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Par Patrick
Andrey
2007, l'année des 60
ans d'Elton John et de ses 40 ans de carrière devait être
marquée par une grande tournée. Pour ce faire The Red Piano,
le spectacle acclamé tant par la critique que par des milliers
de spectateurs, devait enfin sortir de Las Vegas, où il est joué
depuis 2004, et atterrir sur
les plus belles places d'Europe, dont Versailles, Moscou ou
encore Venise...
Cela ne s'est pas
fait pour une sombres histoire d'organisation. Il a donc été
décidé que The Red Piano ne verrait le jour en Europe
qu'une seule et unique fois, le 5 septembre à Londres. C'est le Dôme du
millénaire, rebaptisé par son nouveau propriétaire The O2
Arena, qui a eu l'honneur de l'abriter.
Tout
ne partait pas sous les meilleurs auspices en ce début
septembre: Mardi 4, une grève de 3 jours est organisée par l'un
des syndicats du célèbre métro londonien. Résultat, les plus de
3 millions d'utilisateurs quotidiens du Tube sont bloqués, les
bus et les taxis sont bondés... Le chaos règne en ville.
Je suis tout cela
derrière mon écran d'ordinateur et à la télé car j'ai prévu un
aller le mercredi, jour du concert, et retour le jeudi.
Evidemment, la perspective de ce qui ce passe en ville ne
m'amuse pas du tout et je passe mon mardi à plannifier mes
déplacements en ville en excluant le métro. Je frémis à l'idée
que l'hôtel que j'ai réservé il y a deux mois se situe à 20
kilomètres de la salle... Il était pourtant parfait puisqu'il se
trouvait théoriquement à 30 minutes en métro (sans
changement)!!!
Mercredi matin, je me
réveille au son de la bonne nouvelle: La grève a été abandonnée,
le métro reprends progressivement son service ;o)
Après un vol tranquille
de Genève à Londres-Lutton par EasyJet, je prend le car qui doit
m'amener au centre ville, à environs une heure de route.
Ne connaissant pas le
parcours, c'est la première fois que je passe par cet aéroport,
j'ai la surprise de passer par Watford.
Arrivé en ville de
bonne heure, je passe ma journée à flâner dans les rues de Londres.
Effectivement, le métro a bien repris son service et c'est quand
même bien pratique.
Je fais un petit tour
du côté de Regent Street, où se trouve le célèbre magasin
Hamleys. Sept étages de jeux et jouets et des démonstrations à
tous les rayons: Certainement de quoi trouver un petit souvenir
pour mon petit bonhomme.
Je continue ensuite sur
Piccadilly Circus et ses célèbres enseignes publicitaires
lumineuses. Là, j'ai d'ailleurs une nouvelle surprise en rapport
avec Watford. En effet, Coca-Cola sponsorise la ligue anglaise
de football et son logo est affiché dans les couleurs des
différentes équipes. Il se trouve qu'au moment où je prennais
une photo, ils ont eu la bonne idée d'afficher Watford ;o)
Après ces quelques
heures passées en ville, je me dirige vers la salle de
spectacle. Après avoir attendu quelques minutes au guichet pour
retirer mon "Rocket Package", je pénètre enfin dans cette
impressionnante salle.

L'impressionnant O2: 365m de diamètre, 1km de
circonférence et des mâts qui culiminent à 100m.
Si on le retournait, il faudrait 15 minutes aux chutes du
Niagara pour le remplir, l'équivalent de 1'100 piscines de
taille olympique.
Le volume du O2 est égal à 10x celui de la cathédrale St-Paul de
Londres ou deux fois l'ancien stade de Wembley.
La Tour Eiffel pourrait rentrer dans l'O2 si elle était couchée
sur le côté.
Traitement VIP
Je n'avais encore
jamais acheté de tickets par le biais d'eltonjohn.com.
Toutefois, les premières places étant parties très vite sur les
sites de vente en ligne, je me suis rabattu sur un "Rocket
Package". L'offre était la suivante:
- Ticket dans les
premiers rangs des gradins
- 1 Pass VIP laminé
- 1 T-Shirt offert
- 3 Bons pour des boissons

J'ai beaucoups hésité
car le prix était assez élevé par rapport au prix du billet seul
et puis je ne suis pas trop fan des gradins. Par contre, pour ce
spectacles basé sur une mise en scène assez élaborée, je me suis
convaincu que c'était un bon endroit pour assister au concert.
Après quelques
semaines, j'ai reçu un e-mail me disant qu'ils avaient "upgradé"
nos tickets en places dans le premier bloc central parterre. Je
dois avouer que j'étais encore plus content de mon choix.
Donc, après avoir été
acquilli par un sympathique Stewart (non, pas Rod), je fus guidé dans le salon
VIP où l'on pouvais manger toutes sortes de plats (payants) et
se désaltérer grâce aux fameux bons offerts. Il faut dire que
les boissons pouvaient être avec ou sans alcool mais l'offre alcolisée était bien plus importante. De plus, 3 bons
supplémentaires nous ont encore été remis sur place. Mine de
rien, c'est un joli cadeau au vu des prix exorbitants
pratiqués.
Après avoir dévoré une
brochette de poulet à la mode Thaï, je décidais d'aller
découvrir la salle et trouver ma place.

La taille de la salle
est particulièrement impressionnante. Les gradins montent à une
hauteur vertigineuse. Un panneau d'informations géant en forme
d'anneau encercle la salle. Après être
descendu jusqu'au premier bloc (A2) je trouve ma place au rang
R. Je suis plutôt satisfait du placement et enfin prêt, les
lumière s'éteignent à ce moment.
Une première partie a
été annoncée très peu de temps avant le concert: Sophie
Ellis-Bextor. Que dire de sa performance ? Rien, ça n'en vaut
pas la peine. J'ai au moins eu une bonne excuse pour aller
dépenser mes bons de boissons restants ;o)
The Red
Piano
Avec un peu plus de 10
minutes de retard, les lumières s'éteignent enfin. Le public
fait entendre sa satisfaction alors que les premières notes
retentissent. Évidemment, si ce
spectacle porte ce nom, c'est à cause de l'emblématique piano
Yamaha rouge qui trône au bien milieu d'une plateforme en forme
d'étoile rouge. L'entrée d'Elton se fait devant un public déjà
conquis qui se lève comme un seul homme.
Que dire du spectacle
en lui même ? Eh bien... Il s'agit d'un concert avant tout !
C'est ce qui peut paraître déçevant dans un premier temps: On
s'attend à un truc extraordinaire et en fait ce n'est qu'un
"simple" concert d'Elton John avec en plus quelques éléments
gonflables et un écran LCD gigantesque qui diffuse des images,
crées par David LaChapelle, plus ou moins inspirées et plus ou
moins en rapport avec les chansons.
Et c'est là qu'après
réflexion on peut se dire que la musique d'Elton n'a pas besoin
de tout ça. Et c'est un constat positif, elle se suffit en
elle-même et n'a pas besoin d'effets superficiels pour être mise
en valeur.
Il y a quand même des
moments de grâce, telle cette grandiose version de "Believe"
interprétée sur un fond d'images en noir-blanc et de
gigantesques roses gonflées sur les cotés: L'effet visuel est
splendide pour une chanson qui ne l'est pas moins.

Believe
Autre grand moment:
L'interprétation de "Daniel" sur fond d'images de guerre. Il
faut dire qu'Elton l'a introduite en expliquant qu'il y a des
textes de Bernie Taupin particulièrement obscurs. Il explique
qu'on lui demande souvent ce qu'elles veulent dire. Par exemple,
il cite "Take Me To The Pilot": "- Emmène-moi vers le pilote,
Guide-moi à travers la chambre, Emmène-moi vers le pilote,
Mais je suis un étranger - Vous voulez
savoir ce que ça veut dire ? Eh bien je n'en ai pas la moindre
putain d'idée" ce qui
évidemment déclanche l'hilarité du public. Il explique que pour
"Daniel", il trouvait le textre trop long, il a donc décidé de
couper le dernier verset. Or c'est cette partie qui expliquait
le sens de la chanson... La vidéo explique donc l'histoire de
Daniel.

Le jeune Daniel couché sur son lit puis, plus
vieux, blessé à la guerre
Pour le reste, cette
suite de "Greatest Hits" est plutôt calme. Le choix des chansons
n'aide pas car la set-list est composée majoritairement de
balades. Pour
épicer un peu l'aspect visuel su spectacle, outre le gigantesque
écran LCD, les accesoires gonflables comprennent une paire de
jambes en bas nylon et une poitrine gigantesque ainsi que des
représentations très phalliques de bananes et cerises, de cornet
de glace renversé ou encore de tube de rouge à lèvres et de
hot-dogs, assez amusants il est vrai. Une plue de confétis et
des ballons roses à l'effigie d'Elton seront aussi déversés sur
la foule.

Quelques exemples
d'extravagance scénique
Alors effectivement, si les effets
spéciaux sont parfois amusants, parfois superflus, reste
l'essentiel: Les chansons. Et il faut le souligner, Elton a
chanté magnifiquement. Sa voix était puissante et vraiment
parfaite. Il est impressionant de penser qu'il a chanté ces
titres si souvent qu'il devrait en avoir ras-le-bol. Eh bien
non, il chante de manière toujours sincère, comme s'il pensait
chaque parole. C'est quand même impressionnant après 40 ans
passés sur les routes !
Il a dédié "Tiny Dancer" à Jane Tomlinson,
une malade du cancer du sein très active contre la maladie qui
s'est éteinte lundi. A son sujet, il a déclaré "C'est
abominable que nous soyons obsédés par les Paris Hilton et
Lindsay Lohan alors que là, nous avons un parfait exemple de
comment mener sa vie".
C'est juste avant "Candle In The Wind" que
j'ai pu accèder devant la scène, je me suis alors retrouvé à
quelques mètre d'Elton jusqu'à la fin, de quoi réussir quelques
zolies photos.

"Goodbye Norma Jean..."
Pour conclure, je dirais que ce concert
tient parfois plus d'un collage Pop Art que d'un concert Rock,
ou quand Elton John rencontre David LaChapelle, c'est un peu
comme quand Willy Wonka rencontre Andy Warhol.
C'est une expérience dont je garderais un
bon souvenir, même si rien ne vaut un bon vieux concert
"normal". Heureusement, 3 jours plus tard Elton jouera à Vevey,
à quelques kilomètres de chez moi... Allez voir
l'article
consacré à ce concert.
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