
Paris, Opéra Bastille
le 23 janvier 2005
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Par Christophe Letellier "Elton fait sa révolution" "Nouvelle année, nouveau concert", c’est par ces quelques mots qu’Elton s’adressa à son public parisien, venu en grand nombre, assister à son premier concert de l’année 2005 (c’est un privilège pour nous peuple français, qu’il débute une nouvelle série de shows par notre beau pays !). Un concert un peu particulier, en aparté de sa tournée traditionnelle, au profit d’une noble cause : celle de la Fondation pour l’Enfance d’Anne-Aymone Giscard d’Estaing (femme de l’ancien Président de la République française de 1974 à 1981). Une Grande cause, un Grand Homme (que dis-je, un Génie de son époque !), il n’en fallait pas moins un Grand lieu pour cette prestation. C’est donc à l’Opéra National de Paris-Bastille, place de la Bastille, haut lieu symbolique de la Révolution française qui verra, quelques temps plus tard, naître la fameuse Déclaration des Droits de l’Homme (et par la même de l’Enfant), qu’Elton nous donna rendez-vous par une froide journée (mais ensoleillée !) de janvier. Je me remémore alors les souvenirs de son précédent concert de charité donné deux ans plus tôt, au Lido, sur les Champs-Élysées et je souhaite alors pouvoir revivre une intensité émotionnelle identique. Ce fut une soirée grandiose, unique, qui marqua les esprits par son caractère exceptionnel. Le genre de concert où l’on peut soulager sa conscience en faisant des folies financières (il fallu tout de même se procurer, dans le cas présent, des places dont le prix variait entre 50 € et 220 €) puisque l’argent fait ici double emploi : on rassasie sa faim eltonienne et dans le même temps, on vient en aide aux défavorisés de cette planète. Le concert est annoncé à 19 h 30. L’attente n’en sera que moins longue et nous pourrons nous retrouver, une fois le show terminé, à une heure pas trop tardive pour dîner tous ensembles et partager nos premières impressions. Arrivé en tout début d’après-midi, je me rendais sur les quais de la Gare de Lyon, située à quelques encablures, pour rejoindre les amis fidèles (Laurent dit Lolo, Brigitte, Madyson) que j’avais laissés huit mois plus tôt du côté du pays basque, à Bayonne, pour l’unique concert qu’Elton donna en France en 2004. L’excitation de se revoir et reformer ainsi le groupe est tout aussi grande que de revoir l’artiste en lui-même. Un groupe qui s’agrandi car je fais la connaissance (au même titre que les autres quelques temps auparavant) d’un fan très sympathique nommé Alex, d’origine arménienne et qui pratique le piano depuis l’âge de huit ans. Spontanément, il nous propose de se rendre chez lui pour partager un somptueux repas traditionnel russe dont le nom n’est pas sans rappeler le titre d’une chanson du nouvel album: le Borchtch. Nous passons une majeure partie de l’après-midi à l’observer et à tenter de reconnaître au passage, les titres des chansons d’Eltons. Je dois avouer que l’on s’avéra particulièrement mauvais (surtout moi !!!) à ce petit jeu. Non pas qu’Alex soit un mauvais pianiste (loin de là) mais on se rend compte ainsi, à travers cet exercice, que chaque musicien génère sa propre identité musicale. Nous reconnaissons celle d’Elton parce qu’elle nous est familière. Nous décortiquons également certaines particularités techniques du jeu d’Elton. On se rend ainsi compte que le génie se résume parfois à un accord particulier, soit parfait, soit au contraire, comportant une note qui ne doit pas figurer à cet endroit précis. Le temps passe ainsi très vite et il nous faut surveiller régulièrement nos montres pour ne pas être en retard au grand rendez-vous. Nous rejoignons l’Opéra Bastille vers 18 h 30, où un autre noyau de fans (il n’y a pas de rivalité entre-nous bien entendu !) se trouve posté devant l’entrée principale. Le temps n’est pas trop aux discussions ; chacun s’empressant de gagner ou de localiser sa place. Nous franchissons les lieux et nous prenons immédiatement conscience, à l’atmosphère ambiante, que nous nous trouvons est dans un lieu particulier : de grands espaces, des baies vitrées tout autour de nous, vestiaires, bar panoramique à tous les étages. Pas de doute, c’est la grande classe ! Petite (mauvaise ?) surprise, nous n’en finissons pas de gravir les escaliers pour rejoindre notre place ; réalisant par la même que nous serons certainement très haut situés. Une impression confirmée lorsque nous franchissons les portes qui mènent au balcon (pour ce qui nous concerne, les places de notre groupe étaient situées au second balcon). La pente de ce dernier est assez importante et la notion de vide n’en est plus une. Nous nous retrouverons quasiment au centre de ce balcon. D’un point de vue acoustique, nous sommes idéalement situés mais il faut plonger du regard pour focaliser le piano qui se situe sur scène, à sa place habituelle : la queue au centre, donc légèrement décalé vers la gauche (à jardin diront les puristes !). La scène est quant à elle, dépourvue de tous artifices. Pas de structures apparentes (on utilise la configuration des lieux !), pas de paravent derrière piano; juste sur le côté, pour délimiter l’espace restreint des consoles sons et lumière. Scotchés à nos petits fauteuils (ce n’est pas le top du confort de ce côté là !), nous attendons, avec impatience, le début du concert ! 19 h 35, les feux de la salle baissent en intensité (sans toutefois nous plonger dans la pénombre) sous les clameurs d’un public conquis d’avance. Première surprise, Elton fait son apparition, quasi instantanément (pas de sempiternel final d’Aïda pour ouvrir les hostilités; un comble tout de même dans un lieu consacré à l’opéra !), sobrement, uniquement suivi par une poursuite perchée dans les méandres vertigineux du fond de la salle. Le piano est, lui aussi, éclairé sobrement, par quelques projecteurs de lumière blanche. Il est difficile de faire plus simple mais il l’a certainement voulu ainsi notre Elton : supprimer tout artifice pour aller à l’essentiel : faire de la musique le point d’orgue de cette soirée et respecter ainsi l’âme des lieux. Il a revêtu pour cette occasion, une superbe tenue de Johji Yamamoto, noire, ornée de ce qui semble être une aile dans le dos et d’un bras prolongé par une main sur la manche droite ; tous deux de couleur jaune. Petites lunettes teintées du plus bel effet, c’est un Elton visiblement joyeux qui vient à nous. Un petit tour pour saluer son assistance comme à son habitude et il vient s’asseoir à son piano pour attaquer classiquement Your Song. Dès le départ, petite surprise (n’est-on pas là pour çà ?) : pas d’intro. Il entame tout de suite le couplet. On note également des petites variations dans le rythme : il ralentit le phrasé. Superbe ! C’est de bonne augure pour le reste du concert et cela va se vérifier par la suite ! Première ovation ! Comme à de nombreuses occasions, Elton se tourne vers son public pour se nourrir de cette salve d’applaudissements puis s’adresse à lui en français. Les mots sont peu nombreux, recherchés mais justes en émotion. "Nouvelle année, nouveau concert, pour les enfants. Je suis content d’être là ce soir ! C’est moi seul avec le piano. Je jouerai des chansons (il s’y reprendra au moins à trois fois pour prononcer ce mot !!!) anciennes et des nouvelles (très intéressant !)". Il poursuit avec The Greatest Discovery, toujours aussi émouvante mais sans grande nouveauté dans l’interprétation. Deuxième surprise de la soirée avec une nouvelle petite intro dont lui seul a le secret. On se délecte de ces douces notes en cherchant vainement à quelle chanson il fait référence. Ce sera la magnifique Border Song que j’adore tout particulièrement en solo. Du très bon Elton. Un peu plus classique, s’ensuit The One. L’interprétation est la même que les fois précédentes. Le public applaudit tout de même. Suivant finalement l’ossature des derniers concerts solos de l’année passée, il poursuit avec Someone Saved My Life Tonight. Les remarques sont identiques au titre précédent. Petit incursion avec ce qui constitue maintenant l’avant dernier album du Maître Songs From The West Coast (zut , on attendait un titre de Peachtree Road, il faudra attendre encore quelque peu !) avec Ballad Of The Boy In The Red Shoes. De nouveau, en anglais cette fois, une petite leçon de morale et une dénonciation de l’inaction du gouvernement de Ronald Reagan en matière de lutte contre le S.I.D.A. Une nouvelle fois, rien de bien nouveau en ce qui concerne l’interprétation. Les choses sérieuses, pianistiquement parlant, sont toujours la marque d’Honky Cat. Le public, jusqu’alors relativement sage, s’agite soudainement en battant le rythme des mains. Elton sourit, il sent que le Navire "décolle". Est-ce que l’on se répète, de concerts en concerts, à dire qu’Elton nous surprend une fois de plus ? Non, puisque le bonheur est sans cesse renouvelé. Pauvre piano, qui doit subir dans la dernière partie de la chanson, le premier "délire" pianistique du Maître ! On a beau s’y être préparé, on en ressort toujours ébloui et cloué à son fauteuil. Il n’y a pas que les hauteurs des balcons qui donnent le vertige devant tant de classe ! A la fin du titre, standing ovation et on peut voir de nombreuses personnes s’être levées pour mieux lui rendre hommage. Elton lui, devant le bonheur qu’il a généré, se fend d’un large sourire et écarte bras et jambes, décrivant ainsi un V de victoire. A n’en point douter, il est en train maintenant de prendre Bastille ! Pour nous remettre de nos émotions, il entame un sage Daniel. Se tournant vers nous, à son micro, il déclare alors : "Et maintenant, j’essaie de parler français !" ; soulevant un satisfecit général. Tout en annonçant que la prochaine chanson figure sur l’album Peachtree Road (enthousiasme général des fans !), il se lance dans le plus long discours en langue de Molière qu’il m’ait été donné d’entendre de sa part. L’exercice fut certes difficile mais il n’en est que plus méritoire. Il cherche ses mots une nouvelle fois mais ceux-ci sont clairs et émouvants. C’est une sorte de confession intime qu’il nous livre en affirmant : "J’ai connu beaucoup de drogue, d’alcool dans ma vie. Mais depuis quatorze ans (bientôt quinze mon cher Elton !) maintenant, je suis une personne … normale (en insistant bien sur ce terme, sur un ton joyeux et ironique !)". Il poursuit son discours en affirmant qu’il a rencontré quelqu’un et cette personne lui donne beaucoup d’amour (citant au passage le prénom de David); cet amour est maintenant devenu sa drogue (une drogue qui ne fait pas de mal cette fois). Un bonheur qui fait plaisir à voir après tous les déboires et errances sentimentales qu’il a connues. Très émouvant ! Il achève son argumentation en déclarant que la prochaine chanson est dédiée à cette personne et qu’elle s’intitule My Elusive Drug. Quel délice d’entendre un titre encore jamais interprété sur scène, qui plus est en solo car il est vrai qu’il l’a déjà rodée avec le groupe. Les variations de tonalités et de rythme sont un vrai régal. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, il enchaîne avec Rocket Man. Nous étions restés un peu sur notre faim à Bayonne; ici, il ne pouvait se contenter d’une version minimaliste ! Nous sommes revenus en effet à une version plus conforme à nos attentes ! Une fois de plus, c’est sublime. L’improvisation est excellente; les accords s’enchaînent comme par enchantement ! Parfois, l’insistance et la répétition d’une note vient à nous faire imaginer l’écho d’un pulsar; la solitude du personnage en devient palpable. Une nouvelle version splendide de Rocket Man. S’arrêtera-t-il un jour ? Mais, comme si cela ne suffisait pas à notre bonheur, immédiatement après, il se lance, sans véritable répit, dans la version d’I’m Still Standing que nous avions tous découverte lors de son passage dans les arènes de Nîmes en juillet 2003. Pour être honnête avec vous, je dois avouer que j’ai trouvé cette version encore sublimée par rapport à la précédente, qui avait déjà atteint des sommets. Toujours cette magnifique intro, qui ne laisse en rien percevoir dans les premiers accords (sauf pour ceux qui l’ont déjà vécu bien évidemment !) de la suite des évènements. De nouvelles petites variations furent apportées. Dans le refrain, les « I’m still standing » sont toujours sur un rythme plus lent que sur la version originelle mais il se joue ici des « yeah yeah yeah » ! Dans la salle, on tape des mains; on montre son enthousiasme; une attitude peu commune certainement dans ce lieu devenu maintenant une salle de concert rock ! Après ces trois moments forts, on revient sur terre avec Tiny Dancer dont il rappelle au passage qu’il s’agit de la musique d’un film. Comme toujours lorsqu’il s’arrête en France, il poursuit avec Sacrifice pour lequel je retrouve de l’intérêt ces derniers temps ! L’interprétation n’a pas évolué. Classique, propre mais pas transcendant après ce que nous venons de vivre dans les minutes précédentes. Philadephia Freedom, autre grand classique des set lists eltoniennes, est une bonne surprise. Une nouvelles fois, de nouvelles petites variations ont été apportées (il me semble que la fin fut allongée) et cela rajeuni ce titre maintes fois entendus. A cet instant, Elton choisi de nous faire une autre agréable surprise en nous gratifiant d’un nouveau titre de Peachtree Road : Turn The Lights Out When You Leave. Si je dois avouer avoir un petit faible pour cette chanson de l’album, la version en piano solo live n’a rien a envier à celle en studio, remarquable avec la guitare de Davey. Elton a su combler admirablement l’absence de cette dernière. Certainement, une des plus belles ballades d’Elton de ces dernières années. Çà se laisse écouter religieusement. On repart dans une période intense émotionnellement avec l’enchaînement de titres comme Sorry Seems To Be The Hardest Word (Une clameur du public survint des profondeurs de l’obscurité) et Candle In The Wind. Sur ce dernier titre, incontournable au même titre que Your Song, on pouvait remarquer du balcon, le dessin d’un D de couleur bleue au niveau du piano. Bien qu’il s’agisse là de la version originelle, l’analogie avec la reprise pour les funérailles de Diana est évidente. Une fois encore, nous eûmes droit à I Guess That Why they Call it The Blues, qui elle aussi, eût le droit à de petites variantes, notamment avec une fin plus rageuse qu’à l’accoutumée. Tel un métronome (c’est peut-être à mon sens là un regret manifeste), il enchaîna avec un autre très grand moment des concerts solos : Carla Etude, suivi comme son ombre par Tonight. Malheureusement, à ce stade, nous sentons nos cœurs s’emplir inévitablement d’une certaine tristesse car nous prenons conscience que la fin est proche. Elle est cependant vite oubliée avec le bonheur de cette nouvelle interprétation. L’acoustique de la salle donne à ces deux morceaux, plus encore qu’aux autres, toute sa plénitude. Tout a déjà été dit et redit alors dans ces cas, il n’y a plus qu’à fermer les yeux pour savourer de tous nos sens, cette histoire musicale si triste et si intense. Le feu d’artifice n’est cependant pas terminé puisque suit tout de suite après, le fantastique, le génial, le démentiel Take Me To The Pilot. Au même titre que Rocket Man, nous savons tous désormais qu’il faut s’attendre au meilleur comme… au sublime. De nombreuses fois, j’ai souligné que, dans certains morceaux comme celui-ci, Elton atteint la grâce. Comment ne pas s’extasier devant tant de virtuosité ? On croit avoir tout vu sur ce titre et pourtant, il "tricote" à tout va. C’est un déferlement de notes qui s’abat sur nos oreilles. L’intro est encore plus longue que les fois précédentes, le refrain pourtant rythmé finit par en devenir, finalement, lent et fade ! Un seul petit regret, la conclusion n’est pas à la même hauteur que l’intro et nous n’avons pas eu le droit à l’inclusion de Song For Guy (dont je déplore qu’il ne la joue pas plus souvent sous nos latitudes !) comme ce fut le cas lors des concerts solos de la tournée d’été 2003. On en deviendrait exigeant ! A la fin du morceau, il lève de nouveau les bras en signe de force (il peut !) et va jusqu’à embrasser son piano. Une sorte de remerciement pour les traitements qu’il inflige à son vieux compagnon. Elton quitte la scène quelques instants et revient pour un premier rappel avec un autre incontournable Don’t Let The Sun Go Down On Me. Ce morceau apparaît tout à coup bien léger après ce que l’on vient d’encaisser. Une nouvelle fois, il quitte la scène pour en revenir tout aussi rapidement et là, au son de ses derniers mots de remerciement "Merci Paris ! J’adore ! J’adore la France. Merci", nous prenons conscience qu’il s’agira du dernier titre pour ce soir. Une dernière allocution où il mêle son récent voyage en Afrique du Sud et le danger de sauvegarder la nature, les forêts. Il annonce une chanson écrite par Tim Rice. Il conclue une nouvelle fois par un titre du Roi Lion, plus précisément Circle Of Life. Quelques regards, des saluts à son assistance (sans lui signer d’autographes) et le voilà qui disparaît définitivement dans les méandres des rideaux noirs qui bordent le côté de la scène. Voilà, il est 21 h 55 et le rideau se referme, à notre plus grand désespoir. On voudrait pouvoir prolonger le plaisir mais c’est impossible. Il faut se rendre à l’évidence : le spectacle est terminé. On a assisté une nouvelle fois à un superbe concert ponctué de quelques nouveautés du dernier album. Alors, on se dirige vers la sortie, on jette un dernier regard vers le piano qui nous a procurés tant de frissons. Les techniciens s’affèrent autour de lui avec le plus grand soin, comme une meute de gardes du corps ! Une Star à part entière ! Certains cherchent à récupérer quelques trésors, laissés par des spectateurs négligents. Nous redescendons l’escalier et en même temps de notre nuage. Il nous reste nos souvenirs, fraîchement ancrés dans notre mémoire et dont nous avons hâte de les partager avec les quelques fans que nous avions laissés à l’entrée. On se réunit autour d’une table d’un restaurant mexicain ; on commande quelques consommations et l’on se restaure tout en partageant nos impressions. On fait de nouvelles rencontres sympathiques. Bientôt, il faudra se quitter et la séparation n’en sera que plus douloureuse encore. On se quitte mais ce n’est qu’un au revoir car déjà, nos esprits se tournent vers le prochain concert, comme pour combler le vide laissé ce soir. Car, comme le dit si bien Pascal Obispo : "C’est çà être fan". Rendez-vous est pris le 24 mai 2005 à Bercy, avec le groupe cette fois, et encore merci Monsieur Elton pour la superbe soirée que tu nous as une nouvelle fois offerte. A bientôt… *** La Set List1 - Your Song2 - The Greatest Discovery3 - Border Song4 - The One5 - Someone Saved My Life Tonight6 - Ballad Of The Boy In The Red Shoes7 - Honky Cat8 - Daniel9 - My Elusive Drug10 - Rocket Man11 - I’m Still Standing12 - Tiny Dancer13 - Sacrifice14 - Philadelphia Freedom15 - Turn The Lights Out When You Leave16 - Sorry Seems To Be The Hardest Word17 - Candle In The Wind18 - I Guess That Why They Call It The Blues19 - Carla Etude20 - Tonight21 - Take Me To The Pilot22 - Don’t Let The Sun Go Down On Me
23 - Circle Of Life
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Thomas, Talence (France) - 24.01.05
Voilà c'était hier.
Troisième fois que je prenais rendez vous avec Elton, à l'Opéra National de Paris Bastille, après Bercy 2002 et Montauban 2003. Ce concert était de toute manière particulier car il s'agissait d'un concert de charité au profit de la fondation pour l'enfance. Petit flash back: 5h30: le réveil sonne, le grand jour est enfin arrivé, le train m'attend à 7h00 gare de Bordeaux, arrivée à Paris vers 10h30. Je m'installe dans mon hôtel et je vais à la découverte de la place de la Bastille ainsi que son Opéra. je passe l'après midi à flâner, puis rentre à l'hôtel me préparer. le concert à lieu à 19h30, je m'y rends 3/4 d'heure plus tôt. Les places étant chères (mais c'est pour la bonne cause), jusque 220 € !! je suis au balcon, mais connaissant les habitudes de ce cher Elton, j'ai bien pris garde de bien choisir ma place: résultat: 3eme rang à gauche; je surplombe ainsi le clavier et j'apprécierais ainsi les doigts agiles s'agiter sur le piano d'ici peu. L'atmosphère me plaît déjà. Le cadre de l'opéra est propice à une qualité sonore éblouissante, je ne serais pas déçu. 19h35 les lumières s'éteignent, Elton arrive sobrement sans musique introductive, habillé tout en noir avec des motifs jaunes orangés sur la manche droite et sur son dos, il s'installe au piano. 1ere seconde, 1ere surprise: Elton débute par "Your song", mais il n'y a aucune introduction musicale, la 1ere note jouée ce soir est sa voix accompagnée de son piano. Elton ne serait pas si pressé dans finir qu'il bâclerait ses musiques tout de même... la suite me donne largement tort!! Il enchaîne avec The Greatest discovery, une de mes préférées, juste après nous avoir annoncé qu'il chanterait ce soir deux chansons de Peachtree Road. Suivent le grand classique Someone save my life tonight. Bizarre, Tonight n'est pas interprété, quel dommage. Le magistral Honky cat avec l'impro qui y est maintenant attendue, je m'attends à Rocket man, Daniel suit... étrange, je suis déçu. Rocket man arrive enfin, quelle claque, je connaissait la chanson, je savais à quoi m'attendre en concert solo, mais l'acoustique était tellement phénoménale que j'en avais des frissons partout: Quel grand souvenir... Elton nous fait un discours en français qu'il terminera en anglais pour annoncer la prochaine chanson: il nous rappelle combien il est heureux avec David, qu'il est l'homme de sa vie, le fait qu'il est clean depuis près de 14 ans maintenant, voici my elusive drug, ma chanson préférée sur cet album. interprétation magistrale, il me fait vibrer. Au fait, au sujet de sa voix, j'ai eu l'impression qu'il était particulièrement en forme ce soir, avec énormément de variations tout au long du concert, ça ne fut jamais poussif. Je ne me rappelle pas de l'ordre exact ni de tous les morceaux, mais on peut citer ballad of the boy in the red shoes, tiny dancer, candle in the wind, philadelphia freedom, sorry seems to be the hardest word, bien sur I'm still standing ( e ne comprendrais jamais comment tant d'émotions peuvent sortir d'un homme et de son instrument), I guess that's why they call it the blues (magistral), sacrifice, the one (au début du concert). Ô Surprise, j'ai le plaisir d'entendre Carla Etude au bout d'une heure et demie de concert!!! Tonight suivra donc inévitablement... encore une prestation magistrale!!! Aussi Sir Elton nous livre une magnifique impro sur take me to the pilot qui clôture le concert avant les rappels. Rappels: d'abord don't let the sun go down on me, et là j'ai peur: il a été si juste depuis le début sa voix lui obéissait, il jouait même avec j'ai l'impression, qu'à un moment donné, sa voix à nettement cassé, mais il a 35 ans de carrière derrière lui et ça se sent; il s'est repris en suivant et la majorité du public a vite oublié ce petit incident. Enfin, pour conclure, circle of life, interprété sagement, au bout de 2h15 pour achever un public conquis depuis déjà bien longtemps. Conclusion: Elton dans un opéra, seul au piano... comment le transcrire par les mots... c'est impossible: l'acoustique, la présence scénique, la forme vocale en plus au rendez-vous, toutes les conditions sont réunies pour nous conduire au paradis. Cependant, il ne faut pas oublier qu'il s'agissait d'un concert de charité, et s'il n'y avait pas eu la phrase d'Elton "je suis heureux de le faire pour les enfants" et le maigre feuillet distribué à l'entrée, rien n'aurait permit de le deviner. Ce n'est qu'un petit reproche vis à vis de l'organisation, qui n'affecte nullement Elton dont la prestation a été tout simplement éblouissante, encore une fois. |
Les articles sur des concerts précédents:
- le concert de
Wembley (2004)
- le concert de
Bayonne (2004)
- le concert de Bercy (2003)
- un reportage sur
les concerts de Zurich, l'Olympia &
Bercy
- le concert de
Zurich (2003)
- le concert de l'Olympia (2003)
- le concert de Nîmes
(2003)
- le concert de
Taormina (2003)
- le concert du Lido (Paris)
(2003)
- un reportage sur la tournée "SFTWC
Tour 2002"
- le concert de Montréal
(2001)
- le concert de Berlin (2001)
- le concert de Charlotte (2001)
- le concert de Bercy (2001)
- le concert de l'Olympia (2000)
- le concert de Zurich (2000)
-
le concert de Stuttgart
(2000)
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