
Bayonne, les Arènes
le 28 mai 2004
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Par Sacha Wicki "Bayonne a rimé avec Elton !" Ce vendredi 28 mai, Elton John nous faisait le bonheur d’investir les Arènes de Bayonne pour son deuxième show solo de la saison Concert en «demi-teinte» Gare de
Bayonne, ce vendredi 28 mai, 9h40. Je descends du train qui m’amenait de
Genève et je suis accueilli à ma grande surprise par les fans français
présents déjà sur place depuis la veille. Je tiens donc à saluer
affectueusement Brigitte, Laurent, Christophe, Yohan, Alice, Audrey,
Carole et Jonathan. Après quelques petites balades dans les méandres de
cette jolie ville qu’est Bayonne, et un petit en-cas pris dans une
sandwicherie très sympa, nous voilà en route pour les Arènes. *** "ELTON BÂILLONNE SES DÉTRACTEURS !"
Par Christophe Letellier, Photos: © Laurent Bonnore Pour ce qui semble être son unique concert en France en cette année 2004 (on est bien loin de la formidable année 2003 avec ses six concerts mais il faut avouer que l’on devait s’y attendre au vu de son caractère exceptionnel !), Elton a choisi la ville basque de Bayonne, située aux confluents de La Nive et de l’Adour, rendue célèbre par ses fameux jambons pour se produire en solo. Un événement sans précédent pour cette ville, charmante, aux nombreuses petites rues enclavées, vivant au rythme des sons, des traditions basques et des influences de l’Espagne toute proche. Un événement qui cependant, fut loin d’avoir fait l’unanimité ; certains reprochant le coût faramineux d’une telle venue (613 000 € TTC en globalité dont 380 000 € H.T pour le spectacle en lui-même, le reste comprenant les frais techniques et d’intendance). Bien sûr, il est aisé de comprendre la position des détracteurs qui pensent, à juste titre, que tout cet argent aurait pu être mieux exploité, pour financer de nouvelles infrastructures municipales ou bien pour venir en aide aux plus défavorisés. Cependant, la venue d’un tel “Monstre Sacré” ne sera pas sans retombées financières, au vu de la publicité qu’elle engendre et cela mérite bien quelques sacrifices. Arrivé la veille du concert, sous un magnifique soleil, je me mis en quête, sitôt les bagages déposés, d’arpenter les rues de Bayonne pour m’imprégner des lieux et bien entendu pour localiser le lieu du futur concert. Le peu d’affiches relevé ne fait que confirmer mes présomptions : la venue de la star britannique n’est pas des plus appréciée et certains doivent bouder cette décision municipale. Un sympathique restaurateur, qui n’a rien contre Elton, nous expliqua qu’il ne comprenait pas pourquoi il avait été choisi pour représenter la ville et la région. Situées un peu en périphérie de la ville, sur les hauteurs, au milieu d’un quartier pavillonnaire, quelle ne fut ma surprise (je restais sur l’image de Nîmes l’an passé) de découvrir ces arènes où allait être donnée la représentation du Maître. À première vue, elles paraissent nettement plus petites en surface mais pas tellement en capacité puisque la jauge pour ce spectacle était de 7 500 places. En fait, elles sont parfaitement adaptées à ce genre de concert intimiste. Une petite plaque, au-dessus de l’une des entrées principales, affiche “1893”, année supposée de la construction de l’édifice. Les matériaux utilisés sont plus récents (on est bien loin des blocs de pierre taillés des arènes du début de l’ère chrétienne) et par conséquent, rendent les parois nettement plus fines. Sans pénétrer à l’intérieur car cela reste rigoureusement interdit au public (le service de sécurité veille mais sans être agressif, je les en remercie même pour leur accueil), je suis le spectateur privilégié de la pièce théâtrale qui se déroule devant moi : celle de la construction du spectacle (je connais bien ce milieu pour avoir monté des spectacles nettement plus modestes il est vrai !). Tout ce petit monde s’agite en permanence au gré des sonneries des téléphones portables, des petits problèmes qui surgissent sans cesse, vous gâchant la vie d’un régisseur : du matériel qui n’arrive pas dans les délais (les semi-remorques du staff technique d’Elton, au nombre de quatre, contenant le piano, l’éclairage et le son, étaient attendus pour 17h00 avait déjà une bonne heure de retard ! Dur pour le timing de l’ensemble des équipes). La tension est palpable. Il est vrai que tout le monde ici fut mis au courant du caractère délicat de notre star préférée. La consigne a été donnée de tout faire pour ne pas le contrarier et d’essayer se satisfaire ses moindres désirs, de peur de ne le voir repartir vers l’aéroport illico presto ! Des exigences nombreuses, frôlant parfois l’incrédulité et le délire : bloquer l’aéroport local pour sa tranquillité personnelle à la descente de son jet privé, semble être son caprice favori ces derniers temps ! C’est ce qui me chagrine (m’agace même quelque peu) dans l’attitude d’Elton. Voilà un homme qui se démène continuellement pour trouver des fonds à travers le monde à des causes nobles comme celle de venir en aide aux personnes atteintes du virus H.I.V. et qui se permet d’en faire dépenser à d’autres inutilement pour satisfaire ses petits caprices personnels ! C’est quelque part incohérent et inadmissible ! Enfin, n’est-ce pas à ce comportement irrationnel que l’on reconnaît une star ? Une bonne nuit réparatrice (une journée passée dans les trains finit par vous détruire physiquement !) et me voilà prêt pour le grand rendez-vous. Entre-temps, d’autres fans m’ont rejoint ou sont sur le point de le faire. Cela m’a permis de retrouver des visages familiers (Brigitte, Laurent, Sacha, Alice, Carole) et de faire la connaissance d’autres fans, tous très sympathiques: Madyson et son ami, Floriane, Yohan, Audrey et quelques autres dont j’ai malheureusement oublié le prénom ; j’espère qu’ils ne m’en voudront pas trop !) Après un déjeuner rapide, tout ce petit groupe est prêt pour investir les arènes ! Il est aux alentours de 15h45 lorsque nous parvenons devant les grilles de ces dernières. À cette heure (le spectacle n’est qu’à 20h30, l’ouverture des portes prévue à 19h00), nous ne sommes environ qu’une cinquantaine de personnes. C’est le début d’une longue et inévitable attente pour se retrouver aux meilleures places, devant le piano, au moment de l’ouverture des grilles. Pour “ tuer le temps ”, chacun se remémore les derniers concerts auxquels il a assisté (avec toutes les petites anecdotes qui s’y greffent !); on procède à quelques petites emplettes (au travers des grillages !): je ramène d’ailleurs un somptueux tee-shirt qui viendra compléter ma petite collection !; on se rafraîchit régulièrement, même si la chaleur ambiante n’a rien de comparable avec celle de Nîmes l’an passé ! Au fil des minutes, un petit vent frais vient même nous fouetter agréablement le visage. Il est vrai que nous ne sommes encore qu’au mois de mai, ceci expliquant peut-être cela. Il est 17h35 lorsqu’un mouvement d’agitation autour des arènes, provenant des membres de la sécurité, survient. L’arrivée d’Elton est maintenant imminente ! La Maserati (grise, dépourvue de vitres teintées !) qui doit acheminer la star depuis l‘aéroport de Parme est partie depuis quelques temps déjà. Ne voulant pas rater cette arrivée (je ne suis pas le seul car nombreux sont les curieux à proximité ou à leur fenêtres à faire de même. Il est vrai que ce n’est pas tous les jours que l’on reçoit la “Reine de la Pop”!!!), je viens me poster en compagnie de l’ami de Madyson devant les portes des coulisses. Je crains de nous faire rebouter par le service d’ordre mais, constatant que nous restons dans un périmètre raisonnable, ils nous laissent tranquilles. À l’écoute indiscrète des talkies-walkies des membres de la sécurité (le chef présumé nous apprend alors qu’il avait réalisé la sécurité d’Elton il y a quelques années !), nous sommes tenus informés de l’approche du cortège de la Star. Soudain, nous percevons : “Nous arrivons aux arènes dans deux minutes ”. Le temps de couper le talkie, que les agents se mettent en place, et le cortège se présente déjà sous les sirènes de deux motards de la police nationale. Deux voitures déboulent en trombe: la première, celle du commissaire de police et juste derrière, la Maserati contenant Elton, vêtu comme à son habitude d’un survêtement, et une autre silhouette dont on devine qu’il doit s’agir de David Furnish, son compagnon. Une légère mésentente entre les deux voitures faillit les faire se percuter et provoquer une belle pagaille. Immédiatement, le chauffeur de la Maserati immobilisée klaxonne à tout va, comprenant qu’il est dans une situation délicate. La pauvre conductrice semble perdre ses moyens et ne plus savoir où elle doit aller. Je me décale très vite sur le côté car je prends conscience que je suis en plein sur sa trajectoire. Il eût été dommage de risquer de ne pas assister au concert à cause de cet incident. Elton, à l’intérieur reste calme, ne détournant jamais la tête pour nous faire un petit geste amical. Dommage mais l’homme est certainement déjà concentré sur son concert. Finalement, la voiture parvient à entrer sans encombre à l’intérieur des arènes et les portes se referment aussitôt. À peine le temps de rejoindre mon groupe d’amis que déjà retentissent les essais de balance sur I need you to turn to (voilà, je lève le voile en avant première sur une des bonnes surprises de ce concert !). Sacha, qui est à mes côtés, me dit qu’il s’agit en fait de bandes. Je le crois ! Puis, de nouveau, c’est le silence, interrompu épisodiquement par des essais micros. Nous voilà donc repartis dans nos anecdotes. Sacha en profite pour nous faire une démonstration de sa grande culture eltonienne, devant les yeux ébahis de certains à côté de nous. Les grilles s’ouvrent enfin à 18h45. Moment très délicat à négocier car tout le monde se rue en même temps, telle une horde d’animaux sauvages fuyant un grand danger. J’ai l’impression soudaine d’être Simba dans le Roi Lion, poursuivi par des milliers de buffles. Mieux vaut ne pas trébucher à cet instant ! Il ne nous faut que quelques secondes (c’est fou l’énergie que l’être humain est capable de développer dans des conditions d’excitation extrême !) pour gagner le premier rideau de sécurité. Malheureusement pour moi, une très mauvaise surprise m’attend à cet instant : le vigile inspecte normalement le sac plastique que j’avais emporté. Il perçoit un petit paquet de gâteau et m’annonce cyniquement : “Pas de nourriture à l’intérieur monsieur !”. Je pensais pouvoir me faire oublier et me faufiler tout de même à son insu mais c’était sans compter sur la vigilance (somme toute normale pour un vigile me direz-vous !) de l’agent de la sécurité qui garda mon billet jusqu’à ce que je m’exécute. Me voilà contraint de rebrousser chemin vers la consigne pour y déposer mon petit paquet. Tant d’heures d’attente réduites à néant en quelques secondes par un vigile zélé ! Je garderai sous silence les mots d’oiseaux que j’ai eus intérieurement pour ce monsieur ! Comme pour mieux me retarder encore, l’entrée des ruedos était située complètement à l’opposé de l’entrée principale, sans pour autant que cela soit signalé par des panneaux. Mauvais point pour l’organisation ! Pas le temps alors de jeter un coup d’œil sur le côté où était installé la barnum géant réservé au cocktail des VIP (essentiellement des notables de la région et des personnalités de la jet set comme Karl Lagarfeld, Caroline de Monaco et son mari le Duc de Hanovre, Patrick Timsit, etc… ). Dans mon malheur, j’eus tout de même un peu de chance puisque je réussi à me faufiler sans encombre pour retrouver mon ami Sacha, au cinquième rang, devant le piano (fait inhabituel, celui-ci était installé bien au centre de la scène alors qu’à l’accoutumée, il est toujours excentré vers la gauche). Il est à peine 19h00 et encore 1h30 à combler. Qu’il est difficile de voir ce piano, si seul, qui n’attend plus que son maître pour le dompter ! Les arènes peinent à se remplir (70 % seulement des places auraient été vendues; ce qui se vérifiera par la suite: tout l’ovale situé derrière Elton restera très clairsemé !). On en profite pour lier quelques connaissances supplémentaires (n’est-ce pas Sacha ?). 20h35, avec cinq minutes de retard (fait assez inhabituel pour le souligner s’expliquant par le fait qu’il fallait attendre que ces messieurs et mesdames de la jet-set s’installent tranquillement !), les premières notes du final d’Aïda retentissent (enfin !), annonçant le début du spectacle.
Elton arriva très calmement sur scène, tout de noir et de rouge vêtu avec lunettes (assez larges) et chaussures assorties bien évidemment ! Il portait également une somptueuse broche scintillante dont je ne souhaiterais pas à avoir à régler la note ! Il salua d’un geste poli toute l’assistance puis se dirigea tout aussi tranquillement vers son piano. Comme on ne change pas une set-list qui gagne, c’est bien sûr Your Song qui débuta la représentation. Dès le départ, nous pouvons nous rendre compte de l’excellente acoustique de ces arènes. La voix d’Elton quant à elle est claire, puissante, reposée (ce n’était que son deuxième concert de la tournée européenne). Il y eu bien quelques petits couacs lors des trois premières chansons mais rien de bien grave. Your Song s’achève sur une première salve d’applaudissements. Il se lève de nouveau, se rassoit et se lance dans quelques mots en français. Initiative louable mais qui se terminera dans la douleur, Elton ne parvenant pas à trouver les mots pour traduire sa pensée. Il achèvera son discours en anglais et ne se hasardera plus dans cet exercice, sauf pour lancer des “merci” de politesse. On comprend tout de même que les quatre premières chansons sont extraites de l’album ELTON JOHN. Le sublime The Greatest Discovery poursuit. Ce titre constitue un ravissement pour les oreilles. Pour bon nombre de spectateurs présents ce soir, il s’agit là de la (première) Grande Découverte du talent de compositeur de Sir Reginald Kenneth Dwight (Pardon, Sir Elton John. Il ne faut plus l’appeler comme cela sinon il va vraiment être fâché !!!). On est conquis, on est ému, parfois jusqu’aux larmes (n’est-ce pas Audrey ?) Border Song est le troisième titre offert. Pas de changement notable par rapport aux précédents concerts solos : classique, efficace avec un joli petit solo au milieu du morceau. Vint
ensuite la première grande surprise, avec un titre qu’il n’avait plus joué
en solo depuis la tournée avec Ray Cooper en 1979 * (Merci Sacha pour
l’info !), à savoir I Need You To Turn To. Superbe moment d‘émotion
une nouvelle fois ! Quel bonheur de découvrir ainsi de “nouveaux” titres ! On en redemande ! On sent un Elton très concentré, à la limite froid au niveau de sa communication avec le public, en ce début de concert. Qu’importe car comme le dit si bien un de nos illustres chanteur compositeur français, j’ai nommé Jean-Jacques Goldman : “Quand la musique est bonne” ! On quitte temporairement les années soixante-dix pour faire une incursion dans les années quatre-vingt-dix avec The One de l’album du même nom. Une interprétation une nouvelle fois impeccable avec quelques petites variations dans le thème final. Personnellement, comme pour beaucoup de titres maints fois trop entendus, ce titre ne m’émeut plus guère. J’aurais préféré de cet album un The Last Song, très poignant en solo pour en avoir entendu une version sur le cd du concert donné au Ritz en janvier 1998. Cependant, comme nous venions d’avoir trois titres intenses émotionnellement, Elton n’a sans doute pas voulu en ajouter un quatrième et déséquilibrer ainsi la set list du concert. Retour aux seventies et à l’album CAPTAIN FANTASTIC pour le titre suivant : Someone Saved My Life Tonight. Un indéracinable des set lists au même titre que Rocket Man. Rien à reprocher à l’interprétation mais sans surprise notable non plus ! Le temps était venu d’écouter un titre du dernier album SONGS FROM THE WEST COAST avec The Ballad Of The Boy In The Red Shoes. Les inconditionnels ne seront pas surpris lorsque je leur dirai qu’Elton entonna son sempiternel discours de condamnation de l’administration de monsieur Reagan dans le combat contre le S.I.D.A aux États-Unis. Je me suis fait à ce titre et à son tempo légèrement plus élevé que sur l’album studio. Pas facile de combler le solo de guitare au milieu du titre ! Elton s’y emploie du mieux qu’il peut sans pour autant que cela soit excellent. Honcky Cat marqua, comme bien souvent, les esprits et le réveil d’un public un peu trop poli. Certes, on peut être sous le charme des belles balades d’Elton et les écouter religieusement, mais il faut également lui donner en retour afin qu’il ait envie de donner encore plus ! C’est le premier tour de force de ce concert. La fin est tout particulièrement géniale. Les notes s’enchaînent, les rythmes s’élèvent et retombent sans cesse, de manière vertigineuse. C’est du très bon Elton, très inspiré ! À la fin du morceau, les vivas grondent dans les arènes ! Petite pause, histoire de reprendre ses esprits avec Daniel (très applaudi) et Mona Lisa And The Mad Hatters, qui réintègre la set list. On enchaîne sur un incontournable: Rocket Man. J’ai encensé ce morceau de nombreuses fois lors des concerts précédents mais depuis deux ou trois shows, je suis quelque peu déçu. Là encore, j’ai trouvé qu’il n’a pas été développé aussi longtemps qu’à l’accoutumée. Certes, il y a toujours de bons passages mais lorsque l’on sait ce qu’il a déjà pu produire précédemment sur ce titre, on ne peut s’en satisfaire ! Néanmoins, la série des “Rockets” pour conclure, amplifiés par la réverbération de l’ingénieur du son Clive Franks, est géniale. Comme pour se faire pardonner vis-à-vis de ses fans les plus exigeants, c’est I’m Still Standing version solo 2003 (que nous avions découvert et qui nous avait enchantés à Nîmes l’an passé) qui fit suite. Les néophytes furent bien entendu bluffés par l’intro; les fins connaisseurs que nous sommes, nous nous en sommes délectés. Un petit coup d’œil furtif en direction de mon ami Sacha pour constater qu’il jubile, presque en transe devant tant de génie ! Qu’il se rassure, il n’était pas le seul ! Tout y est dans ce morceau : une intro lente, le rythme qui s’accélère progressivement et qui permet au public d’en reconnaître le thème musical, le solo de piano et alors que l’on s’y attend le moins, cette petite touche de génie : la cassure du rythme et la décomposition lente du refrain. Un vrai régal pour les oreilles ( même bouchées !!! ) Le public est en délire et est cette fois en communion avec l’artiste. Sur les “Yeah”, “Yeah”, “Yeah” accompagnant le refrain, nous levons tous nos bras en sa direction ; une façon en quelque sorte, de le remercier d’être toujours là ! À la fin du morceau, il ferme et réouvre plusieurs fois son clavier, de satisfaction. Un tonnerre d’applaudissements, mérités et non feints, secoue une nouvelle fois les arènes. Pour poursuivre, il fallait un morceau qui soit à la hauteur du précédent. Il introduisit Ticking par un petit speech (en anglais !) où il y dénonça le problème la violence aux Etats Unis. Plus j’entends ce titre et plus je l’adore. C’est vraiment un titre fait pour une tournée solo. En lui-même, il n’y a rien de transcendant pianistiquement parlant mais quelle force émotionnelle il véhicule ! Sa densité, l’absence de temps-mort vous pénètre au plus profond de votre être. Tiny Dancer poursuit suivi d’un Blue Eyes très applaudit lui aussi. Sur ce dernier, l’interprétation est fidèle mais Elton se permettra le luxe d’ajouter un “I Love Those Eyes” du plus bel effet. C’est une des première fois qu’il se livre à ce genre d’intervention avec le public. Il était temps ! On ne s’attardera pas sur le titre suivant à savoir le sempiternel Sacrifice, une nouvelle fois accueilli avec ferveur. Bon titre dont j’aime particulièrement la conclusion. Autre grand moment pour relancer le concert, le tonique Philadelphia Freedom. Super intro. Une des meilleures qu’il m’ait été donné d’entendre sur ce titre. Çà bouge, çà vibre, çà bat des mains à tout va dans la fosse ! Nikita revient en force dans la set list. Très belle interprétation, toute en douceur et en sensibilité. Je ne me rappelle pas avoir ressenti une telle impression lors des précédents versions. La fin est tout particulièrement réussie. Pour continuer sur le thème de l’émotion, c’est un Candle In The Wind toujours aussi bouleversant qui fait suite. On note dans les tribunes l’apparition des premières flammes de briquets perçant le rideau de la nuit, maintenant tombée. Un somptueux rayon de lumière, provenant d’une poursuite installée en face de la scène, côté tribune d’honneur, vint transpercer à son tour la nuit, survoler le public et dessiner des motifs de couleur sur l’écran triangulaire (sur les précédentes tournées, il était rond) situé au-dessus du piano. Le titre suivant, Sorry Seems To Be The Hardest Word, sera dédié à une célébrité du monde de la mode (et ami personnel d’Elton) : Monsieur Karl Lagarfeld. Rappelons une nouvelle fois qu’il s’agit là du premier vrai grand succès en France d’Elton en 1976 et qu’il fut relancé l’an passé par son duo avec le groupe britannique BLUE. C’est un nouveau grand moment d‘émotion dans l’antre des arènes ! Très vifs applaudissements à la fin du morceau où Elton se lèvera et adressera un baiser de sa main en direction de la loge des VIP. Il continue sa représentation avec I Guess That’s what They called It The Blues. Même si l’interprétation est une nouvelle fois excellente, avec des variations nouvelles au piano et des harmonies vocales très agréables, je persiste à déplorer qu’il ne l’ait pas remplacé par Roy Rogers, dont on sait qu’il fut joué deux jours plus tôt à Palerme. C’est au tour d’Original Sin de SONGS FROM THE WEST COAST de poursuivre. Très émouvant ! Il ne nous laisse pas de répit car voilà déjà le Grandiose, le Sublime, le Génial Carla Etude suivi comme son ombre par Tonight.
J’ai déjà donné mes impressions sur ces deux titres à maintes reprises lors de mes précédents comptes-rendus de concerts solo pour en rajouter, mais je suis toujours littéralement scotché devant tant de talent et de virtuosité. À la fin du morceau, Elton pousse un grand ouf (et un large sourire !), visiblement très content de lui. Pour nous, les fans, ces titres signifient que la fin du concert est toute proche mais elle n’a pas encore sonné En effet, l’apothéose survient avec un Bennie And The Jets d‘anthologie. Selon moi, la version solo surclasse la version avec le Band, déjà excellente ! Le final est époustouflant. On n’en croit pas ses oreilles et on se demande parfois si l’on n’est pas tout bonnement en train de rêver. C’est une déferlante de notes, de rythmes endiablés et le retour au thème principal à la fin se devine en douceur. Quelle Maestria Sir Elton ! Tu es grand, le plus grand sans doute et tu touches parfois le doigt de Dieu pour nous sortir de telles séquences ! Franchement, on est en extase ! Crocodile Rock va finir de secouer l’assistance. L’interprétation est identique aux précédents concerts solos. Il est maintenant plus de 23h00. Le temps passe si vite en si bonne compagnie ! Les projecteurs s’éteignent puis se rallument très vite. Les évènements s’accélèrent ! Elton revient sur scène pour un ultime rappel (il n’en fera pas d’autre), revêtu de l’un de ces célèbres survêtements “ringards ?”. Cette fois, il en porte un noir, avec un pantalon (plutôt un pantacourt !) laissant entrevoir le blanc de ses mollets (qui plaisent tant à mon amie Brigitte !!!) Au dos, l’image d’un sportif noir (américain sans doute). Il porte aux pieds de très flashies baskets jaunes !!! Mais où va-t-il inventer des combinaisons vestimentaires pareilles ? Grosse déception : il ne signera aucun autographe : pas le temps (il faut rattraper le retard du début du concert !), scène trop éloignée du public ou tout simplement pas d’humeur ; on ne le saura jamais malheureusement ! Il s’adresse une dernière fois à son public (toujours dans sa langue maternelle) dans un discours rôdé où il le remerciera pour tant d’année d’amour, de soutien et de loyauté. En échange, il ajoutera qu’il lui retourne à son tour tout l’amour qu’il lui est possible de donner. Touchant et apparemment sincère. Ce sera à Don’t Let The Sun Go Down On Me d’avoir le privilège de conclure la fête ! Sitôt la dernière note jouée, il ne s’attarde pas une seconde de plus et s’engouffre vers l’arrière scène où doit l’attendre comme à l’habitude la Maserati pour le ramener vers l’aéroport. La lumière générale tarde à se rallumer, faisant espérer à certains un retour possible mais nous les fans, savons pertinemment qu’il est inutile de s’attarder car notre chère Star adorée a déjà quitté les lieux avant même la sortie du premier spectateur ! Le retour des lumière et du final d’Aïda viennent mettre fin aux derniers espoirs et sonne le cruel retour à la réalité. Il faut se rendre à l’évidence : Elton John à Bayonne ce soir : c’est fini ! On a beau avoir vécu de nombreux concerts solos (ou avec le Band) d’Elton, la séparation est toujours douloureuse, voir déchirante. Cependant, on se remémore déjà ce que l’on vient d’entendre et on ne peut que rester une nouvelle fois admiratif devant tant de talent et de virtuosité. Tout au long de ce concert en effet, Elton nous a donné un aperçu de sa palette musicale (et Dieu sait qu’elle est immense !). Il sait tout faire à son piano : de la ballade (son fond de commerce !) avec Your Song, au blues avec I Guess That’s what They called It The Blues, en passant par la musique classique avec The Greatest Discovery, Carla Etude/Tonight et le rock pur avec Bennie And The Jets ou Philadelphia Freedom. On pourra toujours regretter de ne pas avoir entendu certains titres ou de ne pas avoir eu le privilège d’un morceau de son prochain album qui sortira en novembre 2004, mais pour cela, il faudrait qu’Elton allonge de plusieurs heures ses concerts où il donne déjà beaucoup ! Une chose est certaine : nombreux sont ceux qui, une nouvelle fois, durent être bluffés de voir un homme produire une telle qualité de spectacle avec un unique piano. Ce n’est pas donné à tout artiste ! LE concert fut de toute beauté et la set list très bien équilibrée. Un seul petit bémol : je ne l’ai pas trouvé (c’est mon avis et il n’engage que moi !) aussi expressif que lors des précédents concerts. Il mit longtemps à se dérider et ne se livra jamais totalement ; même s’il fit des efforts sur certains titres. Bien sûr, à force de côtoyer l’excellence, on n’en devient pas moins plus exigeant et intransigeant ! Ce ne sont que d’infimes détails qui ne remettent en cause la qualité de sa prestation ! Elton est toujours solide comme un roc sur scène et je ne vois pas pourquoi il en serait autrement dans les mois et les années à venir. Merci encore cher Elton pour cette somptueuse soirée que tu nous as fait passer et à bientôt. *** "Continue encore longtemps, Elton, car j'ai déjà perdu tant d'années... " Par Madyson Malgré une météo pessimiste quelques jours auparavant, le soleil a chaleureusement accueilli mon arrivée à Bayonne Jeudi en début de soirée. Un premier groupe de fans venait d'arriver. Je ne les connaissais qu'au travers de nos messages sur Internet. Nous avions réservé des chambres dans le même hôtel à Bayonne, petit hôtel bien sympathique. J'ai passé une très très bonne soirée en leur compagnie. Après une nuit un peu agitée à la perspective du lendemain, nous sommes partis accueillir un autre groupe de fans qui arrivait par le train. Nous avons déjeuné ensemble et ce fut un moment très agréable. Le temps de retourner à l'hôtel dont nous occupions presque toutes les chambres maintenant, pour nous préparer, et nous voilà partis. 15 heures 15. Arrivée devant les arènes 15 heures 45. Seule une petite grappe de fans attend. Nous nous sommes assis par terre. L'attente a commencé. Le soleil participe à notre joie sans excès de chaleur. Je suis heureuse. Vers 17 heures trente, on entend les sirènes de la police. Deux motards et une voiture précèdent la Maserati qui nous amène Elton. Des applaudissements et des cris de joie jaillissent. 18 Heures. On s'agglutine contre la grille. 18 Heures 45. Hourra ! Quelqu'un ouvre les cadenas et un fleuve de fans s'étale. Nous sommes rapidement arrêtés par les personnes qui s'occupent de la sécurité. Fouille du sac. Bouchon de bouteille retiré. Maintenant courir mais où ? À droite nous dit-on. Une fois devant la porte, "Non, il faut aller à gauche". Légère panique. Nous voilà repartis. On croise un autre groupe qui galope en sens inverse. J'ai perdu les gens que je connaissais. Par où sont-ils passés ? Gauche ou droite ? Au bout de trois allers-retours, bouteille à la main, j'en ai renversé une bonne partie. Zut, mon billet est tout trempé. "Suivez les barrières, là !". Pouvaient pas le dire plus tôt ? Me voici enfin dans la fosse. Où sont-ils ? Lolo me fait signe près de la barrière. Je me faufile et heureusement, on me laisse passer. Merci mille fois. Ça y est, cette fois-ci j'y suis. Tout devant. La scène est très large, elle occupe toute la largeur de la fosse. Le piano trône au milieu. Une heure trente encore à attendre. Le temps semble suspendu. Savoure Madyson, savoure... Et surtout le temps, ne t'accélère pas comme pendant les autres concerts. Prends ton temps. traîne. Paresse. Les arènes se remplissent peu à peu. Il fait bon. Encore une demi-heure. Mon dos fatigue un peu. Déjà ? Zut, comment vais-je pouvoir tenir tout le concert ? Les VIP commencent à arriver. Caroline de Monaco et Karl Lagerfeld entre autres. Vingt heures trente. Elton en retard ? Cinq minutes. La musique habituelle commence. Mon cœur s'emballe. Le voilà enfin ! Toujours aussi charismatique. Pantalon et longue veste noire, chemise, monture de lunettes et chaussures rouges. Boucle d'oreilles diamants et saphirs. Son sourire est toujours aussi craquant. Je n'ai jamais été aussi près. Et en plus je suis debout... Comment vous dire ? Disponible, comme si j'allais lui parler. Le fait d'être assise, vissée à mon siège, met une certaine forme de distance. Là, je suis plus libre, prête à communiquer, à communier avec lui. Your song commence. Pour la première fois, je peux voir ses doigts jouer. Étire-toi le temps... The greatest discovery. Merveilleux. I need you to turn to. Après... Après je ne sais plus. Je me suis complètement abandonnée. J'ai laissé la musique me posséder. Dans le désordre, Nikita, très tendre en solo, Daniel, Tiny Dancer. Un peu plus tard, la lune a commencé à briller. Quelque temps après, la nuit est arrivée à pas feutrés. Carla-Etude/Tonight m'a envoûtée à un point tel qu'il m'a fallu quelques secondes de récupération avant de pouvoir apprécier la chanson suivante, très rythmée. Mais laquelle était-ce ? Je ne me souviens plus... Honky cat, toujours aussi sympathique. Ballad of the boy in red shoes, Ticking, si poignantes. Je n'ai pas beaucoup parlé avec Lolo pendant ce concert, mais nos regards échangés en disaient long ! Nous étions éclaboussés, envahis, submergés de bonheur. I guess that's why they call it the blues, Original sin, Someone saved my life tonight, Sorry seems to be, The one, Blue eyes... C'est la première fois que je suis dans la fosse et donc qu'Elton est placé plus haut que moi. Merveilleuse sensation. Quand je pense qu'on m'avait presque fait peur... Non, on n'est pas écrasé. Non, on n'est pas étouffé. Non, on n'en ressort pas sourd. Non, ce n'est pas si fatiguant que ça. Quelques étirements une fois le concert fini et le dos se remet en place rapidement. On vit mieux le concert car la position debout n'est pas une position attentiste. On peut chanter avec les autres, on peut danser, - enfin bouger, remuer -. On voit les doigts d'Elton créer la musique, on voit ses expressions... Tantôt concentré, recueilli, tantôt malicieux, lançant des appels au public du regard. Tout cela fait que nous vivons la musique "de concert" avec Elton. Le seul bémol que j'ai trouvé est qu’autant on est proche d'Elton, autant l'environnement prend moins d'importance. Face à nous, Elton et l'arrière-scène. Le ciel ? En grande partie caché par le toit de la scène. Tandis qu'à Nîmes, étant dans les gradins, j'avais aimé embrasser du regard toutes ces personnes assises en rond en bas, en haut, à gauche, à droite, et en bas dans la fosse tous ces fans debout qui laissaient éclater leur joie m'avait remplie de plaisir. Laisser errer mon regard dans le bleu du ciel qui s'obscurcissait lentement, suivre le vol de quelques oiseaux complétait idéalement certaines chansons. I'm still standing, Candle in the wind, Sacrifice, Crocodile rock. À ce concert, le temps fut honnête pendant les deux premières chansons. Ensuite, il a encore triché, le traître. Les minutes sont devenues des secondes car quand j'ai vu Elton sortir de scène, je n'arrivais pas à croire que l'on frôlait la fin. Elton, il te manque quelque chose pour continuer, c'est ça ? Tu vas le chercher, revenir et continuer à nous enchanter ? Et non, il est bien réapparu mais vêtu de son habituel jogging annonçant bien la fin très proche. J'ai ressenti un fort sentiment de frustration à ce moment-là. Fichu temps qui choisit toujours les concerts pour filer plus vite que d'habitude... Et cette fois-ci, quelle vilaine farce. Ayant complètement été chamboulée par l'accélération du temps, je n'ai pas senti du tout le moment où Elton partirait. J'ai donc vécu Don't let the sun d'une façon très particulière. Il fallait la savourer au maximum et pourtant mon spleen ne me lâchait pas. Et en plus ce fut vraiment la dernière chanson. Pas de deuxième rappel. Elton nous abandonnait pour de bon. Et sans rien avoir signé. Je n'ai donc toujours pas d'autographe... Même si ce concert m'a comblée, il fut sans beaucoup de surprises, à part I need you to turn to. Il faut encore patienter pour découvrir son nouvel album... Alors, il a fallu quitter ce lieu témoin de tant de bonheur, de passion, d'amour. Le temps a arrêté sa course folle. Mais le sentiment tristounet a bien vite quitté mon cœur. Le groupe de fans s'est reconstitué. Nous avons parlé du concert et mon bonheur a bien vite balayé ce léger vague à l’âme qui pointait. Le lendemain, nous sommes retournés à quatre dans ce lieu qui nous a comblés. On démontait la scène. Le décor était fané. Les gradins étaient déserts et pourtant oui, c'était bien là que quelques heures auparavant... De là où j'étais, ces arènes m'ont semblé bien petites. Elton, quand tu chantes sur scène, tu as le don de me faire voyager dans une autre dimension. Les lieux deviennent gigantesques, les aiguilles de ma montre entament leur course folle, et les émotions que tu me procures sont de ce fait bien particulières, et ces émotions-là, je ne les ressens qu'en t'écoutant. Alors maintenant que ce concert est fini, je vais guetter les news du Net et dès l'annonce d'une nouvelle date de concert en France, tout recommencera. L'attente de la mise en vente des billets, les semaines à compter, le séjour à organiser, l'achat de ma place, et toute la suite, ces semaines étant accompagnées de bouffées de bonheur envahissant mon corps à chaque marche franchie pour arriver enfin au jour J. Alors continue encore longtemps, Elton, car j'ai déjà perdu tant d'années... *** La Set-List
01 Your Song 26 Don’t Let The Sun Go Down On Me *** Faites-nous partager votre avis sur le concert Vous êtes allé voir ce concert ? N'hésitez pas à me faire parvenir votre petit résumé par e-mail, je le publierais ci-dessous. Vous pouvez aussi en parler sur le forum à la page qui lui est consacrée. Vous avez des photos du concert ? Faites-les moi parvenir par e-mail, elle illustreront cette page. Merci de votre collaboration. Les articles sur des concerts précédents: - le concert de Bercy (2003) |
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