Le concert solo de Nîmes (F)
Les arènes, le 13 juillet 2003
 

Par Sacha Wicki … qui n’en revient toujours pas… !

"Un seul mot : Sensationnel !"
 





© Photo: Walter Weiler
 

Dans les mythiques arènes de Nîmes, ce dimanche 13 juillet, Elton a enchanté et électrisé un public de 8'000 personnes. Récit d’un après-midi caniculaire et d’un concert hors normes !

Une chaleur étouffante sous un ciel bleu azur, voilà les conditions de l’attente devant les Arènes de Nîmes ce dernier dimanche. Je salue très chaleureusement mes deux amis qui ont fait le voyage avec moi, Olivier et Daniel. Puis un grand merci aux indéfectibles fans Italiens Graziano et Andrea, ainsi qu’au groupe espagnol, à Jayne qui venait de Londres, à Marie-Christine, et à Thierry et son épouse, pour qui ce fut le premier show de l’artiste.

Heureusement qu’un stand proposant des boissons fraîches et des glaces se trouvait à proximité car sincèrement nous en avions lourdement besoin. Les quelques parcelles d’ombre furent très vite squattées évidemment.

Puis aux alentours de 18 heures 15, les grilles se sont ouvertes, nous laissant pénétrer dans ces splendides et imposantes arènes. Seulement voilà, pour se rendre au centre et courir près de la scène, ce fut un véritable labyrinthe… Nous y sommes tout de même arrivés ! Deux heures d’attente ensuite, rythmées par les titres diffusés par hauts-parleurs : nous eûmes droit à Ryan Adams, Coldplay, John Lennon (dont « Whatever gets You through the Night ») et les Beatles.

20H23 : avec sept minutes d’avance, l’Orchestral Finale d’Aida se fit entendre et Elton arriva, habillé d’un costume noir avec sur la veste de nombreux tissages de diamants (il s’agit du costume du concert de Tokyo en 2001 pour ceux qui ont la vidéo…). Les chaussures étaient incrustées de diamants ! Et ce fut Your Song qui, et ce qui est rare, fut écourtée d’une mesure au début !

« Bonsoir Nîmes ! C’est un grand plaisir pour moi d’être ici ce soir, ce sont des chansons anciennes et plus modernes… I will speak half in English and half in French, to demonstrate that our countries are united (je vais parler la moitié en anglais et la moitié en français pour montrer que nos pays sont unis !) »  En disant cela, il a enchaîné en présentant Border Song, et il a enchaîné par The One (qui va très bien à cette place-ci de la setlist d’ailleurs), Someone Saved My Life Tonight puissant avec des basses parfaites, et Ballad of the Boy in the Red Shoes, qu’il présentera comme toujours en accusant le système de Ronald Reagan de n’avoir rien fait pour les personnes atteints du sida. Il dira même « zéro ! » qu’il répétera plusieurs fois.

Daniel, qui a été accueilli très chaleureusement par le public, puis il présente la chanson suivante en se demandant combien de titres de sa setlist ont été écrits en France. Et il s’excuse un instant, et compte les titres sur son sticker blanc au côté gauche de son piano pendant quelques secondes… Hilarité générale dans le public bien sûr, et aussi de l’artiste qui nous annonce donc, après avoir compté six chansons écrites en France, Mona Lisas and Mad Hatters.

Les choses sérieuses commencent avec un Honky Cat fantastique, bourré d’énergie, et avec un rythme final plus rapide que d’habitude ! Brillant donc, comme le fut Rocket Man avec malgré tout une petite réserve car j’ai trouvé le final un peu faible malgré des effets vocaux assez inédits.

Nous allions être bluffés et soufflés avec la version solo de I’m Still Standing « made in 2003 » ! Tout d’abord, une intro qui nous fit penser à celle de Sydney en 1986, puis un excellent solo en fin de titre, et une voix puissante… Le bonheur complet !

Ticking subira un petit changement par rapport aux concerts solo de 1999-2000 : le changement de ton. Cela rappellera la version interprétée par exemple au Zénith de Paris en décembre 1994. Tiny Dancer suivra, puis I Want Love.

La chanson suivante, Sacrifice, il la dédiera à sa « famille française » et il citera de nombreux prénoms, en les remerciant d’être là. Puis, la puissance sera de nouveau de mise, avec une intro qui nous rappellera quelque chose… et pour cause, il s’agit du puissant Philadelphia Freedom qui fut endiablé et me fit frissonner… ce mec a quand même 56 ans et là, durant tout le concert, il m’a semblé vingt ans plus jeune !

Candle in the Wind et Sorry Seems to be the Hardest Word furent tout simplement magiques, comme toujours d’ailleurs. Mais ce ne fut rien en comparaison avec Moon River, le titre écrit par Henri Mancini pour le film Breakfast with Tiffany. Il l’annonça en disant en français qu’il était difficile de choisir une chanson composée par quelqu’un d’autre. Un merveilleux moment de pureté que ce titre.

I Guess That’s Why They Call it the Blues a aussi bénéficié d’une version 2003 qui lui a donné un certain cachet. Ce n’est pas la chanson que je préfère en solo et là, elle m’a fait plaisir. This Train Don’t Stop There Anymore ensuite, très apprécié par le public, et ensuite les indéracinables Carla-Etude / Tonight qui, dans ces arènes, ont eu totalement leur place. Le lieu n’en fut que plus majestueux.

Et là, derrière les arènes, il y eût un feu d’artifice (la Fête Nationale française était le lendemain). Et pour nous dans les arènes, le feu d’artifice allait arriver très vite car voilà que se profile Take me to the Pilot. On peut dire de moi que je suis très enthousiaste quand je parle d’un titre qui me plaît, ou peut-être que j’en fais trop, mais là… les mots me manquent pour décrire ce que j’ai vécu à ce moment-là… Après quelques notes de la Marseillaise, une intro puissante électrisante, délirante… un morceau d’anthologie, et surtout à la fin, une minute trente de Song for Guy version up-tempo… ! Presque dix minutes d’une folie pure, rythmés par les « Oh Yeah ! » d’Elton !

Nous n’allions pas en rester là, car Bennie and the Jets démarra, excellent comme toujours, et Crocodile Rock nous permettra de nous époumoner, en reprenant en chœur les Lalalalala. Elton était hilare à un certain moment car il a remarqué que les crocodiles en marionnettes étaient de retour !

Ah, j’oubliais de mentionner que la scène était assez haute, et surtout éloignée des barrières de sécurité. Ce qui fait que nous ne pouvions pas lui tendre de programmes à signer ou de fleurs ou de cadeaux… Qu’à cela ne tienne ! Les fans ont tout simplement jeté sur scène les objets qu’ils voulaient voir ornés d’un autographe… Et Elton l’a bien remarqué et a pris, en tout est pour tout durant le concert, presque dix minutes pour ses fans… Cherchez bien les artistes qui font ça en scène, il ne doit pas y en avoir beaucoup ! 

Je reviens au déroulement du concert, qui allait s’achever avec Don’t Let The Sun Go Down On Me, et après s’être vêtu d’un très beau survêtement bleu et blanc, et après avoir attaché les lacets de ses baskets sur son pouf (!!!) il nous a remercié en disant « Comme d’habitude, Nîmes, vous êtes merveilleux ! Merci la France ! ». Circle Of Life allait clôturer un magnifique concert.

Thierry et son épouse, dont je vous ai parlé en début d’article, et dont ce fut le premier concert de la star, ont été tout simplement bouleversés par le spectacle, les lumières, les effets sonores du piano, la voix du maître… Bref, ils ont juré qu’ils seraient des nôtres à Zurich le 29 novembre prochain, pour un nouveau concert mais cette fois-ci, avec le band !

Le spectacle fut tout simplement fantastique et époustouflant.

Je ne peux pas attendre novembre… mais je n’ai pas le choix !

 

***

Par Christophe Letellier

"Le lion est lâché dans les arènes !"
 

C’est dans ce théâtre antique et mythique de la ville de Nîmes, battit sous l’Empire romain au début de l’ère chrétienne, que l’Empereur de la Pop Anglaise Sir Elton John avait donné rendez-vous à des milliers d’admirateurs en ce très beau dimanche du 13 juillet 2003, veille de fête nationale française.

Nîmes est souvent considérée comme la ville la plus chaude de notre hexagone. Cela se vérifia une nouvelle fois, le mercure ne descendant jamais en dessous des 35 °C de toute la journée (et du week-end !). Les protections d’usage (chapeau ou casquette, lunettes solaires, crèmes protectrices) furent obligatoires pour ne pas risquer l’accident.

L’eau fraîche que l’on pouvait se procurer à proximité des arènes, ne le restait malheureusement guère longtemps !

Ce fut bien une véritable épreuve physique qui attendait tous ceux qui, comme moi, avaient optés pour une entrée générale non numérotée.

Arrivé sur les lieux vers 16 h 45 (le spectacle ne débutant en fait qu’à 20 h 30), environ deux cents personnes (dont Sacha et Olivier en poste depuis le début de l’après-midi; saluons là leur courage et leur folie pour être dans les premiers à entrer et se retrouver au meilleur endroit de la scène devant le piano) attendaient patiemment sous cette chape de plomb !

Au fur et à mesure que passaient les minutes, on pouvait ressentir l’électricité et la fièvre monter dans les corps et les esprits. De nombreux resquilleurs tentèrent bien de s’infiltrer au devant des files d’attente; ce qui provoqua un fort grondement de mécontentement tout à fait logique lorsque l’on souffre depuis plusieurs heures sous la chaleur, c’est un acte inadmissible, un manque évident de civilité !

Vers 18 h 10 enfin (les organisateurs ont certainement eu pitié de nous, Dieu leur en rende grâce !), les grilles s’ouvrirent et nous pûmes pénétrer assez rapidement dans l’antre du Vomitoire (comme on dit-là bas).

Les fins connaisseurs se dirigèrent tout de suite soit dans la fosse pour être au plus près de l’artiste, soit vers la partie Ouest de la scène, en hauteur dans les gradins. Personnellement, des problèmes physiques me contraignirent à opter pour la seconde possibilité, un peu la mort dans l’âme ! Enfin, j’étais tout de même idéalement situé avec une vue plongeante sur le clavier.

Pour protéger le piano de la forte chaleur (c’est un instrument très sensible à ce paramètre), le staff technique avait disposé devant lui son fly de transport. Ils ne le retirèrent qu’une demi-heure avant le début du show, sous une salve d’applaudissements !

Convenablement installés, il ne nous restait plus qu’à patienter. Que les minutes nous parurent bien longues tant nous avions hâte que le spectacle dont nous rêvions depuis des semaines commence !

20 h 32, le soleil est encore à son zénith lorsque retentissent les premières notes de l’Orchestral final d’Aïda. C’est parti pour 2 h 45 min d’intense bonheur.

Lorsque Elton franchit le pendrion noir, une cinquantaine de mètres le séparait encore de la scène.

Vêtu, tel un matador, d’un somptueux costume noir, orné de magnifiques broderies sur tout le haut, il arriva tranquillement, sûr à l’avance de son fait, salua son public en le pointant du doigt plusieurs fois puis se dirigea vers son piano.

Aussitôt, retentirent les premières notes de Your Song, ovationnées par toute l’assemblée ici présente. Les Oh ! démontrèrent, s’il en était encore besoin, le succès légendaire de ce titre, qui colle maintenant et à jamais à la carrière d’Elton.

Fidèle à son habitude, il prononça un poli "Bonsoir Nîmes. Je suis très heureux d’être ici ce soir ! " mais il ne fit pourtant pas d’effort particulier pour le reste du concert, préférant revenir très rapidement à sa langue maternelle. Il fût d’ailleurs un peu sifflé pour cela car, comme chacun le sait maintenant, s’il n’est pas un expert de la langue de Molière, il se débrouille pourtant pas mal. Il s’agit même de l’un des rares artistes étrangers à s’y risquer et on apprécie toujours cet effort à sa juste valeur.

Un brin de nostalgie dans sa voix lorsqu’il présenta son deuxième titre Border Song en précisant qu’il s’agissait d’un titre extrait de l’album ELTON JOHN qu’il avait écrit "il y a trente-trois ans hélas ". Si cela peut te rassurer quelque peu cher Elton, le temps passe également pour nous aussi. Et puis, n’est-ce pas flatteur de ton extrême longévité au plus haut niveau ? Un morceau à l’interprétation très classique, fidèle en tous points à celle du concert solo du Madison Square Garden de 1999, anciennement édité par eltonjohn.com.

Petite surprise en ce qui concerne le troisième morceau: conformément aux set list des précédents concerts de la tournée solo européenne, je m’attendais à retrouver avec bonheur le majestueux The Greatest Discovery, chanson toute particulière pour moi car c’est la toute première chanson d’Elton qui me fit craquer pour sa musique, bien avant de connaître les autres.

En lieu et place, nous eûmes droit à The One. Là encore, chanson convenablement interprétée mais sans surprise notoire ! En y songeant, il semble normal de chanter en France, une chanson écrite précisément dans ce pays voilà près de onze ans maintenant !

En fait, si l’on se penche un peu sur l’histoire des tubes d’Elton, on se rend compte que nombreux de ceux-ci sont nés dans notre beau pays (tous ceux des albums HONCKY CHATEAU et GOODBYE YELLOW BRICK ROAD par exemple). Plus que du chauvinisme exacerbé de ma part, il s’agit d’une petite fierté de me rendre compte que mon pays l’inspire de la sorte (Elton, tu sais ce qu’il te reste à faire !).

S’en suivi un moment mystérieux et inquiétant dont je fus trop loin pour comprendre ce qui se passa réellement (Sacha ou Olivier, si vous pouvez nous éclairer à ce sujet !): Pendant près d’une minute, Elton sembla absent, tête baissée et tournée vers l’arrière scène, ne disant mot. A-t-il eu un léger malaise dû à la chaleur encore excessive qui régnait à ce moment précis ? Une plaisanterie venant du public l’extirpa de sa torpeur, lui arrachant par la même occasion, un franc éclat de rire.

Il enchaîna alors, comme si ne rien était, sur un autre grand classique " Someone Saved My Life Tonight ".

Vint ensuite le premier extrait de SONGS FROM THE WEST COAST: "The Ballad Of The Boy In Red Shoes " pour lequel il nous refit son petit speech sur la politique reaganienne de lutte contre le SIDA. Il insista bien en ponctuant son discours d’un ZERO du doigt très significatif. Sublime morceau mais dont je suis peut-être l’un des seuls à lui reprocher son tempo un peu trop rapide ! Il fut convenablement applaudi mais il est fort à parier que pour beaucoup, il s’agissait d’une découverte (cela va peut être relancer les ventes de l’album dans cette région dans les semaines qui viennent !).

On poursuit le show avec l’incontournable Daniel puis Mona Lisa And Mad Hatters.

Si on devait résumer cette première partie du spectacle, on peut dire qu’elle fut convenablement interprétée mais pas encore transcendante au point de nous faire lever les bras au ciel ou de nous faire bondir de nos bancs ! Une bonne entrée en matière quoi !!!

Cela n’allait cependant pas tarder avec une montée en puissance spectaculaire à l’entame d’Honcky Cat. Le rythme endiablé de la fin du morceau est tout bonnement génial et permis au public nîmois de prendre conscience des possibilités pianistiques de ce Monsieur John.

Autre morceau de choix pour continuer: Rocket Man (pas de doutes, nous avons entamé le plat de résistance !); un morceau d’anthologie attendu à chaque concert avec impatience par nous les fans pour les improvisations géniales du Maître. Petite déception, une fois n’est pas coutume: la chanson n’atteindra que péniblement les 10 minutes dans sa totalité (rappelons par exemple qu’à Bercy on avait quasiment atteint les treize minutes au final !) et sans grande originalité.

Notre déception n’allait être que de courte durée car Sir Elton allait une nouvelle fois nous surprendre avec une nouvelle version d’I’m Still Standing, tout bonnement géniale !

Nul doute que s’il se décidait à la sortir en single, cette version live de 2003 cartonnerait à coup sur dans les hits. Il n’y a qu’à voir l’accueil qui lui fut réservée. Une intro méconnaissable comme Elton sait si bien les écrire. Même les plus avertis durent chercher quelques temps avant d‘avoir une petite idée puis confirmation qu’il s’agissait bien de ce titre. Il modifia également le tempo à un moment donné pour passer d’un tempo rapide à un tempo lent aux accents un peu Dance. Diablement surprenant et efficace ! Pas la peine de vous dire qu’il mit définitivement le public (encore sceptique ?) dans sa poche: (I’m Still) STANDING OVATION ! Le rythme des applaudissements s’accéléra, résonnant dans les arènes comme un grondement de tonnerre !

Lui, comme ce fut souvent le cas lors de ses démonstrations de force, se tenait debout, accolé à son piano, lunettes retirées et tenues négligemment dans sa main, le long de sa jambe droite. Il se délectait du plaisir qu’il nous procurait, pensant certainement : "Je les ai bien eus !". I’m Still Standing fût un grand moment du spectacle, cela n’allait pas être le dernier !

Vint ensuite le tour de Ticking, dont nous avions fortement déploré le fait qu'elle ne soit présente que dans les Set-List américaines lors de la précédente tournée solo. Un petit speech auparavant pour nous expliquer (moitié en anglais, moitié en français), que cette chanson fut écrite il y a trente ans et que la situation actuelle aux U.S.A est malheureusement restée la même. C’est une très belle chanson, peut-être pas la plus inventive au niveau piano, mais qui vous prend aux tripes par la force de conviction d’Elton.

Un petit souffle de répit bien mérité pour récupérer de nos précédentes émotions avec des chansons plus traditionnelles dirons-nous. S’enchaînent en effet en suivant: Tiny Dancer, I Want Love et Sacrifice. Cette dernière n’est pas ma tasse de thé mais il faut avouer qu’elle plait énormément au public français. Elle est aussi connue et appréciée que Your Song ou Candle In The Wind. Il la dédiera publiquement à sa famille française en énumérant toute une série de noms dont un certain Gautier dont il se trompa visiblement de prénom puisqu’il y reviendra une fois la chansons terminées, se fustigeant même la tête de s’être trompé de la sorte.

Le voile de la nuit tombant peu à peu sur les arènes, les premiers briquets sortirent de l’ombre.

Après deux chansons lentes, Elton se devait de redonner du rythme au concert. Il le fit très bien en entamant un autre grand classique : Philadelphia Freedom dont l’intro, également modifiée et rallongée, nous ravira une fois de plus.

On repart avec l’émotion avec tout d’abord Candle In The Wind. De nouveau, des centaines de petites flammes de briquets scintillent comme autant de petites lucioles illuminant le temple. Nul doute qu’elles furent visibles des cieux et que Marylin Monroe (à qui cette chanson fut tout d’abord dédiée) ou la princesse Lady Diana les auront aperçues.

Autre chanson émotionnelle venant en suivant : Moon River. Une reprise selon les dires d’Elton qui est visiblement tombé sous le charme de cette musique de film qui se laisse délicieusement écouter.

Puis, c’est au tour de Sorry Seems To Be The Hardest Words de nous enflammer le cœur. Une grande candeur envahit une nouvelle fois les arènes. Ce tube, est une sorte de renaissance vingt-sept ans après son premier succès. Certaines gentes féminines espéraient peut-être voir apparaître les membres du groupe BLUE avec lequel il reprit glorieusement ce titre en début d’année mais il n’en fut rien. Elles ne lui en voulurent pas au vu du tonnerre d’applaudissements qui accompagna la fin des dernières notes !

Il enchaîna avec une version un peu trop sobre de I Guess That Why They Call It The Blues; un tube certes mais, comme pour d’autres chansons maintes fois trop entendues, dont on commence à se lasser sérieusement. Cela permet au moins de faire un peu autre chose en attendant la suite, comme de contempler un vol d’oiseau passant au-dessus des arènes un soir de pleine lune !

On revient aux affaires avec le dernier morceau de SONGS FROM THE WEST COAST ; tout le monde aura reconnu je l’espère This Train Don’t Stop There Anymore ! Elton nous rappelant au passage qu’il s’agit de l’un de ses titres préférés. Je n’ai pas eu la chance d’être de ceux auxquels il avait donné la primeur d’interpréter ce titre en avant première de la sortie de l’album lors de la précédente tournée (par contre, j’avais eu la primeur d’American Triangle dont je déplore au passage qu’elle ne figure pas sur cette set list !). C’est donc avec une attention toute particulière que j’en découvrais cette interprétation en piano solo !

Le temps passe si vite ! Deux heures de spectacle sont déjà derrière nous, avec une multitude de grands moments gravés dans nos esprits. Pourtant, nous n’avions encore rien vu si je puis m’exprimer ainsi ! La dernière demi-heure fut simplement incroyable, phénoménale et j’en passe sur les superlatifs. Un vrai feu d’artifice musical !

Pour débuter en douceur, c’est Carla Etude suivi comme son ombre par Tonight qui ouvrirent les hostilités. Depuis toujours, il s’agit de l’un des meilleurs souvenirs de concert qu’il m’ait été donné d’assister. Chaque fois, l’émotion qui se dégage de ces morceaux me bouleverse complètement (je n’ai pas honte de le dire !). Elle devrait s’amenuiser au fil des écoutes, pourtant la magie opère une nouvelle fois et je la vis toujours avec la même intensité ! Pour moi, c’est toute la sensibilité d’Elton qui se retrouve exprimée dans cette musique. Quelle performance pianistique où l’on se rend compte qu’il est également un compositeur hors pair (mais cela nous les fans, nous le savions déjà, non ? !!!).  Le public se tu et écouta, rempli d’admiration. Dans ce décor que je décrivais plus haut, tout ceci a soudain quelque chose d’irréel. Un peu plus de onze minutes plus tard, le morceau s’achève sur une cascade de notes : tout le public est debout pour applaudir avec beaucoup de sincérité, la performance du Maître.

Il est aux environs de 22 h 50 lorsque les premières fusées du feu d’artifice local, prévu dans le cadre des célébrations de la fête nationale française, viennent retentir et percer l’obscurité du ciel. Tout ceci n’échappe pas à notre cher Elton, qui ne rate jamais une occasion de plaisanter avec son public. Il se rue à son piano pour entonner quelques notes de La Marseillaise, l’hymne national français. Effet immédiat garanti, nouvelle salve d’applaudissements !

Mais, au lieu de stopper là net son effet, il poursuit en entamant une nouvelle intro de folie dont il a le secret. Il faudra attendre de longues minutes avant de découvrir qu’il s’agit de Take Me To The Pilot. Une nouvelle fois, les qualificatifs me manquent pour définir les sentiments que je ressent à son écoute : fabuleux, grandiose, extraordinaire ! C’est un festival, un vrai feux d’artifice musical tant Elton est maintenant déchaîné au piano ! Les notes s’enchaînent avec une virtuosité et une facilité déconcertante pour un novice comme moi ! Ainsi, à un certain moment, on voit apparaître soudain, un court passage de Song For Guy, toujours sur le même rythme effréné. Je n’en crois toujours pas mes oreilles (et je ne suis certainement pas le seul à être enthousiasmé de la sorte !).

Il nous faudra quelques instants pour nous en remettre mais Elton en a décidé autrement car voilà que déjà, il enchaîne avec le toujours aussi tonitruant Bennie And The Jets et puis Crocodile Rock où il s’amuse toujours autant avec le public en le laissant chanter les " la la la la…" ; de la pure folie !!! Autant vous dire qu’après un tel festival, on est resté un long moment debout en standing ovation, les mains commençant à souffrir sérieusement d’applaudir à tout rompre !

Il quitta la scène une première fois (il l’a bien mérité !) pour y revenir quasiment aussitôt et signer quelques autographes sous les tee-shirts qui commencent à voler en tous sens ! Pendant tout ce temps, le public continua de lui témoigner sa satisfaction par ses applaudissements sans retenue.

Il se remet au piano pour entamer un plus paisible Don’t Let The Sun Go Down On Me (de circonstance en ces lieux, il n’est pas inutile de le rappeler !).

La tension redescend d’un cran. Il quitte une seconde fois la scène.

Quelques instants plus tard, il revient, vêtu d’un superbe survêtement blanc traversé d’une bande bleu ciel sur le devant; un n°72 sur le côté et une inscription dans le dos dont je fut trop loin pour la déchiffrer. A voir et entendre la réaction enthousiaste du public, il est fort à parier qu’il s’agisse de la tenue officielle du club de foot de la ville de Nîmes (mais cela reste une hypothèse à vérifier).

Sacré Elton, il ne rate jamais une occasion de se faire remarquer ! Et puis cela met définitivement le public dans sa poche. Il s’exprimera une dernière fois en français pour remercier le public nîmois de son soutien et de son accueil chaleureux qui visiblement l’ont beaucoup touché : "Alors Nîmes, comme d'habitude, super, fantastique, merci la France. J'aime la France ! Merci pour tous les années, pour tout l'amour, j'adore. Merci, merci, merci...".

Sur ces quelques mots sympathiques, il entame un dernier Circle Of Life. Quoi de plus normal, en effet de terminer par la bande originale du Roi Lion dans un lieu destiné à ce titre aux jeux du cirque sous l’empire romain.

Un dernier salut à son excellent public gardois, très réceptif, et il disparaît rapidement. Une voiture, moteur en marche, est déjà prête derrière le grand pendrion noir pour le ramener à l’aéroport où son jet privé l’attend pour le ramener au plus tôt vers Nice.

"Veni, Vidi, Vici" (je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu !), c’est en ces termes que l’illustre empereur romain Jules César s’est exprimé. On pourrait à juste titre, les reprendre pour qualifier la prestation d’Elton dans ces Arènes de Nîmes ce dimanche 13 juillet 2003. Quelle performance il nous a donné ce soir-là !

Tout son talent s’est exprimé dans ces deux heures quarante cinq minutes que dura le concert. Seul avec un piano devant dix mille personnes, il faut sacrément le faire !

J’étais un de ceux qui avaient pesté en découvrant la set list des premiers concerts solos européens au mois de juin dernier.

J’avais peur sans doute, de réentendre ce que j’avais déjà entendu lors de la précédente tournée. Je commençais même à regretter quelque peu l’achat de mes places.

Eh bien, je peux vous assurer que mes craintes sont aujourd’hui dissipées et je dois même faire des excuses publiques à Elton pour avoir douté de lui durant quelques temps !

Ce petit bonhomme est peut-être petit par la taille mais son talent est immense. Une nouvelle fois, il a su nous concocter des plats royaux de consistance saupoudrés de petites touches délicates d’émotion. Oui les places sont peut-être chères mais devant la qualité de ce qui est servi, je ne rechigne pas devant l’addition.

Un ami d’enfance, citoyen nîmois, adorateur des grands musiciens des seventies (Genesis, Supertramp, Pink Floyd, etc…) m’accompagnait pour ce concert (sans oublier ma fidèle correspondante corrézienne Brigitte DUSSERT). Curieusement, c’était son baptême en ce qui concerne Elton John.

Je revois sa mine interloquée à la sortie du spectacle. Comme bien d’autres qui le découvraient pour la première fois, il fut scotché par sa performance. Il m’a promis d’essayer d’être là pour le concert du 2 décembre prochain à Bercy avec le Groupe cette fois, histoire de comparer ! Il en a encore converti plus d’un durant cette soirée. Mais il a aussi rassuré ses fans, démontrant qu’il était encore loin de rendre les armes !

Oui, Mesdames et Messieurs, dans le cadre magnifique des Arènes de Nîmes, LE "VIEUX " LION A ENCORE RUGIT pour notre plus grand plaisir !!

Rendez-vous est donné à Caen trois jours plus tard …

La Set-List

1 - Your Song
2 - Border Song
3 -The One
4- Someone Saved My Life Tonight
5 - Ballad Of The Boy In Red Shoes
6 - Daniel
7 - Mona Lisas and Mad Hatters
8 - Honky Cat
9 - Rocket Man
10 - I'm Still Standing
11 - Ticking
12 - Tiny Dancer
13 - I Want Love
14 - Sacrifice
15 - Philadelphia Freedom
16 - Candle In The Wind
17 - Moon River
18 - Sorry Seems To Be The Hardest Word
19 - I Guess That's Why They Call It The Blues
20 - This Train Don't Stop There Anymore
21 - Carla/Etude
22 - Tonight
23 - Take Me To The Pilot
24 - Bennie And The Jets
25 - Crocodile Rock
26 - Don't Let The Sun Go Down On Me
27 - Circle Of Life

***

Faites-nous partager votre avis sur le concert

Vous êtes allé voir ce concert ? N'hésitez pas à me faire votre petit résumé par e-mail, je le publierais ci-dessous.

Vous avez des photos du concert ? Faites-les moi parvenir par e-mail, elle illustreront cette page.

Merci de votre collaboration.


Pierre, Marseille (France) - 15.07.03

Super site, bravo. Le concert de Nîmes dimanche 13 juillet était au top. Elton a donné une grande leçon aux trous du cul qui se prennent pour des stars. Il a eu un immense respect pour le public en commençant à 20h30 précises et en nous offrant 2h45 de concert non-stop. Grande leçon d'humilité... Un très grand petit bonhomme. Merci encore.

Alex, (France) - 15.07.03
Bonjour
Elton a donné Dimanche 13 Juin un concert en solo dans les arènes de Nîmes. Ma soeur qui avait une place, m'a invité. N'étant un fan de ce chanteur j'avais une petite appréhension surtout qu'il se produisait en solo.
Mes craintes ont été vite balayées en voyant la prestation de cet artiste.
Son charisme et son talent ont su pendant près de 2 h 45 de récital me fasciner.
Depuis dimanche soir, Elton a gagné un fan de plus.
Cordialement

Pat, (France) - 16.07.03
Salut à vous les Suisses !
Pour moi aussi, Nîmoise de naissance, ce concert a été fantastique. Je n'ai pas la culture "eltonienne" de Sacha, loin de là, mais Elton John est un artiste que j'ai toujours apprécié et je n'ai pas raté l'occasion d'aller le voir et l'entendre à Nîmes ce dimanche. Pour moi aussi ce fut un ravissement, il est super-génial au piano et passer 3 heures comme ça en solo sur une scène, sans aucun temps mort ça mérite un super coup de chapeau.
Merci Monsieur Elton pour cette superbe soirée !
Pat qui se trouvait tout en haut des arènes nîmoises !


                                                                                                            © Photo: Walter Weiler

Patrick, Dardilly (Lyon France) - 27.07.03
Quel bonheur d'être ce soir là à NIMES, ou pour la 7è fois j'assistais a un concert de Sir ELTON. Que d'émotions ! Qu'elle énergie !
J'ai pris un coup de jeune de 20 ans... au moins. Grand moment que Carla Etude enchaîné à Tonight, mon morceau culte. En existe-t'il un enregistrement live, dans cette version ?
Je regrette seulement qu'il n'ai pas joué The Last Song. Mais que d'instants magiques et de pur plaisir. Dommage qu'il n'y ai plus de place pour l'Olympia.
Et puis aussi le plaisir d'être a droite de l'épouse de Thierry, dont la sympathie et les sourires ont éclairés une soirées inoubliable, où j'étais moi aussi en solo. Mon bonjour a tous deux, qui semblaient aussi sous le charme du Maître.
Mille merci Mr ELTON.

 

Les articles sur des concerts précédents:

- le concert de Taormina (2003) par Giorgio
- le concert du Lido (Paris)  (2003) par Christophe
- un reportage sur la tournée "SFTWC Tour 2002"
- le concert de Montréal (2001) par Benoît
- le concert de Berlin (2001) par Sacha
- le concert de Charlotte (2001) par Daniel
- le reportage à Bercy (2001) par Sacha
- le concert de l'Olympia (2000)par Sacha
- le concert de Zurich (2000) par Sacha
- le reportage du concert de Stuttgart (2000) par Sacha

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