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Par Patrick
Andrey
Ray Cooper, c'est
une longue histoire avec Elton John. Il a joué des percussions
sur la majorité des albums d'Elton des seventies. Il a aussi
énormément tourné avec le groupe dès 1974, marquant le public
grâce à sa dégaine de croque-mort, à sa présence scénique
spectaculaire et à ses "coin-coin" sur Honky Cat. Ce soir
à Paris, Ray Cooper ne pas fait partie du groupe, Il EST le
groupe...
Le "two-men show" avec Elton est créé pour la première fois en
mai 1977 pour une série de concerts au Rainbow Theatre de
Londres. Il prendrons la route dans la même formation dès 1979
et ferons la une des journaux grâce aux concerts qu'ils
donneront en ex-URSS en 1979 - Ils seront les premiers artistes
occidentaux à tourner dans le bloc soviétique alors en pleine
guerre froide.
Au milieu des années
90, le duo se reformera pour une cinquantaine de dates
exceptionnelles. Ceux d'entre nous qui avons eu la chance de les
voir au Zénith de Paris en gardent un souvenir ému.
Il semblerait que les
deux musiciens se soient ensuite un peu perdus de vue, peut-être
même brouillés selon certaines rumeurs. Pourtant, Ray
participera encore ici et là à des albums (sur Made In
England par exemple). Toutefois, la perspective de les
revoir ensemble ne semblait plus du tout d'actualité.
Et pourtant... Suivant
une sorte de cycle qui a lieu tous les 15 ans, Elton & Ray sont
de retour pour une mini-tournée européenne 2009.
22.09 - Royal Albert
Hall de Londres (Angleterre)
24.09 - Zénith Métropole, Nantes (France)
26.09 - Galaxie, Amnéville (France)
27.09 - Palais des Sports, Grenoble (France)
29.09 - Forum, Milan (Italie)
30.09 - Zénith, Toulouse (France)
02.10 - Palais des Congrès, Paris (France)
Dire que j'attendais ce
concert parisien est un euphémisme: Les échos concernants les
concerts précédents étaient dithyrambiques et les set-list qui
circulaient sur le net étaient tout simplement incroyables, à
croire qu'Elton a vraiment voulu faire plaisir à ses fans pour
cette série de concerts.

Arrivée au
Palais des Congrès
Vendredi 2 octobre,
j'arrive à 19h30 au Palais des Congrès. Première surprise, pas
la moindre fouille à l'entrée. Si j'avais su, j'aurais pris mon
appareil-photo reflex. Mais bon, je ne me plains pas, mon
Panasonic TZ18 fait des merveilles en concert grâce à son grand
zoom de 18x.
Je fais un petit tour
du côté du minuscule stand de merchandising. Déception: Les
jolis T-Shirt bruns ne sont déjà plus disponibles dans ma taille
!!! Tant pis, j'achète au moins le programme avec l'espoir de le
faire signer durant le concert (qui n'essaye rien...).
Arrivé dans la salle,
je retrouves des visages familiers (Marie-Christine, Carole,
Olivier, Anna) et je fais connaissance de Cathy.
Après un petit moment
de discussion au sujet des concerts précédents, il est temps de
gagner nos places respectives (enfin en théorie car le petit jeu
est de trouver une meilleure place disponible).
Le concert
Elton
apparaît sur scène à 20h précises. Vêtu d'un élégant costume
noir avec les inscriptions "Stardust Kiss" et "Elton John" en
rose. Des lunettes à verres roses ornées des lettres "EJ" en
strass et des chaussures noires et blanches complètent sa tenue.
Les premiers accords de
The One retentissent sous les applaudissements du
public parisien. Un marathon de 3h vient de démarrer.
Elton s'exprime en
français "Bonsoir, Merci beaucoup, je suis très heureux
d'être ici ce soir et il y a beaucoup de chanson anciennes,
modernes, et je commence avec une chanson ancienne de l'album
Elton John". Il interprète alors Sixty Years On.
S'en suivent l'émouvante The Greatest Discovery et
Border Song.
Ensuite nous passons à
une chanson moderne. Elton explique (s'excusant au passage de
parler en anglais) le sens de The Ballad of the Boy in the
Red Shoes. The Emperor's New Clothes sera le
morceau suivant, un titre rare en concert, que l'on peut
découvrir en solo. Elton explique ensuite qu'il est maintenant
très heureux, qu'il vit avec une personne qu'il aime beaucoup,
qu'il a une belle carrière, des choses magnifiques, des amis
merveilleux. "Ma vie est belle maintenant, je suis vraiment
heureux et cette chanson parle de moi" - The Weight of
the World.
Un grand classique
ensuite, Rocket Man, qui sera acclamé par le
public décidément très démonstratif. A ce sujet, je dois dire
que j'ai été étonné en bien du support de ce public que l'on dit
d'habitude très blasé.
Autre moment d'émotion, quand Elton explique "Il y a 11 ans,
dans le Wyoming, Amérique, un jeune homme nommé Matthew Sheppard
a été brutalement assassiné à cause de sa sexualité. Il a été
laissé pour mort pendant 2 jours dans un endroit sauvage,
horrible et isolé. Et j'ai été tellement fâché, perturbé,
bouleversé, que j'ai voulu écrire cette chanson. Bernie m'a
écrit ce texte, American Triangle".
A nouveau en français,
Elton explique ensuite que son premier album s'appelait Empty
Sky et que sa chanson favorite de l'album est Skyline
Pigeon.
Pour le plaisir du
grand public, c'est ensuite Nikita qui fait son
apparition dans la set-list, suivie par Tiny Dancer.
Avant d'entamer le titre
suivant, Elton explique "C'est une autre chanson de l'album
Songs From The West Coast. Vous l'aimez beaucoup car je continue
à recevoir des lettres me disant s'il vous plaît chantez la,
alors je vais la jouer. Elle s'intitule Original Sin".
Classique parmi les
classiques, Elton dédie ensuite, et en français, Your Song
à son public: "Cette prochaine chanson est pour vous de moi pour
toutes les années, merci".
Après
cette première partie plutôt calme, Il est temps d'entamer la
seconde partie du spectacle. Elton interprète les premières
notes de Funeral For A Friend, vite rejoint par son
acolyte aux percussions: Mister Ray Cooper. La salle montre
alors son approbation par une salve d'applaudissements. Ray
Cooper est toujours aussi impressionnant et démonstratif, il
occupe le fond de la scène et change d'instruments tel un
diablotin sous amphétamines. Sans interruption, c'est ensuite
Tonight qui est interprété par nos deux compères.
Elton présente alors
"Ray Cooper" qui reçoit une standing ovation sans fin. Elton s'y
est bien repris à 3 fois pour continuer avec un Better Of
Dead endiablé.
Visiblement enchanté
par le succès de la soirée, Elton lâche alors le scoop que
beaucoup de fans espéraient: "C'est tellement bon de jouer à
nouveau avec Ray après tant d'années. Nous avons donné 7
concerts mais l'année prochaine nous en ferons beaucoup plus,
nous reviendrons en Europe pour en faire plus OK ?".
Évidemment, le public a acquiescé avant qu'Elton entame Come
Down In Time.
Autre favorite des
fans, une version énorme de Levon a fait se lever toute
la salle. A peine le temps de retrouver nos esprits qu'Elton
entamait déjà les premières paroles de Indian Sunset à
capela, avant d'être rejoint par les rythmes indiens de Cooper.
Les joyeuses notes de
I Think I'm Gonna Kill Myself contrastent avec les
paroles de la chanson dans laquelle il annonce ses envies
suicidaires. Heureusement, elles semblent bien derrière et son
prétexte à un autre titre ou les deux compères rivalisent de
virtuosité.
Plus calme, Daniel
offre un moment de répit après une série de titres enlevés.
Avant d'interpréter
Sorry Seems To Be The Hardest Word, Elton explique son amour
pour la France: "En tant qu'Anglais, j'ai toujours eu une
histoire d'amour avec la France. J'y ai toujours eu du bon
temps, j'ai toujours aimé la culture ici. J'ai une maison en
France, que j'aime beaucoup. Et cette chanson, que j'ai écrite
il y a très longtemps, me rappelle à chaque fois que je la joue,
où que je sois dans le monde, la France. Pour je ne sais quelle
raison mais elle le fait."
Comme toujours, une
longue intro pianistique annonce une version exceptionnelle de
Take Me To The Pilot qui nous permettra d'assister à
l'excellente coopération du duo qui sera une fois de plus
récompensé par une standing ovation.
Ensuite, l'instrumental
Carla Etude permettra à Elton de faire encore
démonstration de sa virtuosité. Pour cette tournée, il est
couplé à Blessed. Un titre qui fait écho à l'envie d'Elton
d'adopter un enfant, c'est peut-être la raison pour laquelle
cette balade a fait son retour dans la set-list. En tout cas,
Elton la chante en donnant tout son cœur, toute son âme, se
retournant souvent au premier rang, là où un jeune garçon blond
d'une dizaine d'année le regarde avec beaucoup d'attention
depuis le début du spectacle. Ce qui a précédemment prêté à
beaucoup d'échanges de sourires de la part d'Elton. Ce que l'on
ne sait pas encore à ce moment, c'est la surprise qu'Elton lui
réservera plus tard...
C'est ensuite Don't
Let The Sun Go Down On Me qui aura un grand succès à
l'applaudimètre. Le bondissant Honky Cat sera le dernier
titre avant les rappels. C'est à ce moment que l'on peut enfin
approcher de la scène pour partager la fin du concert.
Après Crazy Water,
encore une rareté, Elton s'éclipse en coulises pour revenir sur
scène avec une nouvelle paire de lunette noires sur le nez.
Il entame alors une
tournée de signatures généreuse, signant mon programme au
passage et prenant le temps de poser pour que je le
photographie. Continuant sur la gauche, il arrive à la hauteur
du jeune garçon, il lui offre alors un étui noir, dédicacé,
contenant... les lunettes roses qu'il a porté durant le concert
!!! Ovation de la part du public qui a assisté à cet incroyable
élan de générosité sur les écrans géants.
Une dernière fois, il
présente son acolyte au public avant d'entamer le dernier titre
de la soirée Saturday Night's Alright (For Fighting). Les
derniers coups rageurs de Ray Cooper closent trop vite ces 3
heures de bonheur.
Je ne sais comment
décrire ce concert. La voix puissante d'Elton John, son
incroyable jeu de piano, sa générosité... Combien d'artiste
peuvent aujourd'hui se vanter de tenir 3h sur scène quasiment
seul ? Et que dire du choix des chansons ? On lui reproche
souvent de rabâcher les mêmes titres sans fin. A croire que
cette fois-ci c'est à ses fans "purs et durs" qu'il a pensé en
premier lieu. C'est en tout cas un de ces moments qui me
confortent dans mon amour pour cet artiste qui me fait passer
par tous les états d'âmes. J'ai l'impression d'avoir vécu l'un
de ces moments qui resteront dans mon cœur à jamais... Merci Sir
Elton !
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