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Archives, Mars 2004

28.03.2004

Elton en 5.1

Le premier album d'Elton John sorti en son surround 5.1 (donc enregistré sur 6 canaux au lieu de 2 pour le son stéréo, en format SACD, puis plus récemment en DVD Audio), est "Goodbye Yellow Brick Road". Il a été remixé par Greg Penny, également producteur de "Made In England", qui va également s'occuper prochainement de remixer les plus grands albums classiques d'Elton.

Dans le dernier numéro du magazine spécialisé américain "Soud and Vision", un article parle de la conférence internationale sur le son surround qui s'est tenue à Beverly Hills. En voici un extrait à propos d'Elton:

"L'on attends également plus de titres d'Elton John, parmi lesquels Madman Across the Water et Honky Chateau. Le remixeur Greg Penny a décrit la réaction d'Elton qui entendait la version surround de Goodbye Yellow Brick Road pour la première fois: "Du début à la fin, il n'a pas bougé de sa chaise, fixant le haut-parleur central. C'est comme s'il se regardait dans un miroir. Il l'a simplement adorée. Il a appelé Bernie Taupin et lui a dit: 'Tu dois absolument entendre ça'". Mais il y a eu un problème à la conférence. L'ingénieur Ed Cherney se lamentant que, contrairement à Elton, "La plupart des artistes sont morts de peur à l'idée du son surround. Ils ne l'on pas compris".

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28.03.2004

Le Roi Lion 3: Un titre inédit d'Elton John

Si vous  ne l'avez pas encore fait, foncez vers votre magasin de DVD favori ou sur Amazon.fr pour acheter le nouveau dessin animé de Disney: "Le Roi Lion 3: Hakuna Matata" (The Lion King 1/2 en V.O.), vous ne le regretterez pas.

Pour commencer, le film en lui même est très amusant et, une fois que vous l'aurez vu, vous ne pourrez plus revoir le premier du même oeil (pour ceux qui ne le savent pas, le 3 explique l'histoire du premier mais du point de vue de Timon et Pumbaa).

De plus, ce film est techniquement très réussi avec des images splendides, dignes du premier (ce qui n'étais pas le cas du second) et il contient des chansons très sympas, en particulier celle de Timon "Digga Tunnah Dance" (Creuse un tunnel).

Ensuite, et vous allez le lire ici en première mondiale (si, si, cherchez bien, personne d'autre n'en a encore parlé) ;o),  il contient la chanson "That's All I Need", un titre inédit de Sir Elton John et Tim Rice.


Image tirée du "Making-of" sur le second DVD du Roi Lion 3

Alors si vous aimez l'humour potache de Timon et Pumbaa (vous me direz des nouvelles de la scène du Jacuzzi) vous savez ce qu'il vous reste à faire...

PS: Pour les amateurs, la B.O. est également sortie dans le commerce, avec le titre inédit d'Elton John, avis aux collectionneurs.

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26.03.2004

Elton à Vegas: Il se raconte

Le site anglais http://www.telegraph.co.uk a publié une interview très intéressante dans laquelle Elton parle de sa vie de manière très franche. Il y aborde sa série de concerts à Las Vegas, sa vie actuelle, son prochain album et ses anciens démons.

Au lendemain du 57ème anniversaire d'Elton, voici cette interview traduite en français (et ce fut long !!!) en cadeau aux visiteurs de MIE, enjoy ;o)

* * *

Elton John explique à Neil McCormick que, bien qu’il aime toujours jouer en public, il y a une part de lui qui préférerait s’éloigner des feux de la rampe.

Sir Elton à Vegas. Cela semble si ridiculement opposé ! Lors des trois prochaines années, cette brillante ville-néons, éclairant les nuits du désert du Nevada telle une étoile artificielle, sera l’hôte de l’un des artistes les plus extravagamment talentueux de notre époque, un colosse de la pop de 57 ans qui a parcouru les décades musicales chaussé de gargantuesques Platform-Boots et portant des lunettes à paillettes multi-colores.

Elton John et Arthur l’épagneul: “J’adore tout simplement faire de la musique”

Là, dans la vaste étendue « kitcho-Romaine » du Caesar’s Palace, au beau milieu de la cacophonie des tables de jeux, roulette, craps, poker et autres Black-jacks, au beau milieu de ces dames avec leurs grandes chevelures nourrissants de Dollars frais des bandits-manchots affamés, au beau milieu de ces gladiateurs aux muscles rebondis lubrifiant l’inexorable chute vers la ruine des joueurs grâce à des cocktails servis avant le petit-déjeuner, il est là, mesdames et messieurs, en ces lieux auxquels il a toujours appartenu. Pour sûr, si Vegas est certainement le cœur sombre du rêve américain, eh bien Elton, le dernier des grands dépensiers, devrait trouver dans ces allées commerciales élaborées et dans ces luxueuses boutiques de designers une sorte de foyer spirituel.

Pourtant, ce n’est pas le point de vue d’Elton. « Avant cette semaine, je n’avais jamais passé une nuit complète à Vegas » déclare-t-il, allongé sur un élégant sofa blanc situé dans sa loge du Colosseum, juste avant la première de son show qu’il va jouer 75 fois sur trois ans pour $750'000 par spectacle (plus des extras). « Ce n’est pas vraiment mon endroit favori ».

Je suis obligé de vous signaler que quand Elton fait cette déclaration, son visage est recouvert d’une épaisse couche de maquillage, prêt pour son concert, lui donnant la brillance presque plastique d’une statue de cire. Et (avant de se changer pour sa tenue de scène), il se relaxe dans un survêtement brillant blanc et bleu du même genre que ceux de la fin de la période Elvis. Sa loge, si bien garnie de magnifiques fleurs qu’il plaisante en disant qu’« elle sent comme une chapelle funéraire », est entièrement réalisée en noir et rouge, avec un étalage d’effets lumineux kitch composé de lueurs colorées sur des surfaces brillantes. Une grande valise métallique est peuplée de la collection personnelle de figurines colorées d’Elton représentant des célébrités de tous bords, qui voyage partout avec lui. Elle comprend au moins 100 modèles de 15 centimètres, incluant la famille Osbourne, toute une gamme d’Arnold Schwarzenegger, les Beatles, les Monkees, George Michael, Billy Joel et même un Elton qui, il le fait remarquer, est plus petit que tous les autres, lui donnant l’apparence d’une sorte de gnome Elton. Toutefois, malgré l’ambiance joyeusement futile qui compose l’entourage d’Elton, l’homme en lui-même est solide et substantiel. Il a une aise, une attitude relaxée, sans airs évidents et suffisants.

« Les gens me comparent à Liberace, mais je ne suis pas vraiment un mec vulgaire dans une vie normale » déclare-t-il de manière terre-à-terre. « Je ne pense pas que l’on puisse me décrire comme fou, même quand j’étais au Troubadour Club, vêtu d’un long short moulant et de bottines et bondissant en l’air sur un piano ! C'était juste quelque chose que j'ai dû sortir de mon système, mais la musique n'était jamais sans profondeur ou idiote. Il y avait beaucoup de magnifiques chansons avec de superbes textes, remplis de significations importantes, écrits par Bernie Taupin ».

Depuis que le gras Elvis s’était autodégradé pour les Dollars du jeu, Vegas est devenu synonyme d’une sorte de mort créative, un lieu où les talents qui avaient pu briller auparavant étaient parqués au nom de la nostalgie. « J’avais l’habitude de dire que si je finissais un jour à jouer du piano à Vegas, vous pouviez me descendre » rigole Elton. « Mais je ne savais pas alors si j’avais imaginé que je jouerais toujours à 57 ans ».

Alors, vous vous demandez peut-être ce qu’Elton fait actuellement à Vegas ? La réponse est prosaïque. « Je travaille ».  Et c’est ce qu’Elton fait ces jours. Il travaille. Il se trouve que son travail c’est la musique et que la musique c’est sa vie. Évidemment, il y a aussi un temps pour l’amour, l’art, le sport : Toutes ces choses qui intéressent Elton. Mais c’est surtout, dans ses propres mots, « musique, musique, musique ». À l’instant où j’arrive en coulisses, juste une heure avant qu’il ne monte sur scène pour donner l’un des spectacles les plus élaborés de sa carrière, la seule chose dont il veut parler avec moi c’est quels nouveaux albums j’ai écoutés, quels artistes j’apprécie, qu’est-ce que je pense de tel auteur ou tel groupe. « La musique est la chose la plus joyeuse au monde pour moi » m’explique-t’il, « Je ne peux imaginer ce que serait ma vie sans elle. Elle me lave l’esprit. Elle me nourrit. Elle m’est tout simplement nécessaire ».

Rien que dans le courrant de la dernière année, il a écrit, de son propre aveu, quelques 60 chansons: Deux comédies musicales (Billy Elliot, avec des textes écrits par le scénariste Lee Hall, qui fera sa première au Old Vic à Londres cette année et The Vampire Lestat, avec des textes de Bernie Taupin, prévu pour débuter à Broadway en 2005), une poignée de chansons pour des bandes originales de films et un nouvel album, qui est en cours d’enregistrement. « Cela a été la période la plus prolifique de ma vie » remarque-t-il. Il a également tourné régulièrement, parfois avec son groupe, parfois en double affiche avec Billy Joel, parfois avec un orchestre et parfois complètement seul. Et maintenant il est à Las Vegas pour ajouter encore à sa charge de travail, remplissant le trou laissé par Céline Dion durant la pause qu’elle s’octroie en ce moment de sa résidence au Colosseum.

« J’ai tellement d’options, c’est pour ça que ça reste intéressant. Ces dernières années, j’ai vraiment adoré jouer en public. Ce qui est aussi un problème car je suis souvent sur les routes et quand on a une relation avec quelqu’un, et une relation très proche, ça peut créer des épreuves ». Il fait référence à David Furnish, son partenaire depuis 11 ans. « David travaille, il est producteur de films, il a une vie à Londres, donc l’un de ces jours je vais devoir dire stop. Mais ça sera dur car je suis drogué de la scène ».

C’est un choix révélant de mots. Assis backstage, parlant des auteurs qu’il apprécie (pour la petite histoire, Ryan Adams, Rufus Wainwright, John Mayer, Damien Rice, Tom McRae et Beth Orton). « Ce ne sont pas mes pairs qui m’inspirent. Je veux dire, les Springsteens, les Stings, sont de géniaux musiciens et j’aime ce qu’ils fonts mais ce sont les jeunes qui m’inspirent. J’aime découvrir des trucs nouveaux et il y a tellement de choses merveilleuses à trouver là », un serveur élégamment vêtu d’un smoking blanc m’apporte une flûte de Champagne mais le tend par erreur à Elton. « Oh, ne me donnez surtout pas ça, pour l’amour de Dieu ! Vous me feriez recommencer ! » dit Elton en souriant. 

Et nous avons tous ri. Mais c’est un sujet sérieux. Elton John, après tout, est peut-être le plus célèbre alcoolique et drogué guéri dans le monde. Il a passé par des décennies d’abus de cocaïne et d’alcool avant d’émerger fièrement clean et sobre à l’âge de 43 ans. « Je ne trouve pas que ce soit particulièrement dur de ne pas boire ou de ne pas prendre de cocaïne mais il y a des moments où je me dis "Mon Dieu, ce que j’aimerais avoir un verre de vin rouge" » confesse-t’il. « C’est la seule chose qui me manque réellement. La plupart de mes amis boivent. David boit. Et je l’aime. Je peux avoir une bière sans alcool, ce dont je suis devenu connaisseur, et les meilleures sont vraiment excellentes, mais il y a des moments où un verre de vin rouge serait parfait. Et peut-être bien qu’avant ma mort, je l’aurais ce verre. Mais la vie a été tellement belle depuis que j’ai arrêté, pourquoi tenter le diable ? Je me connais. Je ne peux pas avoir qu’une seule pièce de quoi que ce soit ».

Elton est un individu extrêmement candide. Posez-lui une question et il vous donnera une réponse directe. Pas nécessairement une réponse très profonde. Malgré une vie de célébrité, des années de thérapie et la discipline psychologique des Alcooliques anonymes, Elton ne semble pas être un individu particulièrement absorbé par lui-même, s’analysant tout seul. « Je suis très bien dans ma peau et je n’ai aucune raison d’en douter » dis-il. Parlant de son homosexualité, il remarque, « Si je ne suis pas sorti du placard avant une interview dans Rolling Stone en 1976, c’est parce que personne ne m’avait posé la question auparavant. Je pensais que les gens le savaient. Ma famille n’avait pas de problème à ce sujet. Ce fut un tel soulagement quand je le leur ai annoncé. Et je me souviens de ce jour très très bien. Ce fut une immense épreuve pour moi, j’étais très perturbé, mais ils s’en doutaient de toute manière. C’est un tel soulagement pour moi de l’avoir déclaré alors que je vois tellement de gens dans notre business, spécialement des acteurs, qui n’osent pas s’afficher ouvertement car ils pensent que ça va ruiner leur carrière. Ce choix est soit celui de vivre dans un mensonge et de couvrir votre piste, ce qui se résume à se comporter comme un drogué, ou soit de vivre simplement votre vie ouvertement, et c’est l’un des plus beaux cadeaux que je n’aie jamais eu. Ma vie est ouverte ».

Malgré cette franchise, ou peut-être à cause d’elle, il est curieusement difficile d’aller profondément en dessous la surface d’Elton, de trouver comment il fonctionne. Quel est le moteur qui l’a propulsé à travers plus de trois décennies de succès populaire ? Evidement, Elton a eu des problèmes émotionnels avec un père distant (quand il se réfère à ses parents, il précise qu’il parle de sa mère et de son beau-père, ils ont d’ailleurs tous deux assisté à sa première à Vegas), qui ont peut-être inspirés son besoin d’aller en direction de la scène. Il est de notoriété publique qu’Elton n’a pas assisté aux funérailles de son père. Toutefois, le désintérêt poli qu’il marque aux questions qui concernent cette relation suggère qu’il n’est pas aigri au sujet de cette plaie émotionnelle. « Certains disent que quand tu deviens sobre, il te reste un vide à combler. Mais je pense que mon vide était déjà rempli par la musique. Le miracle c’est que même quand j’étais complètement pété de drogues, je m’arrangeais toujours pour faire des tournées et enregistrer des disques. J’aime simplement faire de la musique » déclare Elton.

Les débuts d’Elton à Las Vegas peuvent être qualifiés de spectaculaire triomphe, une folie multimédia, même les vétérans de la ville confessent n’avoir jamais rien vu de tel auparavant. La scène est couverte de néons qui semblent bons pour la casse, l’un d’entre eux forme le mot « cock » (qui désigne en anglais argotique l’attribut sexuel masculin) en clignotant  sur le signe apparemment défectueux « cocktail ». Dans le même temps, d’immenses baudruches gonflables apparaissent des manière intermittente, telle une paire de seins plantureuse qui descend du plafond pour accompagner la prestation filmée de Pamela Anderson, en danseuse de bar à striptease, projetée sur l’écran géant en accompagnement de « The Bitch is Back ». C’est l’un des films à sensation qui procurent un contrepoint coloré, spirituel ou (de manière plus inattendue) émotionnel à la liste des titres comprenant les morceaux les plus solides, les chansons les plus substantielles (pas de duos avec Kiki Dee ici) interprétés par Elton et son groupe de quatre musiciens.

« La plupart des shows de Vegas traitent de l’évasion : Disons donc que nous sommes à Broadway ou à Paris » remarque le photographe et directeur vidéo David LaChappelle, à qui Elton a confié la création des visuels du spectacle. « Mais j’adore l’idée d’Elton John à Vegas. On a alors placé un piano rouge, symbolisant l’amour, sur scène, entouré de symboles des excès de Las Vegas; chaque obsession est représentée en néon: Sexe, drogues, alcool, égocentrisme, shopping, toutes ces envies qui comblent un manque, en substitution à l’amour. Et ils arrivent la première fois quand Elton interprète "I Want Love". C’est une chanson si puissante. Elton n’est pas un interprète monocorde. Il peut être très étincelant extérieurement, "The Bitch is Back" en pleine face, au-dessus de tout, et en même temps il peut jouer "Daniel" et "Don't Let the Sun Go Down on Me", des chansons vraiment profondes et sans ironie ».

Évidemment, ce sont les chansons d’Elton qui offrent un battement de cœur au spectacle. Il est présent depuis si longtemps, il est très facile de penser qu’il fait partie des meubles. Avec plus de 60 millions d’albums vendus et un titre au top-40 chaque année depuis 1970, ainsi que le single le plus vendu de l’histoire – 33 millions de copies de "Candle in the Wind", son hommage à Diana – il commence à être perçu comme le « Roi du milieu du chemin ». Mais quand il est au meilleur de sa forme (comme pour son premier album "Elton John" ou pour son dernier "Songs from the West Coast"), Elton est considérablement plus que ça. C’est un chanteur-compositeur véritablement idiosyncratique et original, capable de ciseler des chansons ambitieuses qui s’étendent entre l’intime et l’épique, incorporant souvent des arrangements peu conventionnels de cordes, fréquemment soutenues par le martèlement du piano et ornées d’harmonies gospels passionnés. Quel canon de travail dans lequel il peut puiser ! "Tiny Dancer", "Philadelphia Freedom", "Your Song", "Believe". Et comme il le fait remarquer, « Il y a tellement de chansons, on aurait pu en faire deux ou trois spectacles différents ».

Le groupe d’Elton (dont certains membres le suivent depuis les années 70) joue avec une décontraction entretenue grâce à l’habitude, faisant évoluer les dislocations éthérées de "Rocket Man" en une épopée de l’époque spatiale, mettant en valeur les effets vocaux d’un Elton dont la voix de fausset solitaire sur disque a été remplacée par les gémissements d’un bluesman. « À chaque fois que je lis les critiques de concert, ils disent "Bon, il ne peut plus atteindre les notes les plus hautes" » , précise malicieusement Elton. « J’ai subi une opération en Australie en 1987, ça a abaissé le timbre de ma voix et j’y ai perdu mon côté fausset. Quand je réécoute mes vieux disques, je ressemblais à un castrat. Je préfère nettement ma voix actuelle, elle est plus profonde, elle a plus de résonance et je suis un bien meilleur chanteur que je ne l’étais ».

La réception donnée après le spectacle s’avère prodigieusement somptueuse, une affaire de champagne et de caviar avec une assistance VIP. Avec une Pamela Anderson en forme (et en dévoilant beaucoup), aussi brillante et pneumatique que son double gonflable sur scène, alors qu’elle se fait prendre en photo avec tout le monde et n’importe qui. Michael Douglas et Catherine Zeta Jones semblaient un peu mal à l’aise alors que Pammie mélangeait ton son glamour égal à celui d’un camion poubelle à leurs guirlandes de Hollywood. Sharon Osbourne, décharnée et féroce, escorte son fils Jack, grassouillet et grincheux. Christina Aguilera, les cheveux coiffés en boucles noires, une robe s’accrochant à chaque courbe, serre la main d’un jeune homme efflanqué portant une fine moustache qui a de toute évidence été entretenue depuis l’adolescence.

David LaChappelle, arborant un arrangement légèrement plus élégant de poils faciaux, tient sa cour à une table de beaux garçons. L’un d’entre eux, répondant au surnom de "la grenouille", avait prémédité une invasion de la scène pendant "Saturday Night's Alright for Fighting" mais les gardes de scène ont fondus sur lui à ce moment pour son plus grand malheur. « J'ai bien essayé de leur expliquer que je faisais en quelque sorte partie du spectacle mais c’est assez difficile de parler avec une main enfoncée sur son visage » explique la grenouille. « J’ai cru qu’Elton avait commencé avec cette image du Roi Lion mais il en était encore loin ! ».

Il y a une certaine excitation quand la star du show arrive enfin. David Furnish est à son bras, souriant brillamment d’un air débonnaire, mais Elton semble clairement mal à l’aise alors que ses invités tourbillonnent bruyamment autour de lui, trinquant et le félicitant. Son sourire est serré et ses yeux cherchent constamment la sortie. Puis, soudainement, il n’est plus là.

« Les fêtes de ce genre sont difficiles pour moi » me dira-t-il par la suite. « Les gens boivent et s’amusent et je me sens comme le type étrange de sortie. Je dois y aller et trinquer mais je file aussi vite que possible. David et moi sommes simplement rentrés dans notre suite et nous avons commandé des sandwiches ».

Le lendemain matin, j’ai fait une course vertigineuse dans l’ascenseur menant à la suite en terrasse du 29e étage de la tour du palace. La lumière du soleil ruissèle à travers les fenêtres qui offrent une vue à couper le souffle sur les montagnes du Nevada. Dans ce qui semble être l’un des grands salons, décoré avec goût, la photographe d’art renommée Sam Taylor-Wood est absorbée par une conversation avec David Furnish tout sourire. Elton possède l’une des plus belles collections mondiale de photographies et a dépensé une petite fortune pour acquérir son travail. Sam Taylor-Wood a fait par la suite partie de son cercle d’amis intimes, s’occupant des photos de son dernier album et réalisant ses clips. David s’interrompt pour me guider dans un long corridor au bout duquel se situe une porte d’où un épagneul noir et blanc s’échappe soudainement, bondissant à notre rencontre avec une chaussette serrée dans sa mâchoire. C’est alors qu’une silhouette étrangement large et ovale apparaît à la porte, gesticulant de manière comique un bras impérieux en l’air et hurlant « Arrêtez ce chien ! ».

Elton semble énergique et il a l’œil brillant ce matin. « Il y a certains avantages à ne pas boire » souri-il. « Je ne me sens pas comme une merde, j’ai une journée complète et je peux me souvenir de ce que j’ai fait le soir d’avant ». Étant juste tombé du lit pour notre interview de 9 heures, j’essaye de ne pas le prendre comme une réprimande personnelle. Elton m’escorte gentiment dans un bureau spacieux dominé par un ensemble stéréo avec d’énormes haut-parleurs et demande à son assistant personnel (un joyeux type nommé Bob Halley qui fait tout pour lui, de retirer la chaussette de la gueule du chien à appliquer le maquillage sur le visage d’Elton pour la séance photo) d’apporter un peu d’eau, ce j’ai clairement besoin. Elton lui est debout depuis 7 heures et il a déjà joué une partie de tennis.

Je lui demande « Jouez-vous avec David ? »« Mon Dieu non ! » grogne Elton. « Ce serait le meilleur moyen de ruiner une relation. J’ai mon propre prof. de tennis ». Évidemment qu’il en a un.

Pendant le déroulement de notre conversation, il devient évident qu’Elton accumule une quantité presque impraticable d’activités dans sa vie quotidienne. Il organise des réunions régulières avec le curateur de sa collection de photographies dont il est particulièrement fier « Il n’y a pas une semaine qui se passe sans que je n’achète une photographie, spécialement par de nouveaux artistes. J’ai une grande collection ancienne, mais j’aime aussi aller dans une galerie et découvrir quelque chose qui n’a pas encore fait surface ». Il a une collection d’art majeure, comprenant des œuvres des plus grands peintres de l’histoire « J’ai une soif pour la beauté. C’est quelque chose qui me fascine. Je n’y avais pas pris garde avant, j’étais trop occupé à faire de la musique et à prendre des drogues » et, plus étrangement, de porcelaines « à 11 heures du soir, vous me trouverez généralement plongé dans un catalogue de porcelaine de Sotheby’s ou de Christie’s ».

« C’est Gianni Versace qui m’en a donné le goût » dis-il, se lançant dans une imitation affectueuse de son regretté grand ami : « "Tu es assis dans ta chambre d’hôtel toute la journée à regarder la TV. Viens avec moi. Je te montrerais une grande mosaïque, juste une mosaïque, mais c’est magnifique, tu dois la voir !". Je n’aurais jamais voulu aller dans une galerie d’art ou un musée, ma vie était une sorte d’abysse artistique, à part pour la musique. Maintenant David et moi avons un appartement à Venise, nous sortons à 11 heures, allons visiter toutes les églises que nous aimons, nous nous asseyons et regardons les choses les plus incroyables ». Son partenaire, il l’admet, ne le soutient pas toujours dans ses pulsions incessantes à tout acquérir. « David vient parfois sur le sujet du train de vie prodigue que nous menons. Il me dit "As-tu réellement encore besoin d’un vase de plus ?” et je n’en ai certainement pas besoin. C’est quelque chose que je dois probablement surveiller. Mais j’aime collectionner de nouvelles pièces d’art réalisées par de nouveaux artistes du verre. C’est comme s’il manquait une partie de moi avant que je ne sois sobre, donc j’essaye de rattraper le temps perdu ».

Elton aime également aller voir un film dans un multiplex local, en visionnant parfois deux dans l’après-midi. Il est également un fanatique du sport. « Je suis au comble de ma paix intérieure en regardant un match de football. Si je suis en Angleterre, aller à la maison et regarder trois matches un dimanche c’est mon idée du paradis. Si je suis en Amérique, je peux visionner un match de baseball pendant trois heures et demie. Ou lire un livre. Ou errer par là autour et regarder les photographies dans mon appartement. Ou juste rester assis. Il y a eu une époque où il fallait toujours que j’aie quelqu’un avec moi. Il y avait une grande part de solitude dans tout ça je pense. Mais être sobre et suivre une thérapie m’a appris à être seul avec moi-même ».

Et nous n’avons même pas encore abordé la musique. Chaque mardi, Elton débute sa journée en visitant Tower Records (s’il est à Atlanta) ou Virgin Records (s’il est à Londres) où il achète toutes les nouvelles sorties. Il écoute au moins trois heures de musique par jour. « Il faut patauger dans la merde pour dénicher des perles. Je suis le parfait fan consommateur. La meilleure chose à faire est de s’allonger avec un album, l’écouter en jeter un œil aux paroles tout en se laissant emporter. Laisse-moi te montrer mon livre de CDs ! » Et il saute, tout excité d’aller chercher un livret recouvert d’un plastique de protection dans lequel il écrit à la main les noms de toutes les nouvelles sorties (américaines en bleu, anglaises en noir) qu’il note ensuite avec un marqueur, au fur et à mesure qu’il les obtient. « Si tout disparaissait demain, je pourrais travailler chez Tower Records et je serais très heureux, car ça me fascine tout simplement de voir ce que les gens achètent ! » déclare-t-il de manière enthousiaste. Puis il me regarde avec un sourire enfantin sur le visage. « Je suis cinglé, je sais ».

Etrangement, il ne joue pas de piano chez lui pour son plaisir. Et il n’écrit jamais une chanson sans qu’il n’ait une pile de textes posée devant lui. « Je n’ai pas de mélodies qui circulent dans ma tête » me dis-il, ce qui me surprend vraiment. « Je ne me suis jamais réveillé en pleine nuit en disant "Oh, je dois vite enregistrer ça sur mon Dictaphone". Je ne suis pas inspiré avant de voir la page vierge. Je commence alors avec un accord et ça vient tout seul. C’est très étrange, je pense que c’est le destin. C’est l’intervention divine. Je ne sais pas ce que c’est. Je sais juste que je peux le faire. Ca vient très très vite. Ce n’est même pas douloureux. Une demi-heure, 40 minutes maximum”.

Il veut savoir s’il peut me jouer quelques chansons de son nouvel album, qu’il a, pour la première fois, produit lui-même (« Après 40 albums, je devrais savoir comment faire un disque »). Ce sont des versions de démo que sa maison de disque n’a même pas encore entendues et Elton peut difficilement contenir son excitation. Alors qu’un rythme country sort en faisant bouger les haut-parleurs à un volume à vous faire vibrer les os, Elton danse une petite gigue comique de plaisir. « C’est très sentimental, très inspiré du sud » dis-il en élevant un peu la voix pour être entendu. « Je pense que c’est un pas de plus par rapport à mon dernier album. C’est édifiant ».

Elton s’assied, les yeux fermés, souriant et chantant en s’accompagnant lui-même, perdu dans son monde de musique. Arthur, l’épagneul, le rejoint sur le sofa, et Elton se met à jouer avec les oreilles du chien, chantonnant une chanson intitulée "Freaks in Love" à son compagnon canin. « Celle-ci est autobiographique » explique-il, en introduisant une chanson nommée "My Elusive Drug". Je suis intrigué à l’idée qu’Elton puisse décrire comme autobiographique un texte écrit par son partenaire en écriture. « Bernie me connaît si bien » dit Elton. « Nous travaillons ensemble depuis 36 ans. C’est un partenariat qui n’en est pas vraiment un car nous n’avons jamais été dans la même pièce quand nous écrivons des chansons. Mais il est le catalyseur pour tout. Sans les mots, il n’y aurait pas de chanson, donc dans un sens, il n’y aurait pas d’Elton John ». La chanson est une ballade intense traitant de l’amour, dans laquelle le chanteur décrit la dépendance qu’il ne pourrait jamais abandonner. « C’est à propos de David et moi » dit Elton gentiment.

Pile à ce moment, Furnish passe sa tête dans l’embrasure de la porte pour dire à Elton qu’il va faire un saut dehors. Il y a une chaleur facile entre eux. Avec toujours le sourire aux lèvres, David irradie une sorte de positivité brillante et Elton tire clairement profit de sa compagnie. « Nous ne voulons pas particulièrement nous marier » dit Elton. « Je n’ai jamais fait partie de ces homosexuels qui veulent être comme les hétérosexuels. J’ai été à de si nombreux mariages qui se sont révélés foireux, je dis non merci ! Mais si les droits civiques arrivent l’année prochaine en Angleterre, David et moi les signerons car si je ne le fais pas, il n’est pas protégé par la loi. J’ai vu tellement de gens mourir du Sida et rien n’est allé à leur partenaire car les familles venaient et ramassaient tout, c’est sacrément triste et totalement incorrect. Tu vis avec quelqu’un que tu aimes et vous partagez tout, vous devez avoir les mêmes droits que n’importe quel couple marié ».

Furnish a aimé son court séjour à Las Vegas. « Ville intéressante ! » me dit-il avec plus d’une pointe d’ironie quand je tombe sur lui au bras de Sam Taylor-Wood à l’étage du casino du Caesar’s Palace. « As-tu vu le Elton Store ? ». Ce serait dur de le manquer : Un grand magasin dédié aux souvenirs du concert d’Elton, proposant des délices tels que les tee-shirt "The Bitch Is Back" et toute une gamme de globes en verre avec une réplique miniature du piano d’Elton dans une tempête de neige. Elton n’a cependant pas été lui-même flâner dans ces rayons.

« Je ne peux pas sortir à Vegas » dis-il comme si c’était évident. « Je ne suis pas un reclus. Quand je suis à Londres, Atlanta, New York ou Los Angeles, je vais au cinéma, au restaurant, où je veux. Mais ici, avec le spectacle en cours, je ne pense pas que je ressortirais vivant du niveau du casino ».

Je lui demande comment il ressent la célébrité et il sort ce qui est peut-être la première note amère de notre rencontre. « J’en ai ras-le-bol » confesse-t-il. « J’en ai eu assez dans ma vie. J’aime ma vie et je suis très reconnaissant de ce qu’elle m’a apporté mais je ne vais plus chercher la publicité. Aller à une rencontre sportive est une épreuve : Signer ci, faire ça, rencontrer telle personne. Je veux juste voir le jeu. Le phénomène des paparazzi est ridicule. Pourquoi me suivent-ils partout alors qu’ils pourraient suivre Christina Aguilera dans sa minijupe ? Ça m’emmerde. On m’a connu hurlant contre les photographes. Ce n’est simplement plus ce dont j’ai envie. À 57 ans j’ai passé l’âge ».

Voici donc la réalité insoupçonnée d’Elton à Vegas: Travailler en ville mais ne pas en faire partie. « C’est facile d’exagérer mon style de vie. Je suis heureux de les avoir, mais ma vie ce ne sont pas les objets que je possède. Si David me disait "Veux tu me suivre et vivre dans une caravane avec moi ? " je le voudrais. Et je pourrais travailler à Tower Records et je serais probablement tout aussi heureux » Conclue-t-il.

Traduction: P. Andrey

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01.03.2004

Elton à Bayonne: C'est confirmé

La mairie de Bayonne a pris la décision d'accepter la venue d'Elton John aux arènes, le 28 mai prochain, pour ce qui sera le premier concert de sa rentrée européenne.

Selon le site du PAYS BASQUE ON LINE : "Confirmé: le concert de l'année au Pays Basque: Elton John à Bayonne, pour le centenaire du club omnisports ""l'Aviron Bayonnais ". Arênes 28 Mai 2004."

Les billets devraient être en vente dès ce mois (mars) à des prix compris entre € 50 (debout) et € 300 (loges VIP).

Délibération du conseil municipal de Bayonne - 26/02/04

Merci à Brigitte et Floriane pour l'info.

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