"Elton et moi..."

Jeff Bouquet - Les confessions d'un ami
 

 

Par Patrick Andrey,

Retour en arrière... il y a un peu plus de 25 ans

Nous sommes aux alentours de 1985. J’ai 15 ans et, ayant découvert Elton John depuis 2-3 ans, je cherche à lire tout ce qui est possible à son sujet. Evidemment, à une époque où Internet n’était encore qu’une utopie, trouver de quoi étancher ma soif de savoir était assez rare, surtout dans notre langue.

Un beau jour, mon amie Karine, également une grande fan d’Elton, me prête un livre qui va me faire rêver, me bouleverser et me conforter encore plus dans l’admiration que j’ai pour la star anglaise.

Ecrit par un certain Jean-François Bouquet, «Elton John, Le gentleman musicien» est une biographie dans laquelle le jeune journaliste raconte sa rencontre avec son idole et leur amitié naissante.

Paru en 1980 aux Editions Glénat, ce précieux livre est déjà introuvable en librairie 5 ans plus tard, à mon grand désespoir. A tel point que je du me résigner à le photocopier page par page (pas loin de 200 photocopies) !!!

J’ai depuis heureusement réussi à en trouver un exemplaire d’occasion que je garde maintenant jalousement dans ma collection.

Vous imaginez donc quel plaisir j’ai éprouvé quand Jeff Bouquet a gentiment accepté de répondre à une interview pour « Made In England ».

L'Interview de Jeff Bouquet

Salut Jeff et bienvenue sur "Made In England". Je te remercie de participer à cette interview où l'on va aborder ta relation amicale et professionnelle avec Elton John.

Pour commencer, pourrais-tu te présenter pour les lecteurs qui ne te connaissent pas ?
Merci tout d'abord de l'invitation. Je suis un journaliste musical, ex animateur de radios FM et producteur en télévision depuis 1989. J'ai écrit cette bio d'Elton que j'ai eu la chance de rencontrer en 1979 et avec qui je suis toujours ami. Cette bio est sortie en 1980.

Dans quelles conditions a eu lieu ta première rencontre avec Elton ?
en 1979, j'étais attaché de presse chez CBS disques. Un ami journaliste à Rock en Stock m'a dit qu'il venait de faire une interview d'Elton qui était à Paris et m'a parlé d'une soirée organisée en son honneur. Je l'ai supplié de m'emmener avec lui. à cette soirée, j'ai pu être présenté à Elton. Un peu plus tard dans la soirée nous sommes tous allés en boite et j'ai pu discuter avec Elton durant deux heures. Le lendemain j'étais convié à un dîner privé avec Elton et quelques personnes. C'est là que je lui ai dit que je désirai faire un livre sur lui.

Il était encore peu connu en France n’est-ce pas ?
Très peu en effet. Il était venu présenter son album "Single Man". Il fut très étonné de rencontrer un français qui savait tant de choses sur sa musique. C’est ce qui je pense à provoquer son intérêt à mon humble égard.

Etait-il enthousiaste à l'idée que tu lui consacres un livre ?
Très flatté oui car encore peu connu en France. Il était dans une période difficile sur le plan psychologique, très sensible et notre discussion lui avait fait du bien. Très vite nous sommes tombé d'accord pour que je puisse venir à Londres et chez lui à Windsor pour commencer mon livre.

Comment était-il à cette époque ?
Très dépressif. Mais sa gentillesse et sa simplicité m'ont tout de suite sauté aux yeux. Je n'arrivais pas à réaliser que j'étais assis avec Elton John et en train de lui parler comme si nous nous connaissions depuis toujours. Lorsque le lendemain de cette soirée, j'ai reçu un appel de son fidèle secrétaire Bob Halley pour m'inviter à dîner; j'ai failli croire à une blague!

Ses excès étaient-ils déjà très visibles à l’époque ? Tu évoques par exemple souvent dans ton livre sa forte consommation de « Cristal », un champagne hors de prix.
Un champagne qu'il m'a fait connaître et apprécier. Oui il était à fond dans les excès et paraissait terriblement seul et triste. J'ai été très peiné au départ de le voir ainsi et j'ai pris conscience que ce garçon n'était pas heureux malgré son succès mondial. Quelqu'un de très fragile mais de très doux et parlant calmement. Pour la petite histoire il m'a demandé si j'étais gay, j'ai répondu que non et nous n'en n'avons jamais plus reparlé. En revanche nous avons toujours respecté le mode de vie de chacun sans jugement ni tabou. Je pense que c'est aussi pour cela que nous sommes devenus amis et le sommes encore.

Il vivait donc déjà ouvertement son homosexualité à l'époque ?
Pas vraiment mais quelques mois plus tard il lâchait l'info dans la presse anglaise. Dans mon livre, il a tout de suite été d'accord pour qu'on en parle librement. De toute manière c'était un secret très mal gardé. Je crois que c'est la première star à avoir fait son coming out. Il en a été profondément soulagé

Quand tu as eu l’occasion de lui rendre visite chez lui, à Windsor, qu’a tu pensé de « Woodside », son manoir ?
J'ai été très impressionné en franchissant la grille du parc. Il m'a reçu avec tellement de gentillesse et de simplicité que cela m'a aidé à me comporter normalement même si je vivais un rêve. Sa maison était sublime. Une décoration très chic et soignée avec quelques pointes de folies qui faisaient très "rock star". Mais d'un goût sûr.
Je devais y passer tout un week-end et le samedi soir Elton m'a dit, « j'ai un ami qui vient dîner avec nous ce soir ». L'ami, c'était... Rod Stewart! Ce dîner restera gravé dans ma mémoire pour toujours.

Qu'est-ce qui t'a le plus impressionné là-bas ?
Sa collection de disques: 50’000 albums environ! Et en sous-sol, sa discothèque privée où 50 personnes pouvaient danser sans problème. Mais plus que tout, ce fut surement sa pièce de musique avec tous ses pianos.

Comment était son entourage alors ? Je pense par exemple à John Reid (son manager), Bob Halley (son assistant personnel) ou d’autres ?
Bob a toujours été adorable avec moi. En ce qui concerne John ce fut un peu plus compliqué au départ car il se méfiait du petit Frenchy qui venait troubler la vie d'Elton. Mais par la suite, il m'aida beaucoup à construire mon livre et à se confier.

As-tu aussi rencontré Bernie Taupin ?
Oui. J'ai rencontré Bernie à Paris juste après le concert d'Elton et de Ray Cooper au théâtre des Champs-Elysées. Nous étions à l'hôtel Plazza, dans la suite d'Elton et il m'a présenté Bernie et Ray. J'ai longuement parlé avec Bernie. C'est un type formidable, véritable poète et très sensible lui aussi. En revanche j'ai beaucoup ri avec Ray qui a un humour très british que j'adore. C'était difficile pour moi de rester "journaliste" et de vivre tout ça. Etre dans l'intimité d'Elton comme si c'était normal ne fut pas une chose simple à vivre au début. Mais par la suite je m'y suis fait et cela a été plus facile. Je n'ai qu'un regret: ne pas avoir de photos de cette soirée à l'hôtel !

C'est ce que j’ai surtout aimé dans ton livre: Le fait qu’il s’agit moins d’une bio que d’un témoignage de ta part. On avait l’impression de « vivre » cette magnifique rencontre par procuration. Etais-ce facile de faire publier un livre sur Elton John à l'époque en France ?
Lorsque j'ai compris qu'Elton m'offrait son amitié, j’ai eu envie de changer l'angle de mon livre. Je réalisais l'extraordinaire chance que j'avais et j'ai voulu la partager avec tous ses fans français. Elton m'a donné tellement que je voulais que les gens comprennent qui il était vraiment et comment il se comportait avec ses amis.
Ce ne fut pas très facile de trouver un éditeur à l'époque, en effet. Elton n'était pas encore une super star en France mais j'ai eu encore une chance avec Jacques Glénat qui aima l'angle du livre: Un fan qui devient ami avec son idole. Et puis je dois avouer que d'avoir la préface écrite par Pierre Lescure fut un gros plus (Rires).

J'imagine ! Quel succès a rencontré ce livre et est-ce que ça t’a aidé pour la suite de ta carrière ?
Un succès d'estime surtout. Nous en avons vendu 15’000 en tout je crois. Mais ce livre s'est révélé être une carte de visite extraordinaire par la suite. Si j'ai pu entrer en radio c'est grâce au livre. Si j'ai pu faire ma première émission de télé "Perfecto" sur la cinq avec Elton comme parrain, c'est encore grâce au livre. Je dois une très grande partie de ma carrière à Elton et je lui en serais éternellement reconnaissant.

Parlons un peu de sa musique : Quel est ton album favori et pourquoi ?
Question très difficile. Adolescent, j'étais en pension en Normandie. J'ai passé des soirées entières à écouter l'album "Elton John", son second, avec "Your Song". J'ai toujours pensé que cette chanson avait été écrite pour des gens comme moi. J’ai découvert Elton à 15ans lors d'un voyage à Londres. Alors, pour des raisons sentimentales, je dirais celui là. Mais j'ai une grande tendresse pour "Goodbye Yellow Brick Road" aussi. En fait, ses six premiers albums sont mes préférés. Après ce sont des titres par ci par là ...

Que penses-tu d’Elton John le show man ?
J'adore! J'ai pleuré la première fois que je l'ai vu sur scène. Son jeu de piano, ses costumes, son contact avec le public, sa sensibilité sur certains titres... Pour un garçon timide et réservé, il explose en scène oubliant tous ses complexes et ne pensant qu'à offrir le meilleur de lui à son public. J'ai un très grand respect pour le compositeur et une grande admiration pour le show man.

L’as-tu vu souvent en concert ?
Je dirai une bonne vingtaine de fois. Lors de sa tournée 85 où il donna cinq concerts à Bercy, j'y fus tous les soirs. Lors d'un de ces concerts il a dédicacé sur scène un titre pour ma fiancée et moi "One More Arrow" car Alexandra lui avait dit qu'elle adorait cette chanson. Lorsque nous avons entendu sa dédicace, nous nous sommes écroulés en larmes. C’est un souvenir d'une très grande émotion.
Je l'ai vu au théâtre des Champs, au Palais des Sports, à Bercy, en Belgique, à Disneyland Paris et en concert privé au Ritz pour Europe2.

On connaît l’affection qu’il avait pour France Gall et Michel Berger. Que sais-tu de leurs relations ?
En fait, j'en suis responsable ! Lors d'un séjour à St-Tropez en juillet 80, à la sortie de mon livre, Elton nous a invité Alexandra et moi à venir 10 jours dans la maison qu'il avait louée pour ses vacances. Un jour que nous étions en voiture on a entendu "Il jouait du piano debout" à la radio et j'ai dit à Elton qu'une rumeur courrait comme quoi ce titre avait été écrit en pensant à lui. Elton m'a dit « je veux les rencontrer ». La rencontre s'est faite quelques jours plus tard, chez Eddie Barclay. De là est née une belle histoire entre les deux musiciens et ensuite les deux duos avec France Gall.

Magnifique anecdote. Les deux pianistes que sont Elton et Michel Berger ont du bien s'entendre ! Elton aime-t'il la chanson francophone ?
Oui beaucoup plus qu'on peut le penser. Il avait aussi beaucoup craqué pour la chanson "J'veux de la tendresse" durant ces vacances. Il a repris le titre quelques mois plus tard en français et l'a adapté ensuite en anglais sous le titre "Nobody Wins"*. Il avait adoré la phrase "Je veux des enfants plein la maison, des rires et des chansons" chantée par Joelle Prevost.
* NB : La version française "J'veux de la tendresse" figurait sur la version française de l’album "The Fox" alors que la version anglaise "Nobody Wins" figurait sur la version internationale.

As-tu déjà eu l’occasion de parler avec lui d’autres personnalités françaises ?
En vérité pas beaucoup. On a souvent parlé des artistes avec qui Elton avait travaillé ou fait des duos et ils sont très nombreux. Elton m'a confié un jour que la chanson qui le touchait le plus était la reprise de Sinead O’Connor "Nothing Compares To You" de Prince. Il m'a aussi dit qu'il aimait ce que faisait Jean-Jacques Goldman en tant que compositeur et il avait une grande estime pour Yves Montant.
Berger restera je le crois son musicien français préféré.

Et dans l’autre sens, as-tu déjà eu l’occasion de parler de lui avec des personnalités françaises ?
Jean-Jacques Goldman m'a dit en télé qu'il respectait infiniment le musicien et le compositeur, même si sa personnalité était loin de la sienne (rires).

Oui, connaissant JJG on se doute bien qu'il puisse respecter Elton John le musicien, moins l'homme publique. Je suis agréablement surpris qu'Elton John apprécie aussi JJG.
C'est moi qui lui en avais parlé en lui disant que JJG était une valeur sure chez nous. Je crois qu'Elton aimait bien JJG physiquement aussi (rires).

J'espère que tu ne l’as jamais avoué à JJG (rires) ?
Non JJG ne l'a jamais su! (rires).

Parle-nous de ton reportage diffusé au début des années 90 sur France 2 ?
Là encore c'est une très belle histoire. Nous étions en 1991 et je produisais Giga une émission quotidienne pour les jeunes sur France 2. La chaîne me dit qu'ils ont une case de libre le mardi soir pour faire des portraits d'artistes en 52mn. Ils me proposent d'en faire un avec Elton, connaissant ma position de biographe.
Deux jours après, mon frère ainé Patrick décède. Je suis totalement effondré. J'appelle Elton à Londres pour le lui dire car il avait rencontré mon frère lors d'une soirée que j'avais organisé pour mon anniversaire. Elton me répond qu'il est profondément triste de la nouvelle et me dit que ce serait une bonne et belle idée de faire cette émission et de la dédicacer à mon frère. Chose que nous avons faite. Elton a été disponible, gentil, calme et adorable durant tout le tournage. Je n'ai jamais oublié cette belle preuve d'amitié.

Il s'était pourtant en quelques sortes retiré de la vie publique depuis quelques temps pour des problèmes personnels non ?
C’était à l'occasion de la sortie de son double "Very Best Of" et le tournage a été fait en 12 heures à Paris.

C'était une belle preuve d'amitié en effet. Il ressortait de ce reportage une immense mélancolie.
Oui et lorsque j'ai tourné ce portrait j'ai eu l'exclusivité d'Elton durant 9 mois car personne n'avait pu l'avoir. Même Drucker en a été malade! Mais entre Elton et moi, il y avait ce lien que les autres n'avaient pas et cela a fait toute la différence. Même sa maison de disques n'en n'est pas revenue car il avait dit qu'il ne voulait rien faire.

Quel était le titre du documentaire ?
"Promenade d'un chanteur solitaire". En fait l'idée était qu'Elton se promenait dans Paris et repensait à sa vie, son parcours, sa carrière. Je dois dire avec une certaine fierté qu'Elton a beaucoup aimé le résultat. Mon équipe n'en revenait pas de sa gentillesse et de sa simplicité durant le tournage. à la fin il a accepté de faire une photo avec toute l'équipe.


Elton pose avec Jeff et l'équipe de tournage du reportage "Promenade d'un chanteur solitaire"

Grâce à ton métier, tu as rencontré des légendes vivantes, n’as tu jamais été déçu en les découvrant « pour de vrai » ?
A chaque rencontre je le craignais en effet. Mais cela a toujours été magique. Une exception cependant : Richie Blackmore de Deep Purple qui n'aime pas les français et me l'a fait comprendre tout au long de l'interview. Mais en général, ce n’était que du bonheur. Grace à Elton j'ai pu en rencontrer beaucoup car il avait parlé de moi et mon émission Perfecto à certains d'entre eux. Cela m'a beaucoup aidé pour avoir Phil Collins, Paul Mc Cartney et Brian May entre autres.

Qui t’a le plus marqué parmi ces superstars et pourquoi ?
Trois sans hésitation ! Paul McCartney pour sa simplicité, Phil Collins pour sa gentillesse et sa politesse et Keith Richard pour son humour très rock n' roll. Plus ils sont grands, plus ils sont humbles surtout les anglo-saxons. J'ai eu la chance de rencontrer beaucoup de grands que j'aimais et sans doute que mon côté passionné de musique les a touché. Quand tu sais de quoi tu parles et que tu le fais avec respect tout se passe bien en général.

Pourquoi Elton n’a-t’il pas « la carte » ? En d’autres termes, pourquoi n’est-il pas aussi crédible qu’un McCartney, un Jagger ou un Bowie auprès de la presse spécialisée ?
Je ne peux pas répondre à cette question. Je laisse mes confrères libres de leurs choix mais Elton a sans doute énervé certains avec sa démesure et son décalage. Et puis il n'a jamais eu le côté rebelle.

Tu es toi-même reconnu comme un des pionniers de la presse hard rock et Metal en France, ton amour pour la musique d’Elton n’a-t’il pas paru… décalé ?
Oh lala ! J’ai même été insulté à l'époque par certains hard rockers un peu bas du plafond (rires). J'ai toujours aimé Elton mais cela ne m'empêche pas d'écouter beaucoup d'autres choses. J'aimais le côté sauvage du hard dans les années 80 et jamais Elton n'en a été étonné. Lui a écouté de tout aussi. Il a même joué du piano sur un Album de Saxon, ce qui prouve son ouverture d'esprit. Il a même joué sur scène avec les Guns and Roses, c'est dire (rires). Tu sais il n'y a que les français pour mettre des étiquettes sur tout, ce qui m'a toujours énervé!

Quel est le trait de la personnalité d'Elton que tu préfères ?
C’est sans aucun doute son incroyable générosité. On parle souvent de ses exubérances et dépenses folles mais c'est oublier tout ce qu'il donne aux associations diverses.

Tu as récemment participé à un reportage sur Elton pour « Direct Star », as-tu d’autres projets en réserve le concernant ?
Pour l'instant je n'ai pas de projet le concernant, à moins que je trouve une chaîne qui serait ok pour m'envoyer à Las Vegas faire un reportage sur son "One Million Piano Show". D'un autre côté, j'aime aussi l'idée que nous avons fait beaucoup de choses ensemble et que maintenant on peut se voir entre amis sans camera entre nous.

Connais-tu David Furnish et que penses-tu de la venue de Zachary et du nouveau rôle de père d’Elton ?
Je n'ai rencontré qu'une seule fois David et assez brièvement. Je crois qu'au début il a pensé que j'étais un ex d'Elton, (rires) mais quand Elton lui a dit que j'étais son biographe français et ami depuis 80, il est devenu plus détendu. David a calmé les démons d'Elton mieux que personne et leur bonheur n'est pas une comédie. L'arrivée de Zachary est un évènement gigantesque dans la vie d'Elton puisqu'il en rêvait depuis 25 ans. Quand je suis devenu Papa, il m'a félicité et m'a dit qu'il m'enviait. C'est dire ô combien, cela le touchait.

Avant de terminer, peux-tu nous raconter une anecdote amusante ou inédite à son sujet ?
Tu veux une anecdote? Le jour de mes 27 ans, je fêtais aussi la sortie de mon livre. J'avais organisé une petite fête avec ma mère, mon frère, ma soeur et des amis très proches. Elton était à Paris à cette époque où il louait un appartement boulevard Maillot. Alexandra, ma fiancée, lui en a parlé et sans rien dire à personne, il est venu à ma soirée avec Bob Haley. Lorsqu'il est arrivé, tout le monde était par terre! Il a été adorable avec tout le monde et a embrassé ma mère en lui disant qu'il m'aimait beaucoup. Ma mère lui a répondu qu'elle aimait beaucoup sa musique et était fière de notre amitié. Quand, il est reparti, il a écrit sur une porte "le gâteau était très bon" et a signé. Ma famille et mes amis ont été sous le charme toute la soirée et m'en ont parlé pendant des années après.

Quels sont vos rapports aujourd’hui avec Elton et est-il différent de l’homme que tu as rencontré en 1979 ?
Un peu plus éloignés car on se voit un peu moins à cause de sa vie à Las Vegas entre autre. Mais on se voit quand on peut. Notre dernière rencontre remonte à début 2010. Mais l'amitié reste et c'est le principal. Pour répondre à ta question je dirai qu'il s'est assagit. Qu'il a combattu ses démons avec succès, qu’il a trouvé l'équilibre avec David, son mari et réalisé son plus grand rêve devenir Papa. C'est aujourd'hui un gentleman anobli par la Reine, un homme engagé dans la lutte contre le sida et un artiste comblé. Je dirai que la différence fondamentale avec 1979, c'est qu'aujourd'hui, il est heureux.

Cher Jeff, au nom des visiteurs de «Made In England», je te remercie pour ta gentillesse et ta disponibilité. Au fait, as-tu déjà eu l’occasion de visiter mon site « www.eltonjohn.ch » ?
Oui, bien sur, je vais jeter un œil de temps en temps sur ton site qui, je dois l'avouer, est très bien fait et est complet au possible.
Cela a été un plaisir de répondre à tes questions car je sais ô combien tu aimes Elton. Et comme dit le proverbe: "les amis de mes amis sont mes amis". Bonne continuation et à bientôt sans doute.
 

Quelques photos de Jeff


La première rencontre entre Jeff et Elton


Elton, Jeff et Alexandra


Avec Keith Richards


Avec Sir Paul McCartney


Avec Jean-Jacques Goldman


Avec Eddy Mitchell & Johnny Hallyday


Jeff de nos jours

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