Le concert solo du Lido
Paris, le 3 février 2003

Par Christophe LETELLIER

"Il est des soirées magiques et intemporelles que l’on aimerait pouvoir revivre indéfiniment et faire partager."

La prestation en piano solo d’Elton John, dans le magnifique et mythique cabaret LE LIDO de l’avenue des Champs Elysées en est une. Elle eut lieu devant un parterre de la Jet-set parisienne (en autres: Karl Lagarfeld, Patrick Bruel, Vincent Lindon, Jean-Claude Brialy, Etienne Daho, Mimie Mathy, Muriel Robin, Richard Anconina, Magloire "Morning Live", Franck Lebeuf, Guy Bedos, Nana Mouskouri, David Douillet, Jean-Pierre Cassel et Smaïn) et de quelques fans éparses (mais non moins actifs).

Nul doute que ce concert, organisé pour récolter des fonds pour les associations d’Elton venant en aide aux malades du Sida, aura une place toute particulière dans la mémoire des inconditionnels d’Elton (dont je fais partie) qui ont eu la chance et les moyens financier de s’offrir un billet pour y assister.

Devant une salle non nécessairement acquise à sa cause et à son talent de musicien (l’important dans ces soirées est d’être là pour être vu !) et vue l’heure tardive du concert (23h, bien que pour ces gens de la Jet-set, cela ne constitue qu’un début de soirée !), on pouvait craindre qu’Elton ne se contente d’assurer un service minimum honorable.

Son professionnalisme, l’amour de sa musique qui le pousse à donner le meilleur de lui-même à chacune de ses représentations et peut être également le désir d’épater ses congénères, le poussèrent à donner un concert d’un très haut niveau pianistique. Je suis fortement persuadé qu’il a du en bluffer plus d’un qui le découvrait pour la première fois !

Ce furent en effet 1h50 d’un pur grand bonheur où il enchaîna les titres comme un sportif de haut niveau, sans grande période de récupération.
On peut toutefois regretter qu’il ne s’exprima pas en français comme il le fait généralement lors de ses concerts en France si ce n’est au tout début du concert.

Je dédie ces quelques lignes à tout ceux qui n’ont malheureusement pas pu être présents ce soir là, afin qu’ils puissent s’imaginer quelque peu, à leur tour, ce à quoi nous avons eu la chance d’assister.

En tout premier lieu, je tiens à remercier chaleureusement celles qui m’ont accompagnées durant ce concert:

Tout d’abord Patricia, sans qui cette aventure n’aurait pu avoir lieu. En effet, cette fan d’Elton possède, dit-elle, un sixième sens pour deviner tout ce qui se passe autour d’Elton. Là encore, elle fût présente au bon endroit et au bon moment lors de la mise en vente des derniers billets pour le concert.
Ensuite, je remercie ma fidèle correspondante corrézienne (et fidèle internaute de Made In England) Brigitte DUSSERT pour m’avoir fait part de l’information dès qu’elle en eut connaissance.

Pour commencer, je tiens à souligner (et à déplorer) qu’une chaîne de grands magasins a acheté la quasi-totalité des places de cinquième catégorie (à 100 € officiellement vendues par Le Lido) afin de les revendre 160 € en dernière minute sachant pertinemment que les fans n’avaient plus le choix que de se ruer dessus malgré le prix sur ces dernières. Si cela fit certainement les affaires du Cabaret parisien, assuré ainsi de vendre un maximum de places quoi qu’il arrive, et celles de la chaîne de magasin en s’octroyant une marge plus que confortable, c’est une nouvelle fois les fans (qui n’ont pas nécessairement un budget élastique pour assouvir leur passion) qui en firent cruellement les frais.

Billets en poches, nous étions convenus de nous retrouver dans le hall d’un hôtel situé dans une rue adjacente à l’avenue des Champs Elysées.
Après avoir fait longuement connaissance, partagé quelques souvenirs de concerts puis s’être restaurés dans une petite brasserie, nous nous mîmes en route vers le Lido. Une affiche mentionnant un futur mini concert du groupe Blue le 13 février prochain attira nécessairement notre attention quelques instants.

Arrivés aux alentours de 22 h devant le Lido, nous restâmes quelques minutes à observer et à penser “ça y est, nous y sommes !”.
Puis, nous commençâmes à fouler le tapis prestigieux qui nous mena aux portes d’entrée.
Là, je dois dire que l’accueil qui nous fut réservé est digne de ce lieu chargé d’histoire et mondialement connu.
Nous fûmes en effet accueillis et traités avec autant d’égard et d’attention que les personnalités et stars présentes dans la salle. L’espace de quelques heures, nous eûmes l’impression de faire partie de cet univers même si en réalité, tout un monde nous sépare.

Convenablement installés, champagne
Taittinger offert par la maison (Royal !), il ne nous restait plus qu’à patienter. Interminable attente.

A l’étage inférieur, les célébrités se restauraient, se moquant éperdument de ce qui pouvait se passer sur scène.
En effet, régulièrement, des intermèdes musicaux (avec danseurs et danseuses du Lido) étaient proposés pour faire patienter l’Assistance.
A la fin de chaque séquence, un speaker faisait monter la pression dans la salle en annonçant le compte à rebours : “Mesdames et Messieurs, Sir Elton John dans 60 minutes”, puis “… dans trente minutes” et enfin “… Sir Elton John dans quinze minutes”.

Vers 22h50, le rideau s’ouvrit une nouvelle fois, découvrant, telle une star à part entière, le piano, installé avec micro et retours sur une scène mobile.

Les choses sérieuses allaient bientôt commencer ! On entendait de-ci de-là des applaudissements épars pour tenter d’accélérer les évènements. En vain !
Il fallut même attendre dix minutes supplémentaires par rapport à l’horaire annoncée pour que les lumières ambiantes commencent à baisser d’intensité, les prestigieux luminaires remonter progressivement dans le plafond, le rideau et le speaker annoncer : “Mesdames et Messieurs, SIR ELTON JOHN”.

A ces mots, danseurs et danseuse du Lido descendirent l’escalier pour se mettre de part et d’autre du piano.

Avant même la fin du mouvement, Elton fit son apparition, sous un tonnerre d’applaudissements.

Vêtu d’un somptueux costume noir aux bords brillants et de lunettes discrètes (peut-être est-ce la dernière fois que nous le voyions avec ses célèbres binocles !), il vint se placer au milieu de la scène pour saluer son public.

Puis il se dirigea vers son piano et aussitôt résonnèrent les premières notes de “Your Song” sous les applaudissements d’une salle déjà sous le charme.
Je ne sais ce qu’il en est pour les autres fans mais chez moi, ces premières notes me procurent toujours un sentiment de jouissance intérieure profonde, de délivrance après une période d’intense attente. Un premier tube légendaire dont on se délecta avec une certaine gourmandise !

Après quelques mots succins en français pour saluer son public (les mêmes qu’il prononça à Bercy en mai dernier et les seuls de la soirée !), il entama “Border Song" et poursuivi avec “Someone saved my life tonight”.

Les choses devinrent vraiment sérieuses à l’attaque d’“Honky Cat", toujours aussi puissant et percutant. Ce fut une des premières fois où le public battait la mesure en claquant des mains. Cela n’allait pas être la dernière !

Toujours sur le même discours qu’à Bercy en 2002, dénonçant l’administration gouvernementale du Président Reagan, il nous présenta “Ballad of the boy in red shoes”. Une petite déception: ce sera l’unique morceau du dernier album qu’il interprétera de la soirée.

Les grands moments de ce concert sont comparables à ceux du concert de Bercy.

Hormis “Honky Cat” dont on a précédemment parlé, “Rocket Man” est toujours très attendu car on sait qu’il va se passer quelque chose.
Là encore, il n’a pas failli et nous a encore bluffé. En effet, si la version donnée lors du concert à Bercy avait déjà été considérée comme géniale avec ses treize minutes, comment qualifier alors celle du Lido où il réédita non seulement sa performance à lui seul tout en la sublimant davantage ? INIMAGINABLE. Il nous gratifia d’une sempiternelle et interminable improvisation au piano dont lui seul a le secret. Je me demande si lui-même sait où il va lorsqu’il se lance dans cet exercice que l’on adore tant et qui est la raison même qui nous pousse à aller le voir en concert encore et toujours. Elton, c’est toujours différent à chaque sortie ! Pour couronner le tout, il ajouta des délires vocaux. Vraiment GENIAL, GENIAL et encore GENIAL ! Ce fut un tonnerre d’applaudissements non feints qui éclata dans la salle à la fin du morceau.

Autre grand moment : “Take me to the pilot” avec toujours cette intro de folie qui ne laisse rien deviner (sauf pour les fans avertis que nous sommes !) du titre interprété. Pour ceux qui possèdent la version comparable jouée au Ritz en janvier 1998, sachez qu’Elton l’a ici encore améliorée et allongée pour notre plus grand bonheur. Ce sera une nouvelle fois un tonnerre d’applaudissements.

Encore un autre grand moment lorsqu’il annonça la chanson qui lui valut son premier grand succès en France (les fans auront tout de suite reconnu “Sorry seems to be the hardest word” dont la nouvelle version avec Blue connaît un franc succès outre-Manche !).
Au son des premières notes jouées, on comprend que le public français est toujours charmé par cette ballade vu le “Oohhhh !!!” qui résonna dans toute la salle; succès assuré et indémodable !

S’en suivi le fameux “Oh My Sweet Carolina” emprunté à Ryan Adams, qu’il a si magnifiquement réarrangé et qui paraît de plus en plus lui appartenir.

Comme ce fut le cas dans de nombreux concerts de la précédente Solo Medusa Tour, Elton conclue en beauté avec “Bennie And The Jets”.
Je ne surprendrai personne en vous annonçant que ce fut une nouvelle fois un succès dans toute l’Assistance. Son jeu de piano, ses improvisations soulevèrent l’admiration générale.

Elton quitta alors la salle une première fois pour y revenir moins de deux minutes après sous les acclamations du public.

Il en profita pour nous remercier de la magnifique audience de ce soir. Etait-ce sincère ou une formule de politesse ? Je pense sincèrement qu’il fut très touché par l’accueil qui lui fût réservé tout au long du concert au vue de la nature du public présent dans la salle ce soir là.

Il entama un dernier “Don’t Let The Sun Go Down On Me” très apprécié.

Il est presque 1h du matin, la messe est dite.

Après avoir salué une dernière fois son auditoire, Elton s’éclipsa aussi tranquillement qu’il était venu et malgré l’insistance des applaudissements durant près de cinq minutes, il ne reviendra pas. C’était bel et bien fini !

Le rêve s’achève et tout de suite naît le sentiment d’avoir assisté à quelque chose de grand. Le concert qu’Elton donna ce soir là devant 1200 privilégiés (fortunés !) ne fut pas un concert au rabais même s’il n’eut pas la durée habituelle (17 morceaux interprétés contre les 25 habituels).

Il restera certainement longtemps comme le meilleur concert (j’en suis à mon 6ème ce qui est peu vis à vis de certains mais suffisant pour avoir une expérience à comparer) qu’il m’ait été donné d’assister. Sans fausse note : Un Elton en superbe forme physique (même s’il traîne toujours un certain embonpoint qui boudine ses costumes !) pour se déchaîner au piano comme jamais et s’appuyant sur une voix claire et chaleureuse, magnifiquement contrôlée.

Le public fut très respectueux (on était entre gens du spectacle ne l’oublions pas), réceptif et très enthousiaste. Il ne tardait jamais à emboîter le pas lors des improvisations géniales du Maître. Il n’est à point douter que cela poussa ce dernier à se surpasser. Il en a certainement bluffé et convertis plus d’un ce soir là, démontrant par là-même qu’il est toujours aussi performant et endurant sur scène malgré l’âge qui avance (il aura 56 ans le 25 mars prochain !) mais qui ne semble pas avoir d’emprise sur lui. Il est éternellement jeune sur scène ! Quelle leçon pour les jeunes artistes ! Force est de constater cependant qu’Elton donne maintenant ses meilleurs concerts dans des salles de moindre dimension (Olympia, Lido). Plus intimes et plus proches du public, ces salles conviennent parfaitement à la sensibilité et l’émotion qui se dégagent de ses chansons. Peut être devrait-il méditer la dessus pour ses prochaines tournées: des salles plus petites (en plus grand nombre) et sur plusieurs dates consécutives pour satisfaire ses nombreux fans. Un public plus nombreux, plus proche donc plus communicatif; tout le monde y serait gagnant !

Un dernier mot: MERCI ! Merci de tout cœur Elton de nous avoir fait vibrer une nouvelle fois durant cette soirée. Puisses-tu revenir encore longtemps car on ne se lassera jamais de t’entendre et d’admirer ton talent !

 

La Set-List
(merci à Brigitte pour avoir joué discrètement de la Mag-Lite durant tout le concert !)

1 - Your song
2 - Border song
3 - Someone saved my life tonight
4 - Daniel
5 - Ballad of the boy in the red shoes
6 - Mona lisa and mat hatters
7 - Honky cat
8 - Rocket man
9 - Candle in the wind
10 - Take me to the pilot
11 - Sorry seems to be the hardest word
12 - Tiny dancer
13 - Philadelphia freedom
14 - Oh my sweet Carolina
15 - J guess that's why they call it the blues
16 - Bennie and the jets
17 - Don't let the sun go down on me

***

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Les articles précédents:

- le concert de Montréal (2001) par Benoît
- le concert de Charlotte (2001) par Daniel
- le reportage à Bercy (2001) par Sacha
- le concert de l'Olympia (2000)par Sacha
- le concert de Zurich (2000) par Sacha
- le reportage du concert de Stuttgart (2000) par Sacha
- Le reportage sur la tournée "SFTWC Tour 2002"

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