Concert solo à Berlin, le 15 juillet 2001

Bestial

Par Sacha Wicki

Notre pop star préférée a littéralement enflammé, même électrisé, le public venu en grand nombre - plus de 17'000 personnes - au Waldbühne de Berlin ce dimanche 15 juillet. Récit d'une journée de préparation mentale et physique, et celui du concert !

Le rendez-vous était fixé vers 14 heures devant les grilles du site berlinois, et déjà de nombreux fans italiens étaient présents. L'attente sera longue (près de trois heures) avant l'ouverture des portes, mais nous savions que discuter et échanger des points de vue avec d'autres fans allait rendre cette attente agréable. Ah, au fait, "nous", c'est Daniel, Olivier et moi-même.

A 17 heures, les portes se sont ouvertes et nous nous sommes tous précipités sur le devant de la scène... enfin, avec précaution car la scène se trouvait en contrebas de gradins très élevés, rendant cet endroit majestueux. Bref, nous voilà donc au-devant du fameux "bühne", et commence une autre attente, plus courte, celle-ci, jusqu'au début du concert prévu à 19 heures. Certains, pour "tuer" le temps et ménager leurs jambes, se sont assis et d'autres sont allés se ravitailler en boissons et petits en-cas.

Le ciel n'était pas très clair en cette fin d'après-midi et nous redoutions l'arrivée de la pluie. Elle ne s'est pas faite attendre, juste vers 18 heures, mais pendant une quinzaine de minutes seulement. Vers 19 heures, quelques minutes avant l'arrivée d'Elton, une petite publicité allemande nous est montrée sur grand écran. Elton, transformé en VRP, nous vante les mérites d'une marque de lunettes... et en allemand, s'il vous plaît ! Une publicité très courte mais très sympa malgré tout.

19h15 : après une annonce faite en allemand, Elton apparaît pendant l'habituel "Orchestral Finale" (probablement maintenant l'instrumental le plus connu de l'artiste !). 


                                                                            Photo: Giorgio Onorato Aquilani

Il y a beaucoup de réactions devant la scène, car Elton porte un sublime costume signé Versace, l'un des nouveaux modèles de la saison automne-hiver 2001-2002. Une veste somptueusement brillante, incrustée de petits morceaux de verre façon miroir, et un pantalon au haut militaire (style tenue de camouflage) avec une ceinture brillante également signée du grand couturier. A noter également le grand écran qui se trouvait juste derrière le piano. 

L'hystérie des fans lors de l'arrivée de leur idole fait place au receuillement à l'écoute attentive de "Your Song", éternelle chanson, qu'Elton a interprété près de cinq mille fois ! "The Greatest Discovery" suivra après qu'Elton ait salué Berlin, très brièvement du reste. Notons au passage qu'à la fin du morceau précédent, un premier mouvement de foule se produisit mais jamais Elton ne signera d'autographes durant ce concert... Pourquoi ? Parce que la scène était très haute et qu'une personne qui se trouvait le plus près, à moins de mesurer près de trois mètres, ne pouvait quasiment rien voir ! 

"Someone Saved My Life Tonight" avec les basses si prenantes comme à chaque fois et une voix de grande qualité, sera le troisième morceau, puis nous eûmes droit au très bel hymne à New York "Mona Lisas And Mad Hatters"

Il y eut discussion entre fans sur le sujet suivant : dans l'ordre de sa setlist habituelle suit "Border Song". Elton commença "Daniel" et se rendit compte que le son du piano n'était pas celui de cette chanson-là (Clive Franks pensait qu'il allait démarrer "Border Song"). Le son changea, et la chanson reprit. Nous pensons que "Border Song" a tout simplement été oubliée. 

"Honky Cat" fut tout simplement brillante avec un jeu de piano très puissant et Elton s'amusait beaucoup. L'un des trois moments les plus forts du concert fut cette version divine et désespérée de "Rocket Man". Elton donna dans les effets vocaux comme jamais il ne l'avait fait auparavant, ni dans les quatre précédents concerts solo auxquels j'ai assisté, ni dans la dixaine de concerts solo que j'ai écouté. 


                                                                              Photo: G. Heretsch

Excellente aussi, son interprétation de "Tiny Dancer", qu'il n'avait d'ailleurs pas interprétée la veille à Würzburg. Puis, trois ballades poids-lourds que les Allemands affectionnent. "Nikita" (qu'Elton a présenté en saluant le Waldbühne et Berlin), "Sacrifice" et "Sorry Seems To Be The Hardest Word". Un autre grand succès suit : "I Guess That's Why They Call It The Blues".

Elton s'adresse ensuite au public au sujet du prochain titre: "Cette chanson est la dernière de mon nouvel album qui sortira fin septembre et qui ne se nomme pas "Songs From The West Coat" comme indiqué sur le site officiel, mais bien "Songs From The West Coast". 

Et il nous interprète un titre magnifique - "This Train Don't Stop There Anymore" - qui pour moi est le second grand moment de la soirée, à mi-chemin entre "Sweet Painted Lady" et "Harmony", tout en étant très novateur puisque ce genre de mélodie n'avait pas été traité par Elton depuis l'album "Goodbye Yellow Brick Road". Personnellement, quand j'ai entendu le début de ce titre, j'ai immédiatement été séduit. Je me suis dit "le nouvel Elton est bien arrivé !". Et apparamment, cette chanson sera le second single du nouvel album. 

"Carla/Etude", habituellement suivi de "Tonight" sera dédié par Elton à Tim Rice qui était dans le public. "Burn Down The Mission" fut interprété avec fougue comme à l'accoutumée, mais tout de même un peu moins rapidement... un petit bémol, donc. 

"The One" et "Blue Eyes", sont accueillis chaleureusement par le public, puis le troisième grand moment de la soirée, plus précisément pour moi et pour beaucoup de fans, l'apothéose: Une version démente et puissante de "I'm Still Standing", titre qu'il a décidé de reprendre depuis le début de cette partie de la solo tour. Jamais Elton n'aura donné autant de fougue dans un jeu de piano et avec une voix claire et parfaitement posée, malgré la relative difficulté de cette chanson. Il offrira même le plaisir au public d'entonner les fameux "yeah yeah yeah!". Un grand moment, tout simplement ! 

"Crocodile Rock", délirant mais un peu décevant quand il laisse au public chanter "lalalalala" dans le refrain. Il reste face à son piano et ne regarde pas le public. Mais c'est une simple petite remarque sans grand effet. "Don't Let The Sun Go Down On Me" sera repris par le public avec grand bonheur et des centaines de briquets s'allumèrent dans le Waldbühne, rendant encore plus féérique le site. 

Le retour d'Elton se fera avec "Circle Of Life", "Bennie and the Jets", très énergique avec un jeu de piano final assez inédit et endiablé, puis le magique "Candle In The Wind" qu'Elton entonnera habillé d'un saillant survêtement bleu et blanc. Vers la fin de la chanson, au moment où Elton chante "when the rain set in"... la pluie se mit à tomber averse ! Parfois, je me demande si Dieu n'est pas fan d'Elton John ! Souvenez-vous, à Stuttgart l'an dernier, les nuages s'amoncellaient durant une grande partie du concert et dès "Empty Garden" et ses images émouvantes de John Lennon, le ciel redevint bleu...  

            
                                                                                              Photos: Giorgio Onorato Aquilani

Je voudrais encore remercier chaleureusement mes deux grands amis Daniel et Olivier qui ont assisté avec moi à ce concert. Encore merci aussi aux fans italiens, dont Giorgio, Dario et les autres: "You Were The Bests !"  

Les articles précédents:

- le concert de Montréal par Benoît
- le concert de Charlotte par Daniel
- le reportage à Bercy par Sacha
- le concert de l'Olympia par Sacha
- le concert de Zurich par Sacha
- le reportage du concert de Stuttgart par Sacha.

 

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