
Concert à L'Olympia, le 11 novembre 2000
On
ne pouvait rêver mieux ...Merci
Elton !
par
Sacha Wicki,
qui a vécu la plus belle soirée de sa vie !
Elton John ne pouvait rêver d'un meilleur accueil, et le public venu en grand nombre ne pouvait rêver meilleur récital, tout simplement !
Neuf
lettres rouges illuminées dans la nuit tombante de Paris, formaient le fronton
du plus célèbre music-hall du monde, j'ai nommé l'Olympia en cet inoubliable
samedi 11 novembre. La particularité étant qu'Elton honorait pour la première
fois ce lieu mythique, et en plus pour un concert solo... que demander de plus
?.
A
évènement exceptionnel, personnalités exceptionnelles évidemment, venues
pour la plupart en admirateurs de l'artiste, comme Jean-Paul Belmondo et
sa charmante épouse Natty, Nagui, Line Renaud (qui l'a
toujours soutenu et encouragé pour sa lutte anti-sida), Vincent Lindon, Michel
Jonasz, Julien Clerc, Vincent Perrot et Hélène Ségara, pour ne citer qu'eux.
Il
est 20 h 45 quand, dans un Olympia archi-comble (de nombreuses places se
vendaient au "noir" devant l'établissement... à 1500FF soit le
double du prix normal!), retentirent les premières notes de l'"Orchestral
Finale" d'Aida. Elton arrive, tout de rouge vêtu, avec des lunettes noires
et salue très chaleureusement le public parisien, debout.
"Your
Song" ouvre la marche de ce concert solo, toujours aussi merveilleux,
puis l'artiste prend la parole en français : "C'est un plaisir pour moi
d'être dans cette grande salle de l'Olympia. C'est la première fois et je suis
très heureux, j'espère que vous aimez les chansons". Là-dessus, après
un essai peu convaincant en français pour expliquer l'histoire de la prochaine
chanson, il l'annonce en anglais, "The Greatest Discovery".
Suit
le premier grand moment de la soirée, "Someone Saved My Life Tonight".
A Stuttgart, je l'avais magnifié, mais là je la hisse au sommet de toutes ses
interprétations solo.
A un tel point d'ailleurs que le public s'est levé spontanément... et
croyez-moi, ce ne sera pas la seule fois de la soirée !...
Suivent ensuite "Border Song", l'une des très nombreuses perles de l'album "Elton John", puis "Daniel" et le sublime "Harmony" qui depuis le début de la tournée solo devient très populaire.
C'est bien connu, un artiste est à 100 % de ses capacités si le public est aussi à 100 % réceptif. Et là, réellement, ce fut le cas et même plus. C'est pour cela que "Honky Cat" jouira d'un délire total, qui enchantera évidemment les spectateurs. Et une nouvelle standing-ovation ! "Rocket Man", toujours aussi émouvante, nous enchantera, de même que "Tiny Dancer" qu'Elton introduira en précisant que cette chanson a été insérée dans un film récemment.
S'en
suit une version totalement hors-limites de "Philadelphia Freedom":
Elton, tour à tour, se mettra debout, assis les jambes levées, en grimaçant
et en frappant avec énergie sur son piano... Là encore le public le saluera
debout, conquis.
La prochaine chanson, Elton nous la présente ainsi : "Here's a song you never heard before" (voici une chanson que vous n'avez jamais entendue auparavant). Il nous explique qu'il vient d'enregistrer cette chanson pour son nouvel album studio et qu'elle parle de l'assassinat de l'étudiant gay américain Matthew Sheppard en 1998 (voir les nouvelles d'octobre).
Nous,
fans, savons bien de quelle chanson il parle et nous sommes aux anges d'avoir la
primeur d'entendre ce titre : "American Triangle" (auparavant
titré "American Tragedy").
A la première écoute, ce morceau est très fort dans les paroles, évidemment.
Quant à la musique, elle est assez proche de celle de "The Last Song"
par exemple. Bref, un bel exemple de ce qu'Elton sait faire le mieux: des
chansons mélodiques avec des paroles qui font réfléchir, merci Bernie. C'est
là un très beau cadeau que nous fait Elton en cette soirée déjà mémorable.
"Nikita" suit, puis deux immenses succès en France: "Sacrifice" et "Sorry Seems To Be The Hardest Word". Et après avoir à nouveau salué le public, lui-même à nouveau debout (eh oui, ça ne sera pas la dernière fois encore !), il nous dit en français que la chanson suivante vient de l'album "Too Low For Zero", et c'est bien sûr "I Guess That's Why They Call It The Blues". "Carla/Etude" couplé avec "Tonight" nous démontre à nouveau les capacités pianistiques de la star, et une acoustique absolument parfaite rend encore plus prenant ce double morceau. Petit clin d’œil à la France avec une mini-Marseillaise, et Elton remercie chaleureusement le public présent.
Le rock reprend ensuite ses droits avec "Burn Down The Mission", qui déchaînera le public comme toujours, et qui me laissera un souvenir impérissable: à la fin du morceau, alors que tout le monde était debout, je l'ai salué (j'étais au premier rang!) et je lui ai serré la main... Petit instant de rêve qui se prolongera ensuite, vous saurez pourquoi bientôt.
"The One", chanson qu'il a écrite à Paris, puis "Blue Eyes", et ensuite Elton, en français, saluera le talent d'une chanteuse française, Mylène Farmer, qui se trouvait dans la salle, et lui dédiera la chanson suivante, "Take Me To The Pilot". Mais la chanteuse s'éclipsera ensuite, apeurée par la foule s'approchant de la scène, pour le morceau suivant "Crocodile Rock". Le plancher de l'Olympia en a tremblé, et les murs se sont sûrement... fissurés !
Quoiqu'il en soit, Elton, après ce tube monumental, démarrera une séance-marathon d'autographes. Il passera deux ou trois fois le long de la scène où des dizaines et des dizaines de tickets, de programmes et de carnets se tendaient, et votre serviteur fut également servi !
"Don't Let The Sun Go Down On Me", reprise en chœur par la foule, puis Elton s'en alla quelques secondes, pour mieux revenir sous les applaudissements démentiels de la salle, entamer "Circle Of Life" avant d'atteindre son paroxysme avec "Bennie and the Jets" que le public connaît par cœur ! Là, l'Olympia aurait normalement dû s'effondrer, tant la foule était déchaînée.
Dernier
titre du concert, eh oui déjà (les 165 minutes ont passé à une vitesse...),
"Candle In The Wind", où des dizaines de briquets se sont
allumés.
Je
n'ai jamais passé une soirée aussi belle et réussie de toute ma vie, tant
l'osmose entre le public et l'artiste était palpable. Le mini-regret que je
pourrais formuler est de ne pas avoir entendu "Empty Garden" - ni
"Ticking" - mais cela serait déplacé et irrévérencieux envers
Elton John de lui reprocher d'avoir légèrement modifié le programme habituel
de ses concerts solo, tant la soirée fut magique.
La
presse parisienne et unanime également. "Le Parisien" rend hommage au
"surdoué" en terminant son article par "c'est un grand
monsieur". Qui oserait en douter ?
Sacha Wicki

Les articles précédents:
- le reportage du concert de Stuttgart par Sacha.
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