun repart les oreilles bourdonnant encore de
l’intensité de ce qu’il vient de vivre.
Pour un fan d’Elton, ce concert a une saveur
particulière. Habitués à des set lists souvent peu variées,
celle-ci dépassa nos espérances les plus folles. Combien de
titres jamais entendus sur scène ? On ne les compte plus ! Elton
(et Ray par la même occasion !) nous a fait un véritable
cadeau !
Cet Elton là est aux antipodes de celui à
strass, paillettes et autres exubérances du Red Piano. C’est un
Elton qui s’est livré intimement à son public.
Des titres comme Funeral for a Friend,
Blessed, The Weight of the World, l’émotion
palpable sur The Emperor’s New Clothes en témoignent.
Les percussions de Ray Cooper ont donné une tout
autre dimension à la seconde moitié du concert. A ce titre, on
se rend bien compte qu’une bonne chanson (et il y en a à foison
dans l’œuvre eltonienne !) se suffit de quelques instruments
simples et non de toute une armada de son « trafiqués ».
Des concerts comme celui-là, qui figurera sans
nul doute dans les tops concerts de tout fan qui se respecte, on
en est avide et jamais rassasié !
Oui, encore une fois ce soir, Elton et Ray, vous
nous avez coupé le souffle !
A bientôt pour de nouvelles revues !

Christophe LETELLIER.
Visitez mon site web sur
www.christopheletellierphotos.com
La revue de Madyson
Par
Mady
Bravo Christophe pour ta revue du concert de Grenoble ! Je ne
vais pas avoir grand chose à rajouter...
Concernant l'avant-concert, j'avais eu connaissance des dates et
lieux, mais ne sachant pas si je pourrai m'y rendre, ce n'est
que quelques jours avant que je me suis décidée. J'en ai fait
part à mon compagnon Mike, et il s'est vite laissé convaincre.
Il n'avait jusque là assisté qu'à un concert d'Elton, et encore,
c'était le Red Piano retransmis en direct au cinéma.
On
savait qu'en plus on allait revoir Lolo, Brigitte et Christophe,
donc du bonheur en perspective ! Heureusement, il restait des
places sur le site de la fnac, on a opté pour un emplacement en
gradin, face à Elton. Ces places ne devaient plus être en promo,
car la date limite était dépassée, mais nous en avons bénéficié
quand même.
Je
ne voulais pas voir la set-list, car je la pensais "classique",
alors je voulais me réserver quelques surprises. Mais quand
Brigitte et Christophe m'ont dit qu'elle contenait des raretés,
j'ai préféré la consulter pour être "prête" et ne pas rater une
seconde. Quelle joie de découvrir ces perles ! Inespéré !
J'ai vraiment eu la sensation que j'allais vivre un concert très
spécial, cette fois-ci....
Le
jour "J", nous avons donc rejoint nos places tranquillement,
places numérotées oblige. On était bien placé, un peu loin, mais
c'était correct. En plus, les deux grands écrans nous
permettraient de voir les détails.
Le
son était très bon de là où nous étions.
En
première partie, j'ai apprécié particulièrement "the emperor's
new clothes", avec ses paroles à chanter avec un rythme
soutenu, "the greatest discovery" qui m'émeut toujours
beaucoup, - la mélodie au piano étant si belle ! Je pense que je
ne pourrai jamais m'en lasser...- et "original sin".
Etonnée d'entendre "Nikita" qui n'était pas prévue, mais j'ai
apprécié, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas écoutée.
Mike, en non habitué des concerts d'Elton, a adoré "Rocket man",
avec ses impros et ses jeux de lumières.
Assez sombre, nostalgique, émouvante, cette première partie....
"Funeral
for a friend", je l'aime beaucoup avec le groupe, mais la
présence de Ray Cooper a permis de lui donner le relief attendu.
"Tonight"
me fait toujours fondre... La descente avec l'accompagnement de
Ray, c'était divin...
Ray s'est déchainé sur "Better of death" ! Quelle énergie ! Il a
une présence extraordinaire, il est très théâtral ! Un spectacle
à lui tout seul ! Je sentais vibrer Mike à mes côtés ... Il a
adoré "come down in time". La fin l'a étonné, cela ne ressemble
pas à une fin.
Très belle intro sur "Levon".
Grand moment avec "indian sunset". Intro a cappella, impeccable,
sa voix était très chaude et puissante. Très belle chanson avec
ses changements de rythmes, et très bien accompagnée par Ray.
"Daniel", j'en ai assez, je n'apprécie plus du tout !
"Sorry
seems to me", c'est Mike qui l'a beaucoup aimée, il la connaît
bien et était ravie de l'entendre en live.
Sur "Honky cat", Ray s'est beaucoup amusé, tout comme nous ! Il
aurait même pu en faire plus !!
"Crazy
water", une des perles de la soirée !
Voilà, comme d'habitude, c'est passé trop vite, mais je crois
que les concerts me paraîtront toujours trop courts, quelque
soit leur durée !
Elton était en forme, il faut tenir près de trois heures de
spectacle ! Bravo aussi à Ray Cooper, car, malgré son age et sa
maladie, il a assuré ! Quel punch !
Merci à Elton de nous avoir enfin donné un spectacle différent,
moins commercial, plus original, plus risqué pour lui
certainement.
Je
laisse à présent Mike vous dire quelques mots....
Eh
oui , j'ai vécu mon premier concert d'Elton John, entouré
d'un quatuor de fans "à tiques" ; je soupçonnais la passion à
travers ce que ressent Madyson mais je ne pensais pas à quel
point en réunissant quatre personnes "eltonniennes", on peut
avoir une telle ferveur et harmonie concernant sa star. Cela
peut surprendre vu de l'extérieur, ils ont un code spécial entre
eux, mais surtout beaucoup de bons souvenirs, souvent en commun,
à se remémorer. Ils se racontent des anecdoctes sur Lui, sur ses
habitudes, ses secrets, sur sa présence dans sa résidence
niçoise (n'est ce pas Brigitte et Lolo..), sur ses musiciens,
sur son entourage, ses différentes versions de concert ... :
c'est impressionnant de voir toutes ces connaissances et passion
communes !
Le
jeu de la connaissance de la set-list (pour celui qui ne voulait
pas la connaître) a vraiment été comique tout au long de
l'attente du moment tant désiré ! L'émotion pendant cette
attente est palpable au fur et à mesure que l'heure fatidique
approche, la tension augmente, la préparation physique (avec
tee-shirts personnalisés obligatoires même pour le fan débutant
!) et psychique s'effectue crescendo, la concentration vers
l'objectif (aussi précis que celui photographique de Christophe
!) devient intense...
La
peur que tout évenement extérieur ou intérieur (problème
d'aéroport pour l'avion d'Elton, fatigue du chanteur, du
percussioniste, problème de voix, problème de recherche du lieu
de concert...) puisse empêcher de vivre ce grand moment est
vite tourné en dérision.
Le
calme revient lorsque nous sommes assis dans cette grande salle
où il est vrai que l'éclairage sobre sur ce beau piano la rend
conviviale.
Ce
qui angoisse beaucoup le fan est que le concert passe trop vite
et qu'il n'en profite pas assez !
Mais
je dois dire ma première impression du concert le confirme ; il
dure près de trois heures mais on ne voit pas passer le temps.
En effet, j'étais un peu inquiet de savoir qu'Elton était seul
la moitié du spectacle mais j'avais tort : il est très présent,
impressionnant par sa voix et sa virtuosité au piano : je ne le
connaissais pas assez pour juger de ces 2 talents immenses. Sa
voix me semble assez grave mais très chaude et son habileté à
jouer sur ce grand piano, lui qui a des "petits bras" (boutade
!) "m'emballe".
Ce
qui me surprend le plus chez Lui est sa faculté de passer d'un
genre à l'autre d'une chanson à l'autre, même à l'intérieur
d'une chanson : de la pop au rock, du rock au jazz, du jazz au
classique, du classique à la pop, de la pop à la chanson
romantique, etc ...
Je
ne connais pas assez son répertoire et surtout les titres pour
détailler ce que j'ai préféré mais comme le précise Madyson , le
solo piano de Rocket Man m'a donné des frissons (je l'avoue) et
j'ai vu Elton d'un autre oeil : beaucoup plus complet qu'il n'y
parait à "première vue" sur ces tubes archi-connus. Je suis
attentif sur un des titres appréciés par Madyson : Original Sin
est une belle balade !
L'apport de Ray ("Maxi" comme le dirait Christophe) Cooper est
le plus, la "cerise" sur le piano qui n'est pas rouge ce soir-là
.
La
sobriété, la mélancolie et le sérieux de la première partie se
transforme en fantaisie, gaieté , dialogue entre piano et
congas, voix et xylophone, piano et batterie, voix et
percussions ... même un son au tambourin semble un geste
extra-ordinaire avec cet inconnu facétieux et talentueux !!
Il
m'a vraiment emballé, ce percussionniste mystérieux jouant à la
fois de tous ces instruments et de sa personne dans un duo
magique avec le Maître.
Même les effets visuels ont pris de l'ampleur et de la
profondeur lors de cette deuxième partie, avec ces associations
magnifiques de couleurs et des différents types de lumières
(spots, chenilles, spots dirigés dans la salles, ambiances de
night-club ...)
Voilà, j'ai beaucoup apprécié avec enthousiasme ma première
participation réelle à un concert d'Elton avec M. Ray et j'en
remercie ma plus proche fan de ce quatuor de folie ("eltonniene")
de m'avoir embarqué pour ce voyage des plus agréables et réussis
: quel week-end !!
Mady

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